mercredi 28 septembre 2016

Une seule classe ouvrière Editorial de la Tribune des travailleurs du 28 septembre 2016


Une seule classe ouvrière

Editorial de la Tribune des travailleurs du 28 septembre 2016


Par Daniel Gluckstein
L’industrie sidérurgique européenne est « à genoux ». C’est ce qu’affirme L’Express(26 septembre), précisant qu’en France, 40 000 emplois directs et 120 000 emplois indirects seraient menacés. « A l’automne 2015, des stocks gigantesques venus de Chine ont débarqué dans les ports européens à des prix ne couvrant même pas les coûts de production », se lamente Karl Tachelet, de l’association européenne des producteurs d’acier (Eurofer).
Qui donc est responsable de cet afflux d’acier chinois ? Réponse de Daniele Basso, au nom de la Confédération européenne des syndicats (CES) : « Les plus grandes entreprises sont détenues directement par l’État ou par les provinces qui ne peuvent pas se permettre de licencier des centaines de milliers de personnes alors que la situation sociale et économique est déjà tendue. »
Curieux « syndicaliste » qui semble regretter que les entreprises chinoises soient détenues par l’État. Ah ! si elles étaient privatisées, ce serait bien plus facile !
Curieux « syndicaliste » qui semble regretter qu’on ne puisse licencier du fait d’une « situation sociale tendue ».
En réalité, si les aciéries européennes (et chinoises d’ailleurs) sont menacées, la faute n’en revient pas aux ouvriers chinois, mais au capital lui-même.
L’Express évoque un « colossal problème de surcapacité ».
Y a-t-il vraiment trop d’acier produit dans le monde ?
Oui, s’il s’agit d’en faire le support de réalisation du profit dans une industrie qui n’arrive plus à écouler ses marchandises du fait de l’effondrement du marché mondial.
Mais non, il n’y a pas trop d’acier s’il s’agit de répondre aux besoins d’une humanité menant une vie digne et prospère.
Il y a trop de capital qui ne trouve plus à se valoriser dans la production de marchandises. Mais il n’y a pas trop d’ouvriers.
Un militant ouvrier digne de ce nom en Europe ne souhaite pas que les autorités chinoises puissent licencier en masse. Les travailleurs savent que si on licencie en masse en Chine, cela créera peut-être plus de marge de profit pour les exploiteurs, mais pas plus d’emplois en Europe.
Un militant ouvrier digne de ce nom sait que plus les ouvriers chinois pourront se défendre, construire des syndicats indépendants, arracher des garanties collectives, plus cela renforcera la classe ouvrière dans le monde entier.
Il n’existe à l’échelle internationale qu’une seule classe capitaliste à l’affût des meilleures conditions d’exploitation (1).
N’en déplaise au petit fonctionnaire européen qui n’a de syndical que l’étiquette, il n’existe à l’échelle internationale qu’une seule classe ouvrière dont les intérêts sont communs d’est en ouest, du nord au sud.
En exigeant la libération immédiate des militants chinois, le mouvement ouvrier défend non seulement les droits des travailleurs chinois mais ceux des travailleurs du monde entier.

(1) Une classe capitaliste dont la bureaucratie constitue une courroie de transmission dans l’économie chinoise.
(2) Lire page 16.


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