mercredi 14 septembre 2016

Ce qui compte, ce n’est pas le nom de celui qui tient le gouvernail Editorial de la Tribune des travailleurs du 14 septembre 2016

Ce qui compte, ce n’est pas le nom de celui qui tient le gouvernail

Editorial de la Tribune des travailleurs du 14 septembre 2016

Par Daniel Gluckstein –
Ce 9 septembre, Alexis Tsipras accueillait Matteo Renzi et François Hollande à Athènes pour un sommet de l’Europe du Sud. S’inquiétant de ce que l’Union européenne est« menacée de décomposition », Tsipras postule au rôle de sauveur « réaliste » des institutions de Bruxelles et Francfort. Un sauveur devenu raisonnable : « Je suis réaliste (…). A défaut de changer les règles de l’Union européenne, il faut pouvoir obtenir des exceptions sur la question du pacte de stabilité. Il faut profiter de toute la marge de manœuvre qui nous reste pour introduire des mesures à caractère social » (1).
Quelles mesures ? Quelle marge de manœuvre ? Quel caractère social ? La Grèce connaît un taux de chômage avoisinant les 25 %, le pays s’enfonce dans la récession et le peuple dans la misère, tandis que le gouvernement « d’extrême gauche » privatise à tour de bras. Tsipras s’en justifie : « Nous sommes toujours contraints d’appliquer une stricte politique d’ajustement budgétaire (…). Nous ne constatons pas la nécessaire générosité de nos partenaires sur la question de l’allégement de la dette. »
Contraints ?
Faut-il rappeler que Tsipras fut élu, en janvier 2015, sur un programme de rejet des mémorandums meurtriers de la troïka Union européenne-Banque centrale européenne-Fonds monétaire international ? Faut-il rappeler qu’en juillet 2015 ce mandat fut confirmé par un référendum… quelques jours avant que Tsipras cède au chantage de la troïka et accepte de mettre en œuvre ses plans ?
« Arriver au gouvernement ne veut pas dire avoir le pouvoir entre ses mains tout de suite », déclare Tsipras pour se justifier. Mais qui a le pouvoir en Grèce aujourd’hui ? Les banquiers, les multinationales, les capitalistes dont l’Union européenne est l’instrument pour imposer le remboursement de la dette qui saigne le peuple. Qui a le pouvoir dans chacun des pays d’Europe ? Qui, en France, a le pouvoir d’imposer le démantèlement d’Alstom et la loi El Khomri, tandis que les dividendes des actionnaires grimpent en flèche ?
A l’heure où dans notre pays les candidats se pressent au portillon de la présidentielle, les travailleurs sont en droit de poser la question : candidats à quoi ? Les travailleurs, les jeunes n’ont rien à attendre de ceux dont l’ambition se limite à vouloir gouverner aux ordres des banquiers et des multinationales.
Ce qui compte, ce n’est pas le nom de celui qui tient le gouvernail pour suivre servilement la direction fixée par la classe capitaliste.
Ce qui comptera, c’est la capacité de la classe des exploités à prendre entre ses mains le pouvoir de fixer elle-même le cap : celui de la rupture.
C’est pour y contribuer que plus de 2 500 travailleurs, militants et jeunes de toutes tendances appellent à la conférence nationale de délégués : pour la rupture avec l’Union européenne et la Ve République, premier pas vers la rupture avec la dictature du capital.
(1) Interview au Monde, 9 septembre.

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