jeudi 17 novembre 2016

C’est de lutte de classe qui s’agit Editorial de La Tribune des travailleurs du 16 novembre 2016

C’est de lutte de classe qui s’agit

Editorial de La Tribune des travailleurs du 16 novembre 2016

Par Daniel Gluckstein 
Une semaine a passé. Dans le monde entier, et dans tous les milieux, chacun s’est exprimé sur la « crise » ouverte par l’élection de Trump.
Pour notre part, nous avons, dans les heures qui ont suivi l’élection, publié un communiqué (lire page 10) développant un point de vue ouvrier. Nous poursuivons avec le dossier spécial de cette semaine.
Pourquoi ?
« Aux États-Unis, la classe capitaliste vote Clinton, de qui elle espère une plus grande stabilité. Mais si c’est Trump, elle saura faire avec », écrivions-nous la semaine dernière. L’envolée des marchés financiers sur les Bourses d’Asie, d’Amérique et d’Europe confirme ce pronostic.
Certes, Trump et Clinton, ce n’est pas la même chose. Cette différence s’exprime dans plusieurs domaines, qu’il s’agisse des menaces contre le droit à l’avortement ou du discours sur les migrants.
Cependant, si on se place d’un point de vue de classe, qu’exprime la réaction des marchés, sinon la conviction du capital financier que ses intérêts seront aussi bien défendus par le nouveau président qu’ils l’auraient été par Clinton ?
Sur un plan politique, la rencontre Obama-Trump est instructive.
L’un comme l’autre se sont félicités de leur échange et de l’accord entre eux sur la nécessaire continuité de l’État. Trump a annoncé qu’il ne remettrait pas complètement en cause Obamacare (il est vrai que les grandes compagnies d’assurances privées y auraient beaucoup à perdre).
S’agissant des migrants, il a revu à la baisse son objectif de 11 millions d’expulsions, ramené par lui à deux-trois millions… un chiffre à rapprocher des deux millions et demi de migrants sans papiers effectivement expulsés sous le mandat d’Obama.
Quant à sa promesse d’investir 1 000 milliards de dollars dans un plan de relance de l’économie… rappelons qu’Obama avait pris le même engagement en début de mandat… On a vu le résultat.
La politique de Trump aboutira-t-elle à créer des emplois ? L’avenir le dira. Mais une chose est sûre : son intention n’est pas de créer des emplois avec des salaires corrects, ni des emplois stables ni des emplois avec couverture de Sécurité sociale et de retraite, et surtout pas d’emplois couverts par le droit syndical !
Alors, que Trump soit un fieffé réactionnaire, cela est sûr. Que les travailleurs et les jeunes seront amenés à combattre sa politique, cela ne fait aucun doute. Mais à ceux qui veulent à tout prix en faire le diable personnifié contre lequel toutes les alliances seraient justifiées, nous répondrons : aucune gesticulation ne peut faire disparaître la responsabilité des dirigeants des organisations ouvrières dans ce qui s’est passé depuis huit ans aux États-Unis. Qu’il s’agisse d’hier ou de demain, que le prétexte invoqué soit la lutte contre la droite extrême outre-Atlantique ou la lutte contre l’extrême droite chez nous, rien ne peut justifier de renoncer à l’indépendance de classe.
C’est de lutte de classe qu’il s’agit.
Elle n’a pas dit son dernier mot.

logo-tt-sans-adresse-paypal dès le jeudi dans votre boîte à lettres.
Pour vous abonnez sans attendre,
choisissez la formule qui vous convient
et cliquez sur le bouton de votre choix.
C’est tout !







Aucun commentaire: