jeudi 3 mars 2016

Les Nouvelles de Boissy, numéro 62 Le bulletin du comité POID de Boissy-Sucy-Limeil

Les Nouvelles de Boissy, numéro 62
Le bulletin du comité POID de Boissy-Sucy-Limeil

L'éditorial d' André Yon

Notre but : le retrait du projet de loi-travail

A Boissy, le comité pour l’unité pour la défense du Code du travail, se réunira jeudi 17 mars à Boissy, à 20h salle de la Pinède. Il regroupe des militants et des élus d’origines différentes sur l’exigence du retrait du projet de loi El Khomri. Ce but est celui de millions et de millions dans notre pays : enfin bloquer ce gouvernement !
Des centaines de milliers signent sur internet contre la réforme, les déclarations se multiplient de partout, y compris au sein du PS. Hollande-Valls jurent qu’ils défendent les intérêts des salariés en défendant ceux des entreprises.
Les salariés et les jeunes auraient les mêmes intérêts  que le gouvernement et les patrons ?
Les 3000 licenciés de Mory-Ducros (60 à Bonneuil, 120 à Limeil) et les spéculateurs d’Arcole qui ont délocalisé leur entreprise à l’Est pour bénéficier de salaires minimes ?
Les agents communaux, la population, et ceux qui, pour faire cadeau chaque année de 40 milliards aux patrons, étranglent les communes ?
Les parents d’élèves et la ministre qui ignore leurs demandes quasi unanimes (voir l'interview) d’en finir enfin avec la funeste réforme des rythmes scolaires et les incessantes fermetures de classes (3 à la rentrée prochaine : maternelle Rostand et Prévert, élémentaire Bois-Clary) ? Les enseignants et ceux qui, au nom du « service minimum d’accueil » de Sarkozy, cherchent à recruter contre eux des briseurs de grève ?
Pour le POID, il n’y a pas d’intérêts communs, mais au contraire un choc d’intérêts complètement contradictoires. Le POID se réjouit de ce que la gravité de l’offensive Hollande-Valls, applaudie par le MEDEF et la droite, toutes nuances confondues, apparaît aujourd’hui au grand jour ! Il faut la mobilisation unie, immense, qui imposera à ce gouvernement la défaite qu’appelle la démocratie. Les efforts pour compliquer les choses, pour les faire traîner, pour diviser, désorienter se multiplient. Vont-ils suffire à permettre au gouvernement de tenir ?
Pour sa part, le POID soutient de toutes ses forces le combat pour l’unité qui se fixe le but, simple et clair, du retrait du projet de loi-travail.







Les organisations de jeunes, dont l' UNEF ,les organisations régionales CGT, CGT-FO-Solidaires et FSU appellent les jeunes à manifester le 9 Mars pour le retrait du Plan Travail

Avec cette réforme le gouvernement veut donc nous précariser à vie. La succession de réformes libérales renforce le bizutage social dont nous sommes victimes, nous obligeant à enchaîner les contrats précaires, les stages et les services civiques rémunérés à la moitié du Smic.

L’ensemble de ces mesures est inacceptable et nous appelons tou.te.s les jeunes de ce pays à se mobