samedi 1 avril 2017

De lutte de classe, ne leur en déplaise ! Editorial de la Tribune des travailleurs du 29 mars 2017 Editorial de Daniel Gluckstein

De lutte de classe, ne leur en déplaise !

Editorial de la Tribune des travailleurs du 29 mars 2017

Editorial de  Daniel Gluckstein 
Chaque jour qui passe voit le fossé se creuser entre les propos de campagne électorale et la vraie vie.
Dans la campagne électorale, il est simple de décréter que les partis politiques doivent disparaître et se dissoudre, ici dans une « France insoumise », là dans un mouvement « En marche ». Dans ce monde-là, un candidat peut déclarer : « Avant, on se référait au seul intérêt de classe. Pour moi, à présent, c’est l’intérêt général humain qui doit primer » (1).
Mais dans la vraie vie, le chômage et la précarité s’étendent, les usines ferment les unes après les autres, et les profits capitalistes battent record sur record. Dans la vraie vie, les travailleurs sont conscients que leurs intérêts sont contradictoires à ceux des actionnaires, des banquiers, des patrons. Dans la vraie vie, c’est pour défendre leurs intérêts de classe contre la classe capitaliste et le gouvernement que des millions de travailleurs et de jeunes ont manifesté et fait grève des mois durant contre la loi El Khomri.
Dans des propos de campagne électorale, l’adjoint de Macron peut décréter que, demain, « le principe sera la négociation dans l’entreprise » (2) ; et Mélenchon peut proclamer « voter pour moi, c’est donner une continuité à votre engagement contre la loi El Khomri » (3) ; et Hamon peut prétendre qu’il poursuit ce qu’il avait engagé avec sa « fronde » contre la loi El Khomri.
Mais, dans la vraie vie, la division organisée par les deux « candidats de gauche » ouvre la voie à l’élection de Macron qui veut aller encore plus loin que la loi El Khomri.
Dans le monde de la campagne électorale, il est facile de prétendre que non seulement les partis politiques mais aussi les syndicats ouvriers indépendants doivent s’effacer et se soumettre à « l’intérêt général ».
Mais dans la vraie vie, les travailleurs savent que la lutte de classe est pour eux une obligation et qu’ils n’ont d’autre choix que se battre pied à pied, unis avec leurs organisations indépendantes, pour défendre leurs droits, conquêtes et garanties.
Dans la vraie vie, les travailleurs de Guyane déclenchent la grève générale avec leurs trente-sept syndicats regroupés dans l’Union des travailleurs de Guyane (UTG). Dans la vraie vie, le Parti ouvrier indépendant démocratique se définit comme un parti de lutte de classe qui combat pour la rupture avec l’Union européenne et la Ve République.
C’est comme parti de lutte de classe qu’il ouvre aujourd’hui le débat avec les travailleurs et les militants qui ne se résignent ni à la disparition du principe même de l’existence de partis ouvriers ni à l’indépendance des organisations syndicales.
N’en déplaise à certains : un peu plus tôt, un peu plus tard, par leur propre lutte de classe, les travailleurs s’ouvriront la voie d’une issue politique conforme à leurs intérêts.
C’est dans cette perspective, celle de la rupture et du combat victorieux pour le gouvernement ouvrier, que se construit le parti ouvrier, point d’appui pour préparer les combats qui s’annoncent.
(1) Jean-Luc Mélenchon, Le Parisien, 23 mars.
(2) Jean Pisani-Ferry, interrogé par Capital.
(3) Le Figaro, 27 mars.

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