samedi 11 mars 2017

Mobilisation, provocations et répression dans les lycées du Val de Marne Revue de presse

Mobilisation, provocations et répression dans les lycées du Val de Marne
Revue de presse



Une importante manif lycéenne contre les violences policières a dégénéré ce vendredi 10 mars dans la matinée à Cachan, avant de se répliquer dans de moindres proportions à Fresnes l’après-midi.
Bien décidés à prendre part aux manifestations de lycéens de ces dernières semaines contre les violences policières, environ 300 élèves des lycée Maximilien Sorre et Gustave Eiffel de Cachan ont occupé pendant plusieurs heures l’avenue du Président Wilson ce vendredi matin. Entourés par les agents d’équipe mobile de sécurité de l’académie et par les policiers de la Compagnie de Sécurisation et d’Intervention, le groupe s’est petit à petit dispersé mais quelques jeunes ont continué à progresser dans les rues de Cachan, endommageant au passage mobilier urbain et véhicules tandis que les policiers ont fait usage de grenades lacrymogènes et de flashball.
Les lycéens de Cachan avaient déjà tenté le coup un peu plus tôt cette semaine mais, manquant de coordination, les adolescents s’étaient résolus à rejoindre leurs salles de cours. Ce vendredi en revanche, il aura suffit de quelques messages sur Snapchat, Facebook ou Instagram diffusés la veille pour mobiliser plusieurs centaines d’élèves devant le lycée Maximilien Sorre de Cachan dès 8 heures. «Si nous avons décidé de manifester, c’est pour réclamer davantage de justice. Au-delà des bavures qui sont médiatisées, nous connaissons tous quelqu’un qui a du faire face à des comportements similaires de la part de policiers. Nous avons envie de nous faire entendre», clame Mahamoud approuvé par de nombreux camarades autour de lui. C’est la première fois qu’une telle manifestation a lieu devant ce lycée de Cachan et les élèves manquent de rodage pour faire entendre leur message. Peu de pancartes sont brandies, et nul slogan ou chant ne sont scandés, aucune organisation syndicale lycéenne ou étudiante n’a été associée à cet élan. Une jeune femme avoue un peu déçue avoir tenté de contacter la rédaction d’une chaîne d’information en continu, en vain.
Parmi les manifestants, certains adolescents se sont masqués le visage ou encapuchonnés. Ils allument de temps en temps des fumigènes et des pétards. L’attroupement est contenu par une dizaine d’agents des équipes mobiles de sécurité, ces hommes et femmes qui assurent la sécurité des établissements scolaires de l’académie de Créteil. Ils tâchent de former des cordons de sécurité pour empêcher le flot d’élèves de pénétrer dans le collège Victor Hugo ou dans l’École Nationale Supérieure. Mais, sous la pression des adolescents, le cordon d’agents cède et une quarantaine d’élèves courent en direction de la Compagnie de Sécurisation et d’Intervention postée un peu plus haut sur l’avenue de Chateaubriand avant de retourner devant l’entrée de l’ENS  quand les policiers font mine de charger. Quelques projectiles volent alors que le groupe, qui s’est déjà considérablement amoindri, se dirige désormais vers la rue Léon Bloy. Ciblés, les policiers font alors usage de grenades lacrymogènes et de flashball. La matinée s’achève avec quatre interpellations. Un jeune a été de son côté  blessé à la tête. Le calme revient vers 12h30 à Cachan.
A Fresnes en revanche, on prend le relais. Plusieurs jeunes de Cachan se dirigent en effet du côté du lycée Frédéric Mistral. Dans ce lycée, les élèves ont déjà manifesté quelques jours plus tôt et bloqué le lycée mais une centaine se joignent au mouvement, donnant lieu à de nouveaux affrontements avec les policiers, réprimés par des tirs de flashball et des gaz lacrymo. Deux autres interpellations auront eu lieu à Fresnes et un autre élève est également blessé.



Cinq jeunes ont été placés en garde à vue après des heurts survenus vendredi devant des lycées de Fresnes et Cachan, dans le Val-de-Marne. Des projectiles avaient notamment été lancés contre des policiers.


De nouveaux rassemblements "contre les violences policières" qui dégénèrent. Cinq jeunes ont été placés en garde à vue après des heurts survenus vendredi aux abords de trois lycées de Cachant et de Fresnes, dans le Val-de-Marne.

