mardi 5 avril 2016

Une économie de fraude et de pillage, le nouveau scandale de Panama, suite

Une économie de fraude et de pillage, le nouveau scandale de Panama, suite

Les grandes banques, carburant et actrices du système offshore

365 banques impliquées


Sur les 214 488 sociétés offshore immatriculées par la société panaméenne Mossack Fonseca depuis sa création, en 1977, 15 579 ont été commandées directement par des banques pour leurs riches clients, le reste l’ayant été par d’autres prestataires (cabinets d’avocats, sociétés de gestion de patrimoine…). La majeure partie de ces entités ont été créées après les années 2000. Au début de 2016, plus de 2 000 étaient toujours actives, selon l’enquête conduite par le Consortium international de journalistes d’investigation (ICIJ) avec Le Monde.
Au total, ce sont 365 banques de toutes nationalités qui ont fait appel aux services de la firme panaméenne. Parmi elles, des poids lourds de la finance mondiale, comme la britannique HSBC, les suisses UBS et Credit suisse, l’allemande Deutsche Bank, la scandinave Nordea ou encore la française Société générale. Et de très nombreux établissements plus petits, pour l’essentiel en Suisse, au Luxembourg, à Jersey et Monaco.



Les clients peu recommandables des banques


Les « Panama papers » révèlent que ces banques mondialisées se sont, pour certaines, rendues complices d’infractions ou qu’elles ont, pour d’autres, pris d’évidentes libertés avec l’obligation légale de connaître leurs clients et de contrôler leurs transactions, s’exposant ainsi à des risques inconsidérés. Et ce malgré le « know your customer » (« connais ton client »), un principe du GAFI (le Groupe d’action financière – l’organisme de référence en matière de lutte antiblanchiment, placé sous l’égide des Nations unies) largement appliqué dans le monde.
Des sociétés offshore ont, en effet, pu servir à blanchir de l’argent de crimes ou de délits, allant de la fraude fiscale à la grande délinquance financière. Parmi les clients de la filiale d’UBS à Miami, en Floride, se trouve par exemple une entité créée par Mossack Fonseca, nommée Chayofa Corp. Son propriétaire n’est autre que Giuseppe Donaldo Nicosia, un homme d’affaires gravitant dans l’entourage de l’ex-premier ministre italien Silvio Berlusconi et inculpé dans un scandale de fraude à la TVA en Italie, impliquant la Mafia. Sous le coup d’un mandat d’arrêt, il est en fuite et recherché par Interpol depuis 2014.





La banque française Société Générale fait partie des cinq banques qui ont créé le plus grand nombre de sociétés offshore par l'intermédiaire du cabinet d'avocats panaméen Mossack Fonseca, a détaillé mardi le quotidien Le Monde, après analyse des données "Panama Papers".

"Au total, elle compte à son actif 979 sociétés, derrière la britannique HSBC (2.300 sociétés), les suisses UBS (1 .100 sociétés) et Credit Suisse (1.105 sociétés)", selon le journal, qui précise que "deux-tiers de ces entités offshore ont été créées par SG Bank and Trust Luxembourg".

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