mercredi 25 mai 2016

Editorial de la Tribune des travailleurs du 25 mai 2016

Editorial de la Tribune des travailleurs du 25 mai 2016


Ils sont la minorité


Le gouvernement pousse-t-il au pourrissement de la situation ?
Mardi matin, Hollande et Valls ordonnaient l’intervention policière contre les piquets de grève des raffineries. Cela après la répression frappant brutalement les jeunes et les manifestants depuis de nombreuses semaines, et après le recours à l’article 49-3 !
Réaction immédiate : toutes les raffineries du pays étaient en grève dans les heures qui ont suivi.
Que cherche le gouvernement ? Pour justifier l’intervention contre les piquets de grève, Hollande a dénoncé « une stratégie portée par une minorité ». Mais qui représente une minorité, sinon ceux qui nous gouvernent ?
Ils sont la minorité : sondage après sondage se confirme le soutien apporté par l’immense majorité de la population à l’exigence de retrait de la loi Travail.
Ils sont la minorité : incapables de trouver une majorité dans le Parlement croupion de la Ve République, ils ont dû recourir à l’article 49-3 (avec la complicité d’une partie de ceux qui prétendaient s’opposer à la loi) pour passer coûte que coûte.
Ils sont la minorité : jamais le chef de l’Etat, le Premier ministre, le Parti socialiste lui-même n’ont été aussi bas dans les sondages et à ce point rejetés (1).
Ils sont la minorité : ils représentent les intérêts d’une poignée de capitalistes et de profiteurs qui veulent pouvoir toujours davantage licencier, baisser les salaires et gonfler leurs profits.
La démocratie, c’est la loi de la majorité. La démocratie, c’est donc que la loi Travail soit retirée. Et si le gouvernement s’acharne, la démocratie exige non seulement que cette loi soit balayée, mais que le soit, avec elle, le gouvernement qui la porte.
Comment ? Instinctivement, dans tout le pays, les travailleurs et les jeunes ont exprimé leur solidarité avec ceux des raffineries. Tous se sentent concernés. Et d’autant plus concernés que, depuis près de trois mois, ils ne cessent de répondre aux appels à des journées d’action, des grèves et des manifestations pour le retrait de la réforme El Khomri.
Manifestations élémentaires d’une solidarité ouvrière qui – comme l’écrit une motion adoptée par un congrès syndical ce 24 mai – « passe par l’organisation de la grève unie de tous les travailleurs jusqu’au retrait de la loi El Khomri ».
Le gouvernement ne craint pas de précipiter le pays dans l’aventure au risque d’aboutir à une situation de pourrissement et de chaos. Face à une telle situation, il revient au mouvement ouvrier d’opposer la voie de la démocratie, celle qui rassemble l’immense majorité du peuple. L’action unie des travailleurs et des organisations a la capacité, par la grève jusqu’au retrait, d’écarter les dérives qui menacent et d’imposer la solution conforme à l’exigence démocratique.


(1) Ce qui est à l’ordre du jour, c’est le combat pour mettre en échec la politique du gouvernement et des partis qui le soutiennent. Cela ne saurait se confondre avec les attaques de locaux de partis. L’existence des partis politiques comme des organisations syndicales est une composante de la démocratie.


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