mardi 29 mars 2016

Pour la défaite du gouvernement ! L'éditorial par Daniel Gluckstein - la Tribune des travailleurs du 22 mars 2016

Pour la défaite du gouvernement !

L'éditorial par Daniel Gluckstein - la Tribune des travailleurs du 22 mars 2016

D’heure en heure, la mobilisation contre le projet HollandeValls-El Khomri s’amplifie. Nul doute que dans les prochains jours, c’est par centaines de milliers que travailleurs et jeunes, unis, feront grève et manifesteront pour en exiger le retrait.
Retrait : ce mot d’ordre s’est imposé désormais. Au point que la plupart des organisations qui appellent aux grèves et aux manifestations l’ont repris à leur compte, et c’est une bonne chose.
On notera que dans les manifestations, cette exigence du retrait n’est pas accompagnée d’une quelconque « revendication » de réécriture du Code du travail.
Les travailleurs savent combien il a été difficile, depuis 130 ans, d’arracher les droits consignés dans le Code du travail.
Ils savent aussi que nous vivons une période de réaction, et que le gouvernement Hollande-Valls, loyal serviteur des exigences des capitalistes et de l’Union européenne, ne peut envisager de réécriture du Code du travail que dans le sens de sa remise en cause.
D’instinct donc, travailleurs et jeunes perçoivent que pour préserver ce qui existe, il ne faut pas bouger d’un millimètre.
Dire retrait du projet El Khomri, c’est la seule garantie de ne pas reculer sur les droits ouvriers. Imposer le retrait pose la question du rapport de force.
C’est pourquoi surgit spontanément dans les manifestations le mot  d’ordre, repris de plus en plus de : grève pour le retrait, grève jusqu’au retrait, grève générale.
Grève générale ? Cela soulève la question du gouvernement. Hollande, Valls, El Khomri sont seuls responsables d’avoir lié leur sort à la loi. Ils sont seuls responsables de ce que, dans le langage propre aux jeunes, on entende « loi El Khomri : dégage ! » accompagné parfois de : « Gouvernement : dégage ! »
Ce gouvernement, au service de la réaction, isolé, comme en témoigne l’ampleur de l’abstention aux dernières élections partielles, est en effet rejeté de toutes parts.
C’est précisément le moment choisi par les médias pour braquer les projecteurs sur… les préparatifs de la prochaine élection présidentielle.
Il n’est question que de candidats nouveaux qui fleurissent, à gauche de préférence, et de primaires, à gauche encore, et de l’intense débat qui devrait s’engager aujourd’hui pour une élection prévue dans treize mois.
Simple hasard ? Difficile à croire.
Affolés par la vague qui monte pour l’obliger à reculer, le gouvernement et les médias à son service considèrent comme de la plus grande urgence de tout renvoyer à avril 2017.
Misérable tentative de diversion. C’est aujourd’hui, en mars 2016, que la défaite du gouvernement Hollande-Valls est à l’ordre du jour !
Ce gouvernement a lié son sort à la loi El Khomri : c’est à lui qu’il reviendra d’assumer les conséquences — pour lui-même comme pour les institutions de la Ve République et de l’Union européenne — d’un retrait imposé par la mobilisation ouvrière et jeune.
Le retrait, c’est maintenant !
Infliger au gouvernement Hollande-Valls la défaite que sa politique appelle, dans tous les domaines, c’est maintenant !

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