mercredi 12 avril 2017

La vraie vie, c’est la lutte des classes, , Édito de La Tribune des travailleurs 84, Par Daniel Gluckstein

La vraie vie, c’est la lutte des classes







Édito de La Tribune des travailleurs 84, Par Daniel Gluckstein


Un même drapeau tricolore flotte sur les meetings des cinq « grands candidats ». Une même Marseillaise les conclut. Tous Français, sans distinction : tel est le message suggéré…
Une manière d’exorciser la lutte de classe pour l’évacuer du débat présidentiel.
Mais pendant le cirque électoral, la vraie vie continue.
Et la vraie vie, c’est la lutte des classes.
Faire travailler les ouvriers quinze jours supplémentaires par an, gratuitement, dans une entreprise d’Eure-et-Loir : c’est possible et légal, c’est la loi El Khomri.
Liquider les centres de protection maternelle et infantile dans le département le plus pauvre de France : c’est possible et légal, c’est l’application du pacte de responsabilité.
Dans tous les domaines, les travailleurs subissent les attaques les plus brutales de ce gouvernement qui poursuit la politique du précédent et prépare celle du suivant.
Dans tous les domaines, les travailleurs sont contraints de dresser leur propre lutte de classe avec leurs organisations syndicales, parfois même avec leurs comités de délégués unis avec les syndicats.
L’âpreté de la lutte de classe contraste avec un débat électoral convenu et aseptisé.
L’âpreté de la lutte de classe, c’est le prolongement de la mobilisation de millions contre la loi El Khomri.
Une mobilisation qui trouve une expression déformée et partielle dans la progression des intentions de vote pour Mélenchon (après que Hamon, d’une certaine manière, a jeté le gant).
Pour autant, il faut constater que plus les intentions de vote en sa faveur augmentent, plus Mélenchon tient un discours éloigné de la lutte de classe.
Fidèle à sa propre formule selon laquelle la notion d’intérêt de classe n’est plus à l’ordre du jour (Le Parisien, 23 mars), il adopte une posture de plus en plus bonapartiste, avec une pincée de social ici, une poignée d’écologisme là, mais surtout aucune référence à la lutte de classe, ni à l’Union européenne, ni à la V e République, ni à la rupture, ni même à ses propres mots d’ordre d’Assemblée constituante et de VI e République. On comprend dans ces conditions qu’une partie des travailleurs et des jeunes emprunte la voie de l’abstention, tandis qu’une autre partie place ses espoirs malgré tout dans
Mélenchon.
Il reste que la loi El Khomri s’applique. Il reste que dans la période qui vient, quel que soit le résultat de l’élection, les travailleurs auront besoin, pour combattre (en particulier pour l’abrogation de cette loi infâme), de disposer d’organisations de classe
indépendantes des patrons et du gouvernement. Et cela, au plan syndical comme au plan politique.
Dans une situation où beaucoup de choses peuvent basculer, le libre débat est indispensable.
Le Parti ouvrier indépendant démocratique combat pour un gouvernement ouvrier qui prenne les nécessaires mesures de rupture. Préparant son II e Congrès, il invite sans préalable à participer à la discussion les travailleurs et militants de toutes tendances qui refusent de renoncer à la lutte de classe et au drapeau rouge des prolétaires.


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