jeudi 10 mars 2016

Mais pourquoi donc faudrait-il «réécrire» le Code du travail ? Un article publié dans la Tribune des travailleurs du 8 mars 2016

Mais pourquoi donc faudrait-il «réécrire» le Code du travail ?

Un article publié dans la Tribune des travailleurs du 8 mars 2016

Dans un discours prononcé au sein de l’entreprise Showroom Privé, Hollande a expliqué : « L’économie change, le monde change, il faut que nous puissions nous mêmes changer. »
Après avoir salué « une grande réforme qui est le compte personnel d’activité », il a ajouté : « Rien ne serait pire que l’immobilisme (...). La France que nous voulons : que l’entreprise puisse se développer et que les salariés puissent évoluer eux-mêmes. » En clair : le capitalisme détruit le travail, aboutit à la précarité généralisée ; toutes les relations de travail tendent à être « individualisées », il faut donc changer et « évoluer » pour accompagner ce mouvement.
Le Code du travail, au lieu d’être plus que jamais une arme protectrice contre cette précarisation pour faire face à l’exploitation renforcée dans cette période de crise, doit disparaître. Et tous de renchérir sur le fait que le « statu quo » serait la pire des choses. Que cela vienne de l’Union européenne, du gouvernement aux ordres du Medef, cela est une chose normale.
Plus étrange est le bal qui s’engage aujourd’hui autour du thème : « Il faut ouvrir la discussion sur un nouveau Code du travail. » Ainsi, l’éditorial de L’Humanité (3 mars), après avoir affirmé que « personne ne réclame de statu quo, l’ambiance est plutôt à relever les manches pour porter des contre-projets », informe « qu’un collectif de juristes a livré le premier chapitre d’un Code du travail plus simple, plus court, plus protecteur, et mieux adapté à notre temps ».
La Fondation Copernic lance un appel (signé notamment par les responsables nationaux du PCF, du PG, du NPA) pour le retrait du projet de loi. Ce qui est parfaitement correct. Mais cet appel est assorti de cette précision : « Retrait du projet de loi » car il s’agit de « faire ensemble des propositions » pour « fortifier, renforcer les droits des salariés ». Et les signataires de conclure : « Nul comité de technocrates ne peut en soi, hors du monde, le (Code du travail) réécrire seul. »
Une vieille discussion 
dans le mouvement ouvrier
Mais réécrire quoi au fait ? Un nouveau « Code du travail » ? Mais c’est précisément ce que voudrait le gouvernement : faire réécrire de A à Z un nouveau texte. L’actuel Code du travail n’existerait plus.
C’est une vieille discussion dans le mouvement ouvrier : quiconque ne sait pas défendre les anciennes conquêtes n’en fera pas de nouvelles. Le Code du travail a été ébréché ? Incontestable. Tout comme la Sécu, l’école. Faut-il renoncer à les défendre ? Si la formule « conforter » le Code du travail a un sens, il faut commencer par le garder, contre ce gouvernement qui prétend mettre en chantier sa réécriture (1).
Car enfin, peut-on penser une seule seconde qu’avec ce gouvernement, dont toute la politique et chacune de ses mesures sont anti-ouvrières, il puisse y avoir une quelconque discussion pour rédiger avec lui quoi que ce soit de favorable aux salariés ?
La seule revendication ouvrière, permettant l’indépendance, est bien : « Retrait de la loi Hollande-Valls-El Khomri ! On ne touche pas au Code du travail ».
(1) S’il faut gagner de « nouveaux droits »,
 alors qu’on commence par abroger les lois Rebsamen, les lois Auroux, celles de 2008
 sur la représentativité, toutes les lois de régression sociale adoptées par les gouvernements successifs et exigées par l’Union européenne, qui ont affaibli le Code du travail.

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