samedi 28 janvier 2017

Plus de 3000 personnes a la manifestation pour demander la réouverture de la maternité de Decazeville

Plus de 3000 personnes a la manifestation pour demander la réouverture de la maternité de Decazeville


Plus de 3000 personnes a la manifestation pour demander la réouverture de la maternité de Decazeville.......c’était ce samedi 28 janvier 2017 à Decazeville....
Photo prise par Sebastien Murat de la rue cayrade



POID 10 janvier 2017

Les femmes enceintes de Decazeville veulent qu’on leur rende leur maternité !

Le savez-vous ?
Depuis plusieurs semaines, les femmes enceintes de Decazeville (Aveyron) se mobilisent avec la population, appuyées par de nombreux syndicalistes et élus. Leur demande et simple : elles veulent pouvoir accoucher à la maternité de l’hôpital de Decazeville.
Demande simple… mais qui se heurte pourtant, à ce jour, à un refus obstiné du gouvernement.
Quels sont les faits ?
– Le 31 août 2016, le groupement hospitalier de territoire (GHT) du Rouergue est constitué, sous l’égide de l’agence régionale de santé (ARS) Occitanie, regroupant plusieurs hôpitaux, dont celui de Decazeville.
– Dans la nuit du 5 au 6 octobre 2016, une femme et son enfant décèdent tragiquement lors d’un accouchement à la maternité de l’hôpital de Decazeville.
– Le 15 décembre 2016, l’ARS prend prétexte de ce drame pour prolonger de six mois la suspension des accouchements à la maternité de Decazeville, en plus des trois mois de suspension décidés le 6 octobre. Réalisant moins de trois cents accouchements par an, cette maternité ne serait pas « sûre » pour les patientes !
– Le 22 décembre 2016, les futures mamans de Decazeville se regroupent dans un collectif afin d’exiger la réouverture immédiate de leur maternité.
Le secrétaire départemental CGT-Santé dénonce également cette décision : « Les futures parturientes ne seront plus en sécurité. Si décès il y a dans les jours ou semaines à venir à la suite de la fermeture de la maternité, le responsable sera l’ARS » (La Dépêche du Midi, 24 décembre 2016).
La ministre de la Santé, Marisol Touraine, entend aller jusqu’au bout avec sa loi Santé, en application des directives de l’Union européenne, en particulier en obligeant les hôpitaux à se regrouper dans des GHT.
Cela pour réaliser 4 milliards d’euros d’économies sur les dépenses hospitalières avec, comme conséquence, la fermeture en masse des maternités (voir encadré), la suppression de 22 000 postes de personnels et de 16 000 lits, selon les fédérations syndicales. C’est pourquoi, aujourd’hui, la maternité de Decazeville est plus que jamais sur la sellette !
Et pendant ce temps-là, le général de Villiers, chef d’état-major des armées, exige « une hausse progressive du budget de la défense pour rejoindre la cible de 2 % du PIB »… et l’obtient !
La défense des droits des femmes, indissociables de ceux de l’ensemble de la classe ouvrière, appelle au combat pour les défendre et les reconquérir.
Le Parti ouvrier indépendant démocratique combat pour un gouvernement ouvrier qui ordonne le retrait des troupes et consacre les milliards de la guerre à l’école, aux hôpitaux, aux services publics. Et qui, pour cela, n’hésite pas à rompre avec les traités de l’Union européenne.
C’est pourquoi les militants du POID, en commun avec des militants ouvriers de toutes tendances, font contresigner l’engagement du Mouvement pour la rupture avec l’Unioneuropéenne et la Ve République.
Lisez le dossier sur la maternité de Decazeville dans La Tribune des travailleurs
Prenez contact avec le POID

Sept maternités sur dix ont fermé en quarante ans

Selon un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS), « le nombre de maternités est passé de 1 369 en 1975 à 1 010 en 1985, 814 en 1996, 779 en 1997, 576 en 2007, 554 en 2008, soit une baisse pratiquement linéaire pendant 30 ans ». D’autres sources évoquent le passage de 1 747 maternités en 1972 à 1 128 en 1981 et 535 en 2010, soit une chute de 69 % ! Il en restait 520 en 2011.

Maternité : le témoignage d'une maman la dépèche.fr

Une jeune maman de Bouillac qui a rejoint le collectif des Mamans qui souhaitent accoucher à la maternité de Decazeville, nous livre son expérience sur son accouchement qui a eu lieu voici un mois, à Villefranche-de-Rouergue.
«Lorsqu'il y a eu l'accident à la maternité de Decazeville (NDLR : le drame qui a coûté la vie à une maman et son bébé), j'étais enceinte de 7 mois. Ce fut un choc, d'autant plus que l'on ne savait rien, on ne nous disait rien sur la suite des événements. J'étais déjà dans une situation de peur de l'accouchement, mais la décision de fermer la maternité à ce moment-là a fait exploser mes angoisses. Difficile, en effet, d'accepter de passer de 15 minutes de transport me séparant de la maternité de Decazeville à 50 minutes car j'étais réorientée vers Villefranche-de-Rouergue. Ma confiance dans le personnel, je l'avoue, a été secouée. Mais, plus fort encore, la façon dont l'ARS a géré cette situation a semé le trouble et soulevé de nombreuses questions. Qu'attendre de cet organisme et de son manque de transparence ? Et si ça s'est mal passé pour cette femme, pourquoi pas moi ? En cas de problème, serai-je prise en charge et dans quel délai ? J'ai, en effet, connu la peur de ne pas arriver à temps, mais aussi celle d'une complication lors de l'accouchement. Certes, le personnel de Decazeville n'a pas été soutenu, mais les femmes enceintes à ce moment-là non plus. J'ai donc vécu une fin de grossesse bien moins sereine. Seul l'anesthésiste de Decazeville a su me rassurer lors d'une rencontre, suivie par des séances de sophrologie qui m'ont aidée à reprendre confiance. J'ai même pensé à accoucher chez moi, mais les sage-femmes les plus proches sont à ... Sarlat. Pas le choix, ma voix n'était pas entendue, il fallait accoucher loin de chez moi. Inquiète de ne pouvoir arriver à temps, j'ai stressé, paniqué même, et chaque annonce d'accouchement en urgence était synonyme d'angoisse. J'ai eu de la chance, le jour où j'ai accouché mon conjoint était à la maison, et la voisine pouvait garder notre aîné. Quand nous avons pris la route, je pensais avoir le temps, mais lorsque nous sommes arrivés à Villefranche, j'avais des contractions toutes les 5 minutes et j'ai accouché 2 heures plus tard. Que se serait-il passé si mes proches n'avaient pas été là, si j'avais attendu davantage ou si la route avait été encombrée ? Autant de si qui restent pour l'instant sans réponses.»

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