mardi 7 juin 2016

Limeil-Brévannes : les éboueurs en grève illimitée

Limeil-Brévannes : les éboueurs en grève illimitée



LA noria de camions-poubelles n’a pas eu lieu ce lundi matin. Et à quelques jours de l’Euro 2016, les conteneurs pourraient bien déborder. Les éboueurs de la Sita Ile-de-France, (groupe Suez), se sont mis en grève illimitée pour obtenir une revalorisation salariale conséquente. Selon l’intersyndicale, CGT, CFDT, avec le soutien de FO, 90 % des sites sont touchés : Limeil-Brévannes, Gennevilliers (Hauts-de-Seine), Pantin (Seine-Saint-Denis) Chilly-Mazarin (Essonne)…Que ce soit des sites de collecte, de traitement ou de revalorisation des déchets.

« Avant la grève, dans le cadre des négociations annuelles, on demandait une hausse de 1 %. Mais la direction nous a baladés. Nous demandons maintenant 5 % », prévient Rachid Yagoub, délégué CGT Ile-de-France. Pareil mouvement ne se serait pas produit depuis 2007.
A Limeil, pas un camion n’entre ni ne sort ce lundi après-midi. A tour de rôle, les éboueurs dans leur tenue jaune fluo si reconnaissable se relaient. La chaîne de tri a également été stoppée. Ce centre, l’un des plus gros de la région dessert Créteil et le territoire 11. « On en a marre, scande Brahim El Hor, délégué FO. Ici, les premiers salaires, c’est 1 100 €. On est déterminés. » A ses côtés, des grévistes confirment : « On a accepté des tournées plus longues. On travaille plus mais pour rien, ça suffit. » Pour cet ancien, plus de trente ans d’expérience, la hausse proposée par la direction ne rime à rien. « Quand on a de l’ancienneté, ça va, mais pour ceux qui ont quatre-cinq ans de boîte, ça représente 12 €. » Pas énorme de l’avis des jeunes embauchés, qui « ne connaissent pas Carrefour, plutôt Aldi et Lidl. » Et l’agent d’espérer la compréhension des usagers.
« Notre dernière proposition permet à la plupart de nos collaborateurs d’avoir une hausse de 1 %, voire plus, souligne une porte-parole de Suez, pour l’activité recyclage et valorisation en Ile-de-France. Il y a une incompréhension. » Selon la direction, sur la cinquantaine de sites en Ile-de-France, une dizaine sont majoritairement bloqués. Ce qui pénalise en priorité les collectivités. Suez pourrait avoir recours à des sous-traitants. Surtout si le conflit s’enlise. Ce lundi soir, les salariés avaient prévu d’occuper les sites toute la nuit.

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