mercredi 15 février 2017

Editorial Tribune des Travailleurs numéro 76, Un piège est tendu

Editorial Tribune des Travailleurs numéro 76
Un piège est tendu
Tandis que la parole raciste se libère chez certains membres de l’appareil d’État, accompagnant ainsi des actes ignobles commis contre des jeunes, des discours officiels évoquent une possible « guerre civile » à venir. Bien sûr, tous les policiers ne sont pas en cause, pas plus que tous les juges ou tous les responsables politiques. Mais c’est un fait : il existe dans ce pays – y compris dans l’appareil d’État – des forces qui encouragent à l’affrontement entre « communautés ».
C’est un piège qui est tendu.
Qui sont-ils les jeunes ainsi montrés du doigt ? Ce sont d’abord les enfants de la classe ouvrière. Ils vivent dans les cités où leurs parents, travailleurs français ou immigrés, ont trouvé à se loger (avaient-ils d’autre choix ?). Si ces cités sont dégradées, si les ascenseurs ne fonctionnent plus, si les bâtiments ne sont pas entretenus, à qui la faute ? Si les parents sont au chômage et si eux-mêmes n’ont pas de boulot, qui est responsable ? Si l’école est sans débouché, avec des classes surchargées, sans moyens pour assurer la tranquillité des cours, s’il n’y a pas de structures adaptées, si les filières professionnelles disparaissent les unes après les autres, tout comme les équipements sportifs ou culturels, qui est responsable ? Si les familles se disloquent sous les coups de la misère, du chômage et de la décomposition sociale, sont-ils, eux, les jeunes, responsables ? Et quand certains tirent profit du désengagement de l’État et du service public pour implanter ici des prédicateurs religieux financés par de prospères émirats « alliés de la France », et là, les trafiquants les plus divers… à qui le doit-on ?





La guerre que certains voudraient déclarer à la jeunesse des cités s’inscrit dans une guerre déjà engagée contre toute la classe ouvrière, une guerre dont les armes destructrices s’appellent : loi El Khomri, pacte de responsabilité, CICE et toutes les mesures prises par les gouvernements successifs aux ordres des capitalistes et de l’Union européenne.
Des fonds publics sont ainsi dégagés pour alimenter l’autre guerre, celle menée par le gouvernement contre les peuples d’Afghanistan, de Syrie, d’Irak, du Mali…
« Justice pour Théo ! » est une exigence démocratique. C’est aussi un mot d’ordre ouvrier. Autour de cette exigence, les partis et organisations qui se réclament de la classe ouvrière n’ont-ils pas le devoir d’appeler à la mobilisation dans l’unité pour affirmer en direction du gouvernement : « Ne touchez pas à nos enfants, ce sont les enfants de la classe ouvrière, ils sont sous la protection des travailleurs et de leurs organisations » ?
« Justice pour Théo ! » est un mot d’ordre démocratique et ouvrier qui en appelle d’autres : un vrai travail et un vrai salaire pour tous les jeunes, des places à l’école, des débouchés, des diplômes et du travail pour les parents.
En un mot : briser la spirale d’un effondrement social organisé par les capitalistes, les banquiers et les gouvernements à leur service, avec leur Ve République et leur Union européenne.

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