jeudi 19 mai 2016

Hôpital Emile Roux, Limeil-Brévannes Plan Touraine, revendications, grève

Hôpital Emile Roux, Limeil-Brévannes
Plan Touraine, revendications, grève

Le Parisien du Val-de-Marne, le 6 mai (extraits)





« Certains collègues sont au bord de l’épuisement, explique l’un des représentants de la CGT. Les conditions de travail en gériatrie sont déjà très difficiles mais là, en plus, on nous réduit le nombre de nos congés annuels d’été et on nous impose une nouvelle organisation du temps de travail qui va à l’encontre de nos problématiques ».
Trois heures de négociations
Pour faire entendre leurs voix, les personnels ont donc décidé d’un mouvement de grève reconductible. Mardi, environ 150 personnes envahissent le comité d’hygiène et de sécurité (CHSCT) qui a dû se dérouler sous la « surveillance » d’un huissier. Dès le lendemain, ils remettaient « la pression » sur la direction afin d’obtenir la révision des nouvelles dispositions.
« Ce vendredi, nous avons à nouveau négocié pendant près de trois heures et si nous avons obtenu le rétablissement des droits des personnels en matière de congés annuels, rien n’a bougé au sujet de la nouvelle organisation du temps de travail. Nous prévoyons donc de durcir le mouvement dans les jours à venir ». Contactée, la communication de l’AP-HP avait pour information, ce vendredi soir, que « le mouvement de grève était levé ».

Interview d’une syndicaliste CGT APHP

Au moment où les personnels de l'Hôpital Émile Roux se mobilisent avec leurs organisations syndicales, peux-tu nous expliquer quelle est la situation dans les hôpitaux et à E Roux en particulier
Comme dans tous les hôpitaux de l'AP-HP, la direction veut imposer une nouvelle organisation du temps de travail qui nous supprimerait des jours de repos.
Nous souffrons déjà du manque de personnels et la prise en charge des malades serait encore plus difficile
L'application du plan mobilité de la ministre Touraine entraînerait la fermeture de nombreux services par des groupements forcés et la fermeture de nombreux lits hospitaliers
C'est grave pour les personnels qui n'en peuvent plus et dont la charge de travail sera alourdie et c'est grave pour les malades dont les conditions d'accueil, de soins et de prise en charge seront dégradées

Quelle est la situation dans les écoles d'infirmières et d'aide-soignantes ?

Il faut savoir d'abord que de nombreuses étudiantes doivent payer leurs études parce qu'elles ne remplissent pas les conditions fixées par le Conseil général pour une prise en charge
Les frais d'études peuvent atteindre 8000 euros par an, une charge terrible pour des jeunes et leurs familles
La qualité de la formation est aussi menacée par le manque de personnels de formation et d'encadrement
Les jeunes qui veulent choisir ce métier doivent aussi faire face à des quotas qui limitent le nombre d'entrées et aujourd'hui il est même question de fermeture de certaines écoles
Toute cette politique est un désastre, elle est menée contre les intérêts des malades et des personnels et elle interdit un avenir professionnel à des jeunes motivés qui avaient choisi ce métier

Quelques informations pour comprendre (lu dans la presse syndicale)

Le 4 février 2015, Madame la Ministre de la santé, devant l’ensemble des responsables hospitaliers médecins et directeurs réunis à l’occasion de la présentation des grandes lignes du plan triennal d’économies de plus de 3 milliards pour les hôpitaux, déclarait ceci :

« Pour aller plus loin et engager des réformes structurelles, nous devons faire en sorte, d’ici 2017, que 100% des établissements publics soient engagés avec succès dans un groupement hospitalier de territoire pour mutualiser leurs activités et définir un projet médical commun. Il s’agira donc d’une mesure forte de la loi de santé. Vous aurez une responsabilité toute particulière pour accompagner la constitution de ces groupements et en faire de puissants leviers de la recomposition de l’offre de soins. »
Cette réforme s’inscrit donc dans la volonté de baisse des dépenses publiques résultant du pacte de responsabilité. Elle va se traduire par un plan de réduction des effectifs sur les établissements à hauteur de 22.000 postes selon le quotidien « Les Echos » dans son édition du 1er mars 2015.

Avec la loi Touraine et les GHT, il cherche à détruire les services publics hospitaliers en regroupant les hôpitaux et en organisant des fermetures d’hôpitaux, de services et de lits (plus de 3000 sur l’îlede-France). Avec la loi de modernisation sur la fonction publique, il oblige les fonctionnaires à plus de mobilité. Tout ceci lui permet d’être fidèle au plan d’austérité qui guide sa politique. M. HIRSCH avec sa réforme du temps de travail, signée par la CFDT (les mêmes qui signent pour la destruction du Code du travail et toutes les saloperies envers les travailleurs) organise un passage en force. En un seul projet il individualise les agents comme le montrent les témoignages, il détruit l’unité de l’APHP, il modifie les organisations de travail pour les adapter non pas au patient mais au médecin et surtout au plan d’économie.

Un exemple cité dans la presse syndicale


TRAVAIL EN 12H LE WEEK-END Anne, technicienne de laboratoire, travaille en 7h36. Le projet Hirsch fera qu'elle travaille aussi en 12 heures le week-end dans un service à effectif réduit. Conséquences : - Si sa relève ne vient pas ou est en retard, il y aura automatiquement un dépassement de la durée légale maximum de 12 heures qui était impossible par la mise en place de l'équipe d'après-midi que Hirsch veut supprimer à partir de septembre 2016. - Etant dans un service réduit et travaillant en 12h le week-end, cela créditera des RR qu'elle devra prendre en jours de repos ou posés dans le CET, mais le CET ne pouvant prendre qu’un report de 10 jours, et l’impossibilité de prendre les jours de RR, comment Annie fera-t-elle pour prendre ces jours dus ? Devra-t-elle être contrainte de se les faire payer ou de les convertir en points retraite, même si elle préfère se reposer ?  

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