mardi 3 mai 2016

« Buy american » ! Editorial de la Tribune des travailleurs du mercredi 27 avril 2016

« Buy american » !

Editorial de la Tribune des travailleurs du mercredi 27 avril 2016

1ère page TT36
La une de La Tribune des travailleurs du 27 avril 2016
Après la City de Londres (pour qui est « vitale (…) l’appartenance à une Union européenne réformée ») et le Medef (qui proclame « essentiel que le Royaume-Uni puisse continuer à participer au projet européen »), c’est au tour d’Obama.
En visite en Europe, le président américain appelle à rejeter le Brexit, car « notre priorité est de négocier un accord avec un bloc, l’Union européenne ».
Que veut négocier Obama ?
Il s’agit du fameux « partenariat transatlantique de commerce et d’investissement » (TTIP), dont la fonction, selon les termes d’un professeur d’économie interrogé à Soir 3, est de permettre « aux multinationales américaines d’imposer leurs normes ».
En clair : déréglementation généralisée des produits et surtout du « coût du travail », donc des droits ouvriers. Une université américaine évalue à 600 000 le nombre d’emplois détruits en Europe si ce traité s’applique.
Voilà à quoi sert l’Union européenne, partenaire docile et « unie » de l’impérialisme le plus puissant !
Au moment où Obama poursuit sa tournée — lançant à Hanovre ce mot d’ordre d’une grande franchise : « Buy american » (achetez américain) — les cheminots en France se mettent en grève contre… les conséquences de « l’ouverture à la concurrence » en application des directives européennes. Les cheminots refusent notamment l’allongement de leur temps de travail et la diminution de leur temps de repos…
Qui osera encore dire que la sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne n’est pas une question de classe ?
D’un côté, la classe capitaliste, Obama, les chefs de gouvernement et les dirigeants patronaux de tous les pays capitalistes, formant un seul bloc, pour exiger la poursuite de ce qui a été entrepris avec l’Union européenne et même son aggravation dans le cadre du « partenariat transatlantique ». Un bloc uni pour exiger la déréglementation généralisée des droits ouvriers, avec notamment la loi El Khomri qui détruit le Code du travail (en réponse aux exigences de l’Union européenne).
De l’autre côté, en France comme en Grande-Bretagne, la classe ouvrière combat avec ses organisations dans les grèves, les manifestations… et aussi, lorsque l’occasion s’en présente, dans les référendums.
Comment, dans ces conditions, les travailleurs pourraient-ils comprendre que des dirigeants d’organisations qui se réclament de la classe ouvrière — la Confédération européenne des syndicats (CES) au plan européen, mais aussi certaines organisations en Grande-Bretagne ou dans d’autres pays — persistent à mener campagne pour le maintien de la Grande-Bretagne dans l’Union européenne ?
D’un point de vue de classe, la sortie de l’Union européenne ouvrirait une brèche dans cette prison des peuples. Et par cette brèche, les travailleurs et les peuples de toute l’Europe se sentiraient encouragés à passer à leur tour pour démanteler les institutions d’oppression et d’exploitation.
Et par cette brèche, ils se sentiraient encouragés à ouvrir la voie à l’union libre des travailleurs, des peuples et des nations libres de toute l’Europe.

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