mercredi 26 avril 2017

Edito de la tribune des travailleurs n° 86 Le paradoxe du 23 avril



Edito de la tribune des travailleurs n° 86
Le paradoxe du 23 avril
En quoi réside le paradoxe du 23 avril ?
Le rejet qui s’est exprimé a un contenu de classe. Loi El Khomri, contre-réformes, licenciements, privatisations, liquidation des services publics, état d’urgence, répression antisyndicale : c’est la politique anti-ouvrière du gouvernement Hollande-Valls (et des gouvernements précédents) qui a été massivement sanctionnée.
Mais ce contenu de classe n’est représenté par aucun des deux candidats présents au second tour.
Il y a à cela deux explications.
La première est immédiate : la division. Hamon et Mélenchon auraient pu changer la donne en s’accordant sur une candidature unique pour l’abrogation de la loi El Khomri. Ils s’y sont refusés. Ils portent la responsabilité du second tour Le Pen/Macron.
La seconde explication tient à la nature même de la Ve République. À ceux qui, s’inquiétant de l’abstention (ou la condamnant), rappellent gravement que le bulletin de vote est une conquête de la démocratie, les travailleurs et les jeunes sont en droit de répondre : la démocratie peut-elle se réduire au choix d’un roi, certes sans couronne mais doté de tous les pouvoirs, notamment celui d’imposer les plans dictés par les capitalistes, les banquiers, l’Union européenne ?
Non, bien évidemment.
Si la démocratie est le pouvoir du peuple, alors c’est à l’Assemblée constituante souveraine d’en définir la forme et le contenu. Sans limitation : dans l’Assemblée constituante souveraine, les représentants du peuple, élus à la proportionnelle intégrale des listes en présence, doivent pouvoir prendre toutes les mesures qu’appelle la situation, y compris l’interdiction des licenciements et des privatisations, la confiscation des avoirs des banques pour les affecter aux besoins de la population ou l’arrêt des guerres qui sèment la désolation dans le monde entier.
La Ve République est frappée à mort. Les deux partis qui la gouvernent depuis près de soixante ans sont éliminés du second tour. Macron est un Bonaparte par défaut auquel se rallient par contrainte (jusqu’à quand ?) les cercles dominants de la classe capitaliste (et avec eux, la gauche institutionnelle). Son futur gouvernement ne pourrait « tenir » qu’appuyé sur une union nationale intégrant les syndicats… difficile à réaliser.
Il reste que, frappée à mort, la Ve République ne tombera pas toute seule. C’est à la classe ouvrière préservant l’indépendance de ses organisations et réalisant son unité sur ses revendications qu’il reviendra d’ouvrir la voie à l’Assemblée constituante, pour porter le coup de grâce à la Ve République et rompre avec l’Union européenne.
Le soir du 23 avril, on a entendu les principaux candidats en appeler « aux patriotes » ou proclamer leur amour de « la patrie ». Référence qui efface les frontières de classe, puisque ouvriers et patrons, exploités et exploiteurs sont supposés être, à égalité, des « enfants de la patrie ».
Notre choix, c’est L’Internationale plutôt que La Marseillaise, le drapeau rouge plutôt que le drapeau tricolore.
Dans les luttes de classe qui s’annoncent, plus que jamais, l’heure est à construire un authentique parti ouvrier.




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