mardi 8 mars 2016

Reporter n’est pas retirer L'éditorial par Daniel Gluckstein - la Tribune des travailleurs du 1er mars 2016

Reporter n’est pas retirer

L'éditorial par Daniel Gluckstein - la Tribune des travailleurs du 1er mars 2016

L’examen du projet de loi El Khomri en Conseil des ministres est donc reporté de quelques semaines. Le temps, a dit Valls, de « corriger ce qui doit lêtr». Mais le gouvernement prétend maintenir le cap: la loi de destruction du Code du travail devra être adoptée dès le mois de mai à l’Assemblée nationale.
Citant « les milieux gouvernementaux » inquiets du rejet qui
grandit, le journal Les Echos explique: « Cest en train de montertrès fort, il vfalloir enlever dla pression»
Mais reporter n’est pas retirer. Les Echos précisent :
« Lretrait pur et simple du textest exclu prioriDailleurs, certaines de ses dispositions, commelcomptpersonnedactivité, sont souhaitées à gauchecomme par les syndicatsReste à voir si lâcher du lest à lCFDT avant lsuffira à éviter lincendie qucouve. Le choix des mots est importantni retrait comme e1995, nsuspensiocomme lors du CPEAu sein de lexécutifon réfléchidonc à une pausquserait justifiée par le souci d’approfondir la concertation»
Tout est là: faire une « pause» pour tenter d’associer les organisations syndicales – au-delà de la seule CFDT – à la mise au point de la loi.
N’en déplaise aux discours en vogue sur les « mouvements citoyens ». le choc qui mûrit a un contenu de classe.
C’est de lutte de classe qu’il s’agit. D’un côté, un gouvernement pro-capitaliste, aux ordres des patrons, des banquiers, des spéculateurs.
Un gouvernement qui, une nouvelle fois, nous joue le refrain de la compétitivité qui « exige » de baisser les salaires ouvriers et de remettre en cause les garanties collectives.
Cela fait plus de trente ans que le même discours est tenu par les gouvernements successifs, de droite comme de gauche, qui tous se soumettent aux diktats du capital financier et de l’Union européenne!
De l’autre côté, les travailleurs et les jeunes qui cherchent la voie du combat pour bloquer cette contre-réforme.
Ce n’est pas un hasard si les jeunes se mobilisent: ils sont les premiers concernés.
Car ils constituent la classe ouvrière de demain et d’après-demain, et n’acceptent pas d’être soumis à une exploitation sans protection collective.
Mais attention aux discours démagogiques: il ne s’agit pas de la jeunesse en soi, mais bien de la jeunesse comme une composante de la classe ouvrière de demain.
Les organisations de jeunes ont parfaitement raison d’appeler à manifester partout en France le 9 mars sur le mot d’ordre de « retrait complet du projet El Khomri ! ».
La manœuvre du gouvernement qui diffère l’examen de la loi pour mieux la faire passer doit être déjouée: c’est maintenant que la mobilisation peut et doit s’organiser pour le faire reculer.
Puisqu’il s’agit de la jeunesse comme composante de la classe ouvrière, la logique ne voudrait-elle pas que les organisations ouvrières unies – refusant le pacte avec le diable proposé par la CFDT – appellent elles aussi, le 9 mars, dans l’unité, à manifester dans tout le pays sur un seul mot d’ordre: retràit du projet El Khomri ?

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