jeudi 3 novembre 2016

Génocides et politique d'extermination des nazis Le point de vue des historiens

Génocides et politique d'extermination des nazis

Le point de vue des historiens




Des estimations récentes, russes et américaines, du bilan de la deuxième guerre mondiale attestent que plus de la moitié des victimes furent soviétiques: 26 à 27 millions. Mais les raisons des décès sont multiples, et depuis 1991, des historiens et journalistes russes soucieux d’instruire «le procès du communisme» insistent sur les responsabilités de Staline dans l’hécatombe et notamment la débâcle de 1941. Il reste qu’une grande partie des victimes est constituée de populations civiles et de prisonniers massacrés par les nazis. Or, il s’agit bien là- estiment les historiens allemands cités par Vidal- d’une extermination délibérée: «des dizaines de millions d’hommes devront sans aucun doute mourir de faim» explique le protocole final du 2 mai 1941 quant aux bases et modalités de l’invasion de l’URSS. L’objectif de 30 millions de morts soviétiques relève d’un «génocide planifié» obéissant pour une part, estiment les historiens allemands, à une «stratégie alimentaire» (éliminer les bouches inutilement nourries au profit de l’approvisionnement allemand) et, par ailleurs, à des considérations démographiques (l’excès de population rurale) et économiques à plus long terme (la nécessité de faire place aux colons allemands et de moderniser les industries). Simultanément, une partie des populations en voie ou non de liquidation physique sont réduites en esclavage pour les besoins de la grande industrie allemande, dont plusieurs firmes qui ont encore pignon sur rue aujourd'hui .
Dès lors, les historiens contestent l’idée très répandue du caractère purement irrationnel ou exclusivement antisémite du génocide, en ce compris le judéocide ou destruction du judaïsme, qui en est l’extrémité absolue. L’élimination, en Europe centrale et orientale, de vastes populations «encombrantes» relève d’une vision très élaborée, à laquelle participent d’éminents intellectuels de plusieurs disciplines, dont les démographes spécialistes de la surpopulation. Le racisme et spécialement la haine des juifs, associés au communisme, jouent bien entendu un rôle déterminant dans le judéocide, que la guerre à l’Est précipite et radicalise. On observera, au passage, l’importance de la chronologie: l’invasion de l’URSS, entamée le 22 juin 1941, s’accompagne de nombreux pogromes «de juifs et de communistes», dûment planifiés, et perpétrés par les einzatsgruppen allemands avec le concours parfois «spontané» des groupes nationalistes locaux (notamment baltes et ouest-ukrainiens). Des massacres de dizaines milliers de juifs ont lieu en septembre, notamment à Baby Yar (Kiev). A la même époque le Zyklon B est utilisé pour la première fois pour gazer 900 prisonniers soviétiques, en novembre-décembre des unités mobiles de gazage se répandent (y compris en Serbie) et des chambres à gaz fixes sont installées en Pologne, où le premier gazage de juifs a lieu le 8 décembre à Chelmno, l’endroit même où sont gazés 5000 tsyganes à la mi-janvier. La solution finale est décidée à Wannsee le 20 janvier, le «Plan général Est» est révélé le 12 juin, le gazage généralisé à Auschwitz commence en juillet... C’est l’époque où la France de Vichy rafle et livre aux nazis des milliers de juifs. En août-septembre commencent les déportations de Belgique et de Croatie. Mais une autre date importe, quelques mois plus tard: le 2 février 1943, c’est la capitulation allemande à Stalingrad, la bataille-pivot de la deuxième guerre mondiale, et la contre-offensive soviétique devient irréversible.
«Plan Est» et génocide nazi: de nouveaux éclairages d’historiens allemands
Par Jean-Marie Chauvier


Dès les premiers camps de concentration, l’utilisation du travail forcé est au centre du système concentrationnaire et s’inscrit dans l’idéologie et le projet politique du national-socialisme. Cette politique connaît cependant un tournant au printemps 1942 avec l’intégration des camps dans une économie de guerre totale. La mobilisation de toutes les capacités de travail des internés vient au premier plan pour alimenter la machine de guerre nazie et le régime met l’accent sur la fonction de rentabilité des camps de concentration selon une méthode planifiée d’exécution lente.  Des entreprises allemandes contrôlées par la SS ou privées, comme Siemens, bénéficiaient de l’utilisation à bas coût de cette main d’œuvre captive pour soutenir l’effort de guerre. Plusieurs usines Siemens ont employé des déportés, notamment dans des commandos de travail attenants aux camps de Sachsenhausen, d’Auschwitz, ou de Ravensbrück, le camp de concentration pour femmes qui est ici représenté. -
Dès les premiers camps de concentration, l’utilisation du travail forcé est au centre du système concentrationnaire et s’inscrit dans l’idéologie et le projet politique du national-socialisme. Cette politique connaît cependant un tournant au printemps 1942 avec l’intégration des camps dans une économie de guerre totale. La mobilisation de toutes les capacités de travail des internés vient au premier plan pour alimenter la machine de guerre nazie et le régime met l’accent sur la fonction de rentabilité des camps de concentration selon une méthode planifiée d’exécution lente. 
Des entreprises allemandes contrôlées par la SS ou privées, comme Siemens, bénéficiaient de l’utilisation à bas coût de cette main d’œuvre captive pour soutenir l’effort de guerre. Plusieurs usines Siemens ont employé des déportés, notamment dans des commandos de travail attenants aux camps de Sachsenhausen, d’Auschwitz, ou de Ravensbrück, le camp de concentration pour femmes qui est ici représenté. -

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aushwitz plan.
Partisans russes éxecutés par les nazis
Partisans russes éxecutés par les nazis

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