mardi 12 avril 2016

La grève Editorial de la Tribune des travailleurs du mercredi 6 avril 2016

La grève

Editorial de la Tribune des travailleurs du mercredi 6 avril 2016

Au lendemain du 31 mars, d’aucuns — sans doute inquiets de l’ampleur de cette grève de vingt-quatre heures contre la loi El Khomri — s’attachent à brouiller les cartes.
« La bataille des amendements est engagée », titre le quotidien Les  Echos. Comme s’il y avait quoi que ce soit à attendre du débat parlementaire (lire page 4) !
Comme si, surtout, il s’agissait d’amender la réforme El Khomri et non d’imposer son retrait.
« Chiche. Une autre réforme du Code du travail et des droits des salariés est possible », affirmeL’Humanité, qui précise : « Personne ne conteste que la législation du travail puisse évoluer. »Comme si c’était de cela qu’il s’agit.
Comme si la revendication martelée par plus d’un million de manifestants ce 31 mars n’était pas « retrait de la réforme El Khomri », et rien d’autre (1).
Brouillage des cartes… Dans le foisonnement d’appels au 9 avril, certains oublient le mot « retrait », d’autres le mot « Code du travail », d’autres vont même jusqu’à ignorer le mot « grève » et invitent à venir manifester « en famille » le 9 avril.
Il est nécessaire de remettre les choses à l’endroit.
A-t-il tort ce responsable départemental d’une organisation syndicale confédérée qui déclare :« Les mobilisations ne s’opposent pas, mais la force des salariés pour gagner, ce sont les arrêts de travail, la grève et les occupations d’entreprises et d’administrations » ?
Ont-ils tort ces responsables d’une autre organisation syndicale confédérée d’un autre département qui, convaincus que « ce n’est pas une succession de journées de mobilisation et degrèves saute-moutons qui permettra de gagner », jugent « impératif de lancer la grève interprofessionnelle en continu jusqu’au retrait » ?
Ont-ils tort d’inviter « les syndicats à multiplier les assemblées générales dans les entreprises, établissements et les services et y mettre en discussion la perspective de la grève interprofessionnelle illimitée jusqu’au retrait du projet de loi travail » ?
Non, ils n’ont pas tort. Ces responsables ne font que reprendre à leur compte la tradition plus que séculaire du mouvement ouvrier. Celle qui voit la classe ouvrière, à l’heure du combat, se rassembler sur son terrain de classe : la grève.
Oui, la grève : sans qu’il soit nécessaire d’ajouter tel ou tel adjectif ou circonvolution alambiquée.
La grève qui, en l’occurrence, ne peut qu’être interprofessionnelle, puisqu’il s’agit de faire reculer un plan du gouvernement qui frappe toute la classe ouvrière.
La grève qui, par essence, ne saurait se fixer un autre terme que d’atteindre son objectif, précis et clair : le retrait.
En un mot : la grève jusqu’au retrait.
Et rien d’autre.
L’obstination du gouvernement laisse-t-elle un autre choix ?
(1) A la tête de cette « bataille d’amendements » à l’Assemblée nationale, on retrouve André Chassaigne, celui-là même qui joua un rôle particulièrement négatif, dans des circonstances similaires, contre la grève des cheminots en 2014 (lire page 4).

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