vendredi 5 mai 2017

En cette veille de deuxième tour, impressions et temoignages



«Lettre ouverte à un futur président déjà haï »




4 mai 2017 – Ruffin, réalisateur du film «Merci patron», publie une «Lettre ouverte à un futur président déjà haï », s’adressant à Macron. On y lit : « Vous êtes haï, vous êtes haï, vous êtes haï. Je vous le martèle parce que, avec votre cour, avec votre campagne, avec la bourgeoisie qui vous entoure, vous êtes frappé de surdité sociale. Vous n’entendez pas le grondement : votre heure, houleuse, sur le parking des Whirlpool, n’était qu’un avant-goût. C’est un fossé de classe qui, face à vous, se creuse. L’oligarchie vous appuie, parfait, les classes supérieures suivent. (…)Vous êtes haï, vous êtes haï, vous êtes haï. Et c’est dans cette ambiance électrique que, sans concession, vous prétendez « simplifier le code du travail par ordonnances ». C’est dangereux. Comme si, le 7 mai, les électeurs vous donnaient mandat pour ça. »




Discussions sur   le marché de Valenton, le compte-rendu des militants du POid 

Ce matin, diffusion à deux sur le marché de Valenton 
Nous avons vendu 9 TT (dont 7 à deux euros). Nous avions préparé notre panneau en suivant l'exemple des camarades de Saint-Maur. La couverture de la TT suffit parfaitement. 
Le PCF, à l'autre bout, distribuait son tract hebdomadaire et, à tous ceux qui nous répondaient "je l'ai déjà" lorsque nous leur tendions le communiqué du POid, nous attaquions tout de suite: "Ce n'est pas le même, celui-ci n'appelle pas à voter Macron. Nous disons qu'il n'y a pas à choisir entre la peste et le choléra!"
- "Ah bon ! mais alors, pour voter quoi ? Est-ce qu'il n'y a pas le risque de faire passer Le ¨Pen (on peut dire que 8 passant sur 10 sont d'origine étrangère)? Moi, je suis contre la haine !"
- "Le Pen, c'est la division de la classe ouvrière mais qu'est ce que Macron ? Pourquoi iriez-vous voter pour celui qui va, dès le mois de juillet, par ordonnances, détruire la Sécu, l'école, les services publics, aggraver la loi El Khomri ?"
- "Oui, c'est vrai, je vais m'abstenir. Nous étions 70% à ne pas vouloir ce cette loi El Khomri pourtant..." .
- "Et les 70% ne sont pas représentés au 2e tour ! Est- ce que de pareilles élections, c'est la démocratie ?
 Il faut en finir avec ces institutions de la Ve république, rompre avec l'Union européenne! Il faut tourner la page, une assemblée constituante souveraine avec des délégués élus et révocables. 
Il suffisait, à chaque fois de lire complètement la Une de la Tribune et conclure sur la Constituante avait quelque chose de naturel.
Bien-sûr, des immigrés sont passés en secouant la tête d'un air plus inquiet que réprobateur mais pas tous, loin de là. "C'est un vrai piège ! Cela ne peut plus constituer comme ça. Cela va éclater en révolution ! Cela va entraîner la violence..."
Nous avions le sentiment, beaucoup plus que d'habitude que les slogans que nous lancions étaient largement reçus: celui qui concentrait les autres, c'est l'assemblée constituante souveraine (en enchaînant avec la rupture avec UE et Ve) parce qu'il permet de se dégager du piège du 2e tour des présidentielles. Les discussions s'engageaient facilement. Un ouvrier d'une boucherie industrielle a écouté et, prenant le communiqué, a rempli de lui-même, avec soin le talon figurant au verso et acheté notre dernière TT que nous avons été obligés de décrocher de notre panneau.
 Un diffuseur PCF passe avec sa table et son panneau: ! "Regardez les, ils appellent à voter pour le fascisme ! En voilà des révolutionnaires !" A peine avions-nous commencé à lui répondre qu'il avait disparu. Mais, très intéressant, le travailleur (un militant ?) qui l'accompagnait est revenu nous voir quelques minutes plus tard. Il voulait discuter. La Constituante a cristallisé son attention: "Vous avez raison. J'ai voté Mélenchon mais, là, on est dans une impasse. Pourquoi n'a t-il pas fait l'unité avec Hamon ? " Il est reparti avec la TT. A noter aussi que nous avons eu, à cinq ou six reprises au moins en une heure trente, ce genre de remarques contre la division Mélenchon-Hamon. Les visages étaient graves, l'attention concentrée...




«Abolition de la loi Travail», «On vous sortira par ordonnance ! »


Face aux ouvriers de Whirpool


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