mercredi 23 mars 2016

Pour l’unité de la classe ouvrière et de la jeunesse Le bal des jésuites L'éditorial par Daniel Gluckstein - la Tribune des travailleurs du 15 mars 2016

Pour l’unité de la classe ouvrière et de la jeunesse

Le bal des jésuites L'éditorial par Daniel Gluckstein - la Tribune des travailleurs du 15 mars 2016

Qui a participé aux manifestations du 9 mars a été frappé par le calme, l’ordre et la détermination de la jeunesse descendue dans la rue. Qui a participé à ces manifestations a été frappé aussi par la présence de milliers de parents, salariés, souvent syndiqués, venus se mêler aux cortèges de jeunes et affirmant comme une évidence que seule l’unité des travailleurs et de la jeunesse fera rendre gorge au gouvernement.
Qui a participé à ces manifestations s’est interrogé aussi sur les réserves et hésitations à ce que se réalise pleinement et totalement cette unité travailleurs-organisations-jeunesse dans le combat contre le gouvernement.

C’est la question centrale.
Quoi qu’en pense Laurent Berger de la CFDT, la jeunesse se dresse légitimement contre une mesure qui la condamnerait à toujours plus de précarité. Les jeunes ont toute légitimité pour se battre. Pour gagner, ils ne peuvent ni ne doivent rester seuls. La classe ouvrière, pour sa propre défense et celle de la jeune génération, exige le retrait de la réforme El Khomri. Le mouvement ouvrier, ses organisations ont tout à gagner à une jonction sans réticence avec le mouvement de la jeunesse. C’est la voie pour infliger au gouvernement la défaite que sa politique réactionnaire mérite pleinement.
Selon le journal Les Echos, le gouvernement a pris « conscience du risque d’explosion sociale ». C’est pourquoi il manœuvre. Ainsi, ce 14 mars, Valls a dévoilé les « corrections » qu’il propose au projet El Khomri, dans l’objectif de parvenir à y associer les organisations syndicales… (1)
Dans L’Humanité, Bernard Thibault, ancien secrétaire général de la CGT, écrit ce 14 mars : « Le mouvement aujourd’hui lancé contraindra le gouvernement à reculer. La question est de savoir si ce sera en totalité ou partiellement, mais déjà il est condamné à reculer. »
Peut-on s’en satisfaire ?
Dans l’hypothèse – nullement acquise à ce jour – où le gouvernement retirerait tel ou tel aspect de sa réforme, cela voudrait dire qu’il garderait les autres. Et si le gouvernement garde ne serait-ce qu’une partie de sa réforme, ce n’est pas lui qui recule : c’est le Code du travail qui recule, c’est la classe ouvrière qui recule ! Ce sont autant de coups supplémentaires portés contre les travailleurs et la jeunesse.
C’est pourquoi aucun mot d’ordre ne peut être en dessous de l’exigence du retrait, et rien d’autre ! Aucune forme d’action ne peut être en dessous de l’unité, le même jour, travailleurs et jeunes, dans un vrai mouvement, une vraie grève, une grève jusqu’au retrait.
Pour balayer la réforme El Khomri, le mouvement uni des travailleurs, des organisations et des jeunes met à l’ordre du jour la grève générale. Laquelle pose la question de la rupture avec la politique de réaction et de destruction que depuis trente ans les gouvernements de tous bords, aux ordres de l’Union européenne, imposent aux travailleurs et aux jeunes.
(1) Aussitôt (selon une dépêche Reuters du lundi à 15 h 57), « CFDT, CFTC et CGC considèrent que les annonces de Valls vont dans le bon sens ». Comme un scénario écrit à l’avance…

Aucun commentaire: