jeudi 24 novembre 2016

Les services publics du Val de Marne, sous la menace de l'Union européenne Les bureaux de poste et les hôpitaux, tout doit disparaitre


Les services publics du Val de Marne, sous la menace de l'Union européenne
Les bureaux de poste et les hôpitaux, tout doit disparaitre




La réduction de la carte des bureaux de Poste répond notamment aux demandes de la Cour des comptes. Celle-ci invite à accélérer la réorganisation du réseau, notamment en zone urbaine, et a même publié un référé à cet effet en février 2016. Une réorganisation qui doit passer par un contrat de présence postale territoriale 2017-2019, signé par La Poste, l’Etat et l’Association des maires de France, laquelle a pour l’instant refusé de signer, notamment en raison des modalités de concertation prévues pour le passage des bureaux de Poste en simples partenariats reposant sur des points de contacts.

« Il convient d’adapter les modalités d’accueil aux nouveaux usages »

Interpellé, le directeur régional de la Poste a répondu à Christian Favier, président du Conseil départemental, concernant la situation dans le Val-de-Marne. « Tout d’abord, d’une manière générale, concernant le département du Val de Marne, il n’est prévu aucune fermeture de points de contact. Bien entendu, en raison de la révolution numérique, nous constatons une baisse significative de fréquentation d.es établissements, et il convient d’adapter les modalités d’accueil aux nouveaux usages. Néanmoins, La Poste du département envisage systématiquement de pérenniser chaque point de présence en proposant éventuellement de nouveaux formats en concertation avec les élus concernés. Les échanges peuvent d’ailleurs se traduire par une extension de la présence postale, comme envisagé dans au moins une des communes du département. Enfin, concernant les évolutions de format, rien n’est fait sans concertation préalable avec les élus concernés, ni contre leur avis », détaille ainsi le directeur régional. De quoi confirmer à demi-mots la transformation progressive d’un certain nombre de bureaux La Poste en partenariats avec des commerçants ou services des villes. De quoi hérisser le syndicat Sud Ptt. «Quant au remplacement des bureaux de Poste par des agences postales confiées aux mairies ou des relais confiés aux commerçants, il fait passer le nombre de prestations et de services offerts à la population, de 400 dans un bureaux de Poste à seulement une vingtaine dans ces structures», indiquait ainsi Jean-Louis Berlatier, délégué Sud PTT, dans un récent communiqué.

Les ministres s’engagent à accélérer la réorganisation

A ce référé de la Cour des comptes, les deux ministres ont répondu par le contrat de présence postale territoriale 2017-2019, qui doit être signé par l’Etat, l’AMF et la Poste. « Il sera l’occasion de préciser et de faire évoluer, d’une part, les règles de concertation entre La Poste et les maires en vue de l’évolution de la présence postale, y compris en zone urbaine et d’autre part, les règles d’évolution des horaires d’ouverture des bureaux de poste », indiquaient les ministres, faisant ensuite valoir le travail déjà accompli.

A Charenton-le-Pont, le bureau de Poste de la rue Pasteur devrait fermer



Alors que Charenton-le Pont compte deux bureaux de Poste, au 61 rue de Paris et 5 bis rue Pasteur, ce dernier devrait fermer prochainement. Selon le syndicat Sud PTT, la direction de La Poste du Val-de-Marne devrait présenter le projet de fermeture définitive de ce bureau de Poste de Charenton Liberté à l’occasion d’une réunion mardi 29 novembre.
« La Poste explique qu’une offre de service postale sera mise en place dans un bureau de tabac : c’est prendre les usagers pour des dupes car un relais postal chez un commerçant ne propose qu’une vingtaine de prestations contre quatre cents dans un bureau de Poste. Rappelons également que les postières et postiers sont assermentés et qu’un bureau de Poste présente des normes de sécurité et de confidentialité pour la protection des correspondances et des fonds : autant d’éléments absents d’un relais commerçant. La fermeture programmée de Chareton Liberté confirme la volonté de La Poste de fermer un nombre considérable de bureaux dans le Val-de-Marne, puisque lors d’une réunion jeudi 17 novembre, la Direction de La Poste du Val de-Marne a confirmé aux représentants du personnel l’existence d’une liste de bureaux dans le département qu’elle veut fermer, en refusant toujours de communiquer le contenu de cette
liste », dénonce le syndicat Sud PTT dans un communiqué, s’opposant à cette fermeture. La date précise de fermeture de ce bureau n’est pas encore annoncée.

Pourquoi les bureaux de Poste ferment en Val-de-Marne


Des recommandations de la Cour des comptes au contrat de présence postale 2017-2019 – actuellement en négociation avec l’Association des maires de France, petit éclairage sur la réorganisation en cours des bureaux de Poste en Val-de-Marne.
Fermeture programmée de la seule Poste de Noiseau, craintes de fermeture à Cachan La Plaine et dans la rue de Paris à Boissy-Saint-Léger, fermeture du bureau du quartier Stalingrad à Champigny-sur-Marne, modification des horaires… L’accumulation des projets de fermeture ou de réduction d’activité dans les bureaux de Poste du Val-de-Marne commencent à mobiliser habitants et élus, alors que le département compte à ce jour une centaine de bureaux. Ces dernières semaines plusieurs manifestations se sont tenues, à Boissy-Saint-Léger et Champigny, des pétitions ont été lancées (à Noiseau, Boissy, et maintenant au niveau départemental, à l’initiative du groupe PS du Conseil départemental), des voeux déposés en Conseil municipal (Cachan et bientôt Boissy)… La mobilisation s’organise. le 24 octobre, la sénatrice PCF Laurence Cohen, a écrit au directeur territorial de la Poste Val-de-Marne, Lionel Folch, pour solliciter un entretien. Le 27 octobre également, le sénateur LR Christian Cambon a même déposé une question au ministre de l’économie sur la menace de fermeture de bureaux de poste dans le Val-de-Marne, rappelant qu’à Boissy, « la commune a déjà connu la suppression d’une antenne de sécurité sociale, d’une permanence de la caisse d’allocations familiales, d’un bureau SNCF, du tribunal d’instance, de Pôle emploi, ainsi que la réduction des services assurés par la RATP sur la station RER« , et lui demandant « quelles mesures il souhaite prendre pour lutter contre la désertification des services publics de proximité. »
Dossier réalisé à partir des articles de 94 citoyens

La dictature européenne, pas à pas…
Et c’est comme ça dans tous les domaines !
  • 1977 : première directive postale européenne
1999 : première réduction du secteur public « réservé » (gouvernement Jospin)
  • 2002 : 2nde directive postale européenne
2003 : 2nde réduction du secteur « réservé » (Raffarin)
2005 : loi de transposition la directive (Raffarin)
  • 2008 : 3ème directive postale européenne
2009 : suppression totale du secteur « réservé »
2010 : la Poste devient une société anonyme (Sarkozy-Fillon)



Pas seulement la Poste, les hôpitaux aussi sous la menace de l'Union européenne

Non aux Groupements Hospitaliers de Territoire
  • Maintien des hôpitaux de Créteil, Villeneuve Saint Georges, Saint Maurice, Villejuif, La Queue en Brie, …avec tous leurs services et tous leurs postes de personnel !



Transformation de plus de 1 000 hôpitaux actuels en 135  groupements hospitaliers de territoire


C’est une offensive sans précédent contre le système hospitalier public que le gouvernement Hollande-Valls a engagée, dans le droit fil de la loi Bachelot de 2009. La « loi de modernisation de notre système de santé » dite loi Touraine, votée en janvier 2016, et le décret d’application du 27 avril organisent le regroupement des hôpitaux publics et des établissements publics médico-sociaux dans des « groupements hospitaliers de territoire » (GHT).
Après la restructuration des hôpitaux de l’AP-HP, la remise en cause des conditions de travail des personnels, le gouvernement veut poursuivre son œuvre de démantèlement de l’hospitalisation publique en supprimant encore 16 000 lits – dont 3 108 lits en Ile-de-France – et 22 000 emplois de personnels soignants, de techniciens de laboratoire et de radiologie, de personnels administratifs et ouvriers.
« Un désastre pour l’hospitalisation publique », déclare à juste titre une fédération syndicale, « c’est un tsunami destructeur » dit une autre, en exigeant le retrait de la loi Touraine et du décret.