En début de matinée, quelque 150 adolescents se sont regroupés devant les établissements Maximilien-Sorre et Gustave-Eiffel, à Cachan. Un rassemblement donnant lieu à "des jets de projectiles contre des policiers, sans trop de gravité", a indiqué à la préfecture du Val-de-Marne. Selon la police du département, des dégradations de mobilier urbain et de véhicules ont également été constatées.

Rassemblements contre "les violences policières"

200 adolescents se sont par la suite réunis devant le lycée Mistral, à Fresnes, en provoquant de nouveaux incidents. La semaine dernière, les accès à plusieurs lycées à Paris et en région parisienne ont été bloqués ou perturbés par des jeunes qui protestaient contre "les violences policières".

source france info





Attention, courez, ça va péter de partout !» Peu après 16 heures, ce vendredi, les petits groupes d’adolescents dispersés aux alentours du lycée Frédéric-Mistral de Fresnes (Val-de-Marne) remontent tous précipitamment la rue du même nom en direction de la rue Emile-Zola. La vingtaine de policiers postés à l’autre bout de la rue, côté avenue de la Paix, est en effet en train de les charger, grenades de désencerclement à l’appui, après que l’un des jeunes a lancé un engin explosif vers eux.
Foulards plaqués sur le visage, pour échapper aux gaz lacrymogènes, Anastasia, Tristan et Kévin, tous trois élèves du lycée Mistral, se réfugient sur un trottoir, quelques dizaines de mètres plus loin. «Tout a commencé aux alentours de midi, raconte la première. Des gens de Cachan - où des affrontements entre lycéens et policiers ont eu lieu dans la matinée, NDLR - sont venus, et ont jeté des œufs et des cailloux contre les vitres. Beaucoup d’élèves sont sortis, mais à partir de 13 h 30, plus personne n’a eu le droit de quitter l’établissement.» «Certains manifestants ont cherché les policiers, reconnaît Tristan. Ils les ont insultés, leur ont lancé des projectiles… Mais j’ai l’impression que la police ne cherche pas à savoir qui a fait quoi, ils ont gazé la foule, tout le monde pleurait.» «Ils ne font rien si on ne les provoque pas, analyse Kévin. Mais si on avance, ils nous chargent, c’est automatique.»



Si les lycéens n’étaient qu’une centaine à manifester à Fresnes dans l’après-midi, ils étaient beaucoup plus nombreux - 500 selon eux-mêmes, 200 selon la police - à Cachan, devant les lycées Gustave-Eiffel et Maximilien-Sorre, quelques heures plus tôt. «C’était la guerre, comme dans Call of duty, résume Yanis, 16 ans, élève de seconde de ce dernier établissement. Ça a commencé à 8 heures, et ça a duré toute la matinée. Au début, avec l’adrénaline, j’étais content, mais après, j’ai reçu un tir de flash-ball dans le pied. Je vais porter plainte !» Sur place, des voitures et du mobilier urbain ont été endommagées.
En fin d’après-midi, le bilan était de 5 interpellations à Cachan, et 3 à Fresnes. Deux blessés étaient à déplorer du côté des lycéens, tous deux après des tirs de flash-ball, aucun du côté des forces de l’ordre. Quant au mot d’ordre de ces manifestations, il n’est pas des plus clairs. « Franchement, la plupart de ceux qui y participent sont surtout contents de ne pas avoir cours, sourient Victoria, Chloé et Sophia, 17 ans, en terminale au lycée Mistral. Nous, on devait avoir notre spé maths, qui compte pour coefficient 12 au Bac, et on ne l’a pas eue. » Certains affirment pourtant s’être rendus au rassemblement pour protester contre les violences policières, suite aux affaires Théo à Aulnay-sous-Bois, et Adama Traoré à Beaumont-sur-Oise. « Les policiers ne sont pas assez punis, par rapport à ce qu’ils font, pense ainsi Mohamed, 18 ans. Quand même, une matraque dans le cul… Il faut bien les assumer, ces bavures. » « Le problème, c’est surtout que ça vire à la compétition entre les lycées de Cachan et Fresnes, conclut une adolescente. Mardi dernier, les manifestants étaient plus nombreux à Mistral qu’à Sorre. Ce vendredi, c’était l’inverse. Il va y avoir revanche. »




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