lundi 27 mars 2017

Chine «Levons-nous, nous qui refusons d’être des esclaves !» des milliers de mineurs en grève article à lire dans la Tribune des travailleurs du 22 mars


Chine «Levons-nous, nous qui refusons d’être des esclaves !» des milliers de mineurs en grève

article à lire dans la Tribune des travailleurs du 22 mars


Les mineurs du nord de la Chine sont en grève depuis plusieurs semaines contre la hausse des horaires de  travail et la baisse de leurs salaires. Ils se sont rassemblés le 14 mars devant les locaux du Longmay Mining Holding Group, le géant du charbon du Nord-Est chinois.
par Alain Denizo
archives Mars 2016

« ÇA FAIT PRÈS DE SEPT ANS que Li Wei se lève avant l’aube sept jours par semaine pour attaquer ses dix heures de travail à l’aciérie, avant de rentrer chez lui en sueur, le claquement des machines dans les oreilles. Mais le mois dernier, ce soudeur de 31 ans était dans le piquet de grève de son usine, au milieu de centaines de ses collègues, entonnant des chants patriotiques tout en protestant contre les réductions de salaire. »
Ainsi commence un article du quotidien américain New York Times (14 mars), qui s’inquiète des conséquences imprévisibles que des mesures de répression des grèves pourraient engendrer. D’un côté, les ouvriers chinois réagissent aux mesures de licenciement, de réduction des salaires ou de leur non-versement, de l’autre, les dirigeants du Parti communiste chinois semblent décidés à ne plus tolérer la grève et la manifestation.
Li Wei et ses camarades de travail de l’aciérie d’Etat Angang Lianzhong ont décidé la grève le mois dernier parce qu’on demandait à certains de travailler douze heures par jour au lieu de dix, avec des salaires réduits de moitié !
Ils ont recueilli de l’argent sur les réseaux sociaux pour les banderoles du piquet de grève, acheté un mégaphone et chanté : « Levons nous, nous qui refusons d’être des esclaves », les premiers mots de l’hymne national chinois.
La police, après les avoir menacés d’amendes et de prison, leur a interdit les chants et les a contraints par la force à retourner à leur poste.
La crise mondiale du système capitaliste rejaillit sur la Chine avec force par la dépendance du pays au marché mondial par ses exportations et ses importations, mais avec d’autant plus de force que les dirigeants du Parti communiste chinois ont voulu accélérer l’ouverture au « marché », il y a trois ans, et ont entrouvert les portes de la spéculation boursière et financière.
Et dans ce pays où les ouvriers ont exproprié le capital et chassé les impérialismes  étrangers par la révolution de 1949, ce sont les bureaucrates du parti qui s’acharnent contre les ouvriers pour donner raison au capital, au « marché », contre les entreprises d’État et les conquêtes ouvrières.
Tout est bon pour essayer de terroriser la classe ouvrière et la faire renoncer. On rafle les
militants ouvriers qui assurent la défense des travailleurs, tels Zeng Feiyang, Meng Han et He Xiaobo, ces trois militants ouvriers chinois arrêtés début décembre 2015 et qui viennent de passer leur centième jour derrière les barreaux ! (lire notre précédent numéro)
Ou bien on arrête des dizaines de mineurs lors de la manifestation monstre à  Shuangyashan, dans le nord-est du pays, eux qui n’avaient pas reçu plus de 60 % de leur salaire en 2014 et 2015.

«Les ouvriers sont debout ! Ainsi, du 1er mars au 14 mars, « China Labour Bulletin » a recensé quelque soixante-quinze grèves et manifestations dans un pays où le droit de grève n’est plus inscrit dans la Constitution.

Ou bien encore on cherche à humilier l’ouvrier et à le faire passer pour un dangereux criminel : c’est ainsi que le 16 mars dernier, comme l’a rapporté l’officiel quotidien Nouvelles de Pékin, huit travailleurs migrants ont vu leur procès se dérouler en plein air, chacun debout, encadré par deux policiers, sur une immense estrade devant un tribunal de la province du Sichuan, et surtout devant un public convoqué pour son « éducation et son initiation à la loi » !
Ce genre de mise en scène était jusqu’à présent réservé aux trafiquants de drogue et autres grands criminels. Là, il s’agissait de huit travailleurs migrants qui avaient manifesté pour réclamer le versement de salaires qui leur étaient dus.
L’accusation prétendait qu’ils avaient fait obstacle au travail de la police (sic) : les accusés ont écopé de six à huit mois de prison !
Des affrontements se préparent car les ouvriers vont être confrontés aux cinq à six millions de licenciements programmés, essentiellement dans les entreprises d’État.
Et ils sont debout ! Ainsi, du 1er mars au 14 mars, « China Labour Bulletin » a recensé quelque soixante-quinze grèves et manifestations dans un pays où le droit de grève n’est plus inscrit dans la Constitution et où le droit de manifester est soumis à une réglementation draconienne.
Grévistes et manifestants se passent donc des autorisations officielles et défilent avec leurs banderoles. Déjà, 2015 enregistrait deux fois plus de grèves et de manifestations que l’année précédente.
Quelles sont ces revendications en général ? Les protestations diverses tentent en général d’obtenir le versement des salaires impayés, des cotisations maladie et retraite, des allocations logement ou chauffage supprimées ou réduites.
Le changement, c’est que ces grèves affectent quasiment toutes les provinces du pays et tous les secteurs professionnels : on relève ainsi les revendications des sidérurgistes, des mineurs, des professeurs de collège, des ouvriers du bâtiment, des chauffeurs de taxi, des ouvrières de la confection ou de l’hôtellerie, des travailleurs des hôpitaux ou des instituteurs, des médecins et des éboueurs.


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