jeudi 2 mars 2017

La crise est béante : comment s’en sortir ? Editorial de la Tribune des travailleurs du 1er mars 2017 Editorial de Daniel Gluckstein

La crise est béante : comment s’en sortir ?

Editorial de la Tribune des travailleurs du 1er mars 2017

Editorial de Daniel Gluckstein 
Le candidat de la droite accuse le gouvernement d’encourager une situation de « quasi-guerre civile » ; la candidate du FN menace les juges et ignore les convocations de la police : la crise de l’État est béante.
À sept semaines du premier tour, les cercles dirigeants du capital financier sont confrontés à une contradiction : d’un côté, les contre-réformes exigées par le Medef (1) supposent une guerre totale contre la classe ouvrière, ses retraites, sa Sécurité sociale, ses droits et garanties ; de l’autre côté, tous ont en mémoire les millions de grévistes et de manifestants contre la réforme El Khomri (2).
Bref : la bourgeoisie a un plan de guerre, mais il lui manque l’état-major et le chef des armées.
C’est là que Macron entre en scène, avec son programme anti-ouvrier (lire page 4). Faute de mieux, une fraction de la classe capitaliste s’y rallie. Mais elle doute de sa capacité à aller au choc.
La Ve République est au bord de l’effondrement.
La porte est ouverte aux plus grandes aventures.
À moins que ne s’impose une solution conforme à la démocratie.
L’élection d’une Assemblée constituante souveraine composée des délégués du peuple serait le moyen de mettre sur pied des institutions véritablement démocratiques, dans la forme (politique) et dans le contenu (social).
Mais peut-on avancer en ce sens dans cette période électorale ?
Nous avons déjà souligné dans ces colonnes que Mélenchon et Hamon ont en commun de ne pas revendiquer l’héritage du gouvernement Hollande et de se prononcer pour l’abrogation de la loi El Khomri. Une telle abrogation – que rendrait possible le regroupement derrière un candidat unique sur ce mandat – encouragerait les travailleurs et les jeunes qui ont combattu cette loi à se mobiliser à nouveau pour l’abrogation de toutes les contre-réformes, ouvrant la voie à l’Assemblée constituante.
Dans leurs récentes déclarations, Hamon et Mélenchon tournent le dos à cette possibilité.
Faudrait-il comprendre que par crainte de la mobilisation ouvrière ils choisiraient de faire élire Macron ?
Bien sûr, rien n’est joué. Mais chaque jour qui passe voit s’amenuiser les possibilités d’imposer cette solution, pourtant la plus économique pour les travailleurs et les jeunes.
Une période dangereuse pour la classe ouvrière et la démocratie risque alors de s’ouvrir. S’y préparer exige que soit préservée l’indépendance des organisations ouvrières.
D’une manière ou d’une autre, avant ou après l’élection, le pouvoir de décider reviendra au peuple.
D’une manière ou d’une autre, l’Assemblée constituante souveraine liquidant la Ve République et rompant avec l’Union européenne jettera les bases d’un authentique gouvernement du peuple par le peuple.
Pour nous, Parti ouvrier indépendant démocratique, il doit s’agir d’un gouvernement ouvrier.
Le 18 mars, tous au mur des Fédérés !
(1) Lire dans notre numéro 76.
(2) Mobilisation qui n’a pas abouti pour des raisons sur lesquelles nous nous sommes expliqués dans ce journal, mais dont la conséquence fut l’élimination de l’élection présidentielle du tandem Hollande-Valls.

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