mercredi 2 novembre 2016

Sous les noms d’oiseaux : le consensus contre la démocratie Par Daniel Gluckstein

Sous les noms d’oiseaux : le consensus contre la démocratie

Par Daniel Gluckstein 
Donc, pour résumer : Valls est fâché contre Hollande, et Sarkozy contre Juppé ; Juppé fait copain avec Bayrou, lui-même en guerre contre Sarkozy ; Montebourg est prêt à s’allier au PCF, qui n’exclut pas de soutenir Mélenchon, lequel salue la mémoire de Mitterrand dont se réclame aussi Hollande (1).
Sur la rive droite de la Seine, le palais de l’Élysée est l’objet de toutes leurs convoitises. Mais, comme le dit la chanson : « Il suffit de passer le pont… » pour se retrouver à l’Assemblée nationale, en plein débat sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (lire page 4).
Un débat limité, en fait, à une question : qui est le plus grand pillard de la Sécurité sociale, propriété collective des travailleurs ? C’est nous, affirme le député (du parti Les Républicains) Accoyer, qui rappelle les réformes successives de Balladur (1993), Fillon (2003) et Woerth (2010).
Certes, vous avez fait le travail, notamment avec votre réforme de 2010 qui a permis de détourner 11 milliards d’euros, concède le « socialiste » Issindou qui revendique néanmoins le titre : nous, les socialistes, nous avons pillé 39 milliards supplémentaires entre 2012 et 2017, plastronne-t-il !
Si gauche et droite se « disputent » le trophée du plus grand détournement du salaire différé, tous s’accordent sur le principe même des exonérations patronales : plus de 45 milliards cette année, et plus de 435 milliards d’euros depuis leur instauration par le « socialiste » Rocard en 1992.
Au même moment, à quelques centaines de mètres de là, il ne se trouvera pas un seul sénateur pour voter contre le projet de loi imposant la sélection aux étudiants (lire page 3).
Sous les noms d’oiseaux qu’ils se jettent à la figure, les dirigeants des partis institutionnels de droite et de gauche sont liés par un profond consensus, qu’il s’agisse d’imposer la sélection à la jeunesse, ou de frapper la classe ouvrière et ses conquêtes. A commencer par la principale d’entre elles : la Sécurité sociale.
A la base de ce consensus : l’Union européenne. La sélection à l’université ? Recommandation européenne ! Le pillage de la Sécu ? La règle des 3 % des déficits publics, instaurée par le traité de Maastricht au nom de la stabilité de la monnaie commune !
Le consensus est ennemi de la démocratie, tout comme son corollaire : le corporatisme qui prétend intégrer les syndicats à l’État.
Briser le consensus est la condition pour reconquérir la démocratie.
Briser le consensus, c’est dresser la défense des conquêtes ouvrières contre les intérêts capitalistes (dont le consensus est l’instrument).
Briser le consensus, c’est briser le carcan de l’Union européenne et de ses traités.
(1) A propos de Mitterrand et du 100e anniversaire de sa naissance : on ne saurait trop recommander la lecture du roman De nos frères blessés dans lequel Joseph Andras rappelle le rôle joué par Mitterrand comme ministre de la Justice, en 1957, dans la décision de faire guillotiner le militant communiste Fernand Iveton, condamné pour avoir aidé au combat du peuple algérien contre le colonialisme.

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