jeudi 10 novembre 2016

Élection et lutte des classes

Élection et lutte des classes

Par Daniel Gluckstein 
Les élections constituent un terrain déformé de la lutte de classe.
Le travailleur y est seul devant l’urne, sa voix étant réputée égale à celle de son patron. Les enjeux sont camouflés, la compétition entre « sauveurs suprêmes » s’y substituant le plus souvent à la confrontation des programmes, surtout lors de l’élection présidentielle sous la Ve République.
Il arrive pourtant, parfois, que la lutte de classe parvienne à s’engouffrer sur ce terrain déformé. Alors, les représentants de la classe capitaliste s’affolent.
On l’a vu l’an passé en Grèce. L’élection d’un Premier ministre qui s’était engagé à remettre en cause les mémorandums meurtriers de la troïka, suivie du référendum anti-Union européenne de l’été déchaînèrent la réaction des forces institutionnelles : Tsipras devait capituler. Ce qu’il fit.
On le voit en ce moment en Grande-Bretagne, où la City de Londres manœuvre pour remettre en cause le Brexit, victoire ouvrière contre la sainte coalition des défenseurs de l’Union européenne.
En dehors de ces circonstances exceptionnelles, la classe capitaliste s’inquiète généralement peu des élections, dans lesquelles elle ne perçoit pas de menace pour son système d’exploitation. Bien sûr, elle n’est pas indifférente au résultat. Elle est intéressée à ce qu’il soit le plus favorable à sa soif de profits. Aux États-Unis, par exemple, Wall Street vote Clinton, de qui elle espère une plus grande stabilité. Mais si c’est Trump, elle saura faire avec.
En France, les capitalistes ont considéré avec inquiétude la lutte de classe qui, de mars à juin, s’est dressée contre la réforme El Khomri : tout devait être fait – tout fut fait – pour que la grève générale n’ait pas lieu et que le gouvernement Hollande-Valls soit sauvé. Mais, s’agissant de la prochaine élection, la classe capitaliste n’est pas inquiète, tout juste préoccupée par une question : qui, parmi ce grand nombre de candidats respectueux des institutions, sera le mieux à même d’imposer ses plans destructeurs à une classe ouvrière qui vient, une nouvelle fois, de faire la preuve de sa capacité de résistance ?
Dans les rangs de la classe ouvrière, il n’y a guère d’illusion sur une possible issue favorable à ses intérêts dans le cadre de l’élection présidentielle. Il reste que la question politique soulevée par le mouvement de lutte de classe contre la réforme El Khomri est toujours posée : celle de la rupture avec cette politique et ces institutions.
Depuis des mois, nous menons campagne dans les colonnes de ce journal en faveur de la constitution d’une force politique ouvrière, indépendante, capable de combattre avec intransigeance pour aider les travailleurs et les jeunes à s’ouvrir la voie de la rupture.
Une rupture réelle qui remette en cause les institutions de la domination du capital et débouche sur une issue conforme aux intérêts ouvriers. Ce qui, ce 5 novembre, a motivé la constitution du « Mouvement pour la rupture avec l’Union européenne et la Ve République » (lire dans ce journal).

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