L’agence régionale de santé (ARS) a publié le 5 juillet, la liste des groupements hospitaliers de territoire sur l’Ile-de-France.
Pour le Val de Marne : 7 hôpitaux regroupés dans 3 GHT 


  • Un GHT regroupant l’hôpital de Villeneuve Saint-Georges avec le Centre hospitalier intercommunal de Créteil qui en est le pôle
  • Un GHT regroupant les Hôpitaux St Maurice et l’hôpital des Murets qui devaient faire partie du GHT avec les CHI de Créteil et Villeneuve Saint-Georges mais devant la mobilisation de tous les personnels avec leurs syndicats, médecins compris, l’ARS a dû y renoncer.
  • Un GHT regroupant l’hôpital Paul Guiraud de Villejuif (qui s’étend jusque dans les Hauts de Seine), la Fondation Vallée de Gentilly et l’hôpital Erasme d’Antony.
Mutualiser, fusionner, privatiser en supprimant des emplois, des lits, des services


Le CHI de Créteil et celui de Villeneuve St Georges ont chacun une maternité. Elles sont aujourd’hui de taille quasi identiques. Chacune a sa consultation IVG, sa consultation pour maman diabétiques ou hypertendues. Qui va garder ces consultations avec le GHT ? Si vous habitez Villeneuve Saint-Georges , vous irez consulter à Créteil
Où iront accoucher les femmes si on ferme encore une maternité ? Déjà en juin 2015 l’hôpital militaire Begin a fermé à Vincennes. La tendance est de raccourcir la durée d’hospitalisation. Bientôt l’accouchement à domicile ?
Le « virage ambulatoire » a supprimé des centaines de lits dans tous les hôpitaux du département. A Mondor, les lits des urgences sont transférés en partie dans les autres services en diminuant leur capacité d’accueil. Dans toutes les pathologies, les temps d’attente sont déjà de plus en plus longs, les consultations « privées » se généralisent. Mais les mutuelles ne peuvent plus maintenant rembourser au-delà d’un plafond, ou le patient paie ou il ne peut plus être soigné. Où va-t-on ? C’est la liquidation de la sécu qui se profile .
Et les services de psychiatrie, que vont-ils devenir ?
L’ARS demande déjà aux directions des hôpitaux de tailler dans leur budget, et la masse salariale est la variable d’ajustement privilégiée comme partout. A l’hôpital Paul Guiraud de Villejuif (PGV), après la suppression de jours de RTT des personnels, 200 suppressions d’emplois en deux ans sont annoncées. En juillet, la mutualisation des CMP de Châtillon et Bagneux, dépendant de Paul Guiraud a été annoncée entraînant la fermeture du centre de Châtillon qui suit quelque 450 patients par an ! 


Au nom d’un « projet médical partagé de l’ensemble des établissements », qui doit être mis en œuvre pour le 1er juillet 2017, il s’agit, avec les GHT et les conventions passées avec l’APHP, d’organiser les « mutualisations » à partir des services existants de chaque hôpital.
Certains doivent obligatoirement fusionner, comme le service des achats, la pharmacie, les examens de biologie, l’imagerie médicale et interventionnelle (radiologie, scanner, IRM), ainsi que l’organisation de la formation du personnel.
L’ARS a par ailleurs défini les secteurs devant être restructurés prioritairement la chirurgie, les urgences et la permanence des soins, la périnatalité, la cancérologie, la santé mentale, l’anesthésie, la prise en charge à domicile.
Les injonctions de l’Union européenne


Les GHT visent à réduire à néant le droit à la santé conquis dans notre pays, visent à empêcher les médecins de pouvoir obéir au serment d’Hippocrate.
Quand la commission européenne le 18 mai dernier dit au gouvernement français : « Il n'est pas possible de réaliser d'importantes économies à court terme sans ralentir considérablement la croissance des dépenses de sécurité sociale », elle condamne délibérément la majorité de la population à ne plus pouvoir se soigner. Ce sont déjà 21 milliards d’euros que le gouvernement a décidé de retirer des budgets de la Sécurité sociale et des hôpitaux depuis 2015 !



Conférence nationale pour la rupture avec l’Union européenne et la Ve République : en avant vers le Mouvement national pour la rupture !

A lire dans la Tribune des travailleurs du 9 novembre 2016

6 383 travailleurs, militants et jeunes de toutes tendances ont publiquement signé l’appel pour la rupture avec l’Union européenne et la Ve République. Réunie sur ce mandat le 5 novembre, à Paris, à l’Espace Charenton, la Conférence nationale de 507 délégués a jeté les bases d’un « mouvement national pour la rupture avec l’Union européenne et la Ve République, pour l’Assemblée constituante ».
Son objectif : en rassemblant militants et travailleurs de toutes tendances et de toutes origines sur cet objectif commun, aider le peuple tout entier à se frayer le chemin de la démocratie et de la reconquête.
pdf pictoLa conférence a décidé de recueillir des dizaines de milliers de signature sur « l’engagement pour la rupture » et de préparer une manifestation au mur des fédérés, au cimetière du Père Lachaise, le 18 mars à Paris, date anniversaire de la Commune de Paris de 1871.

 




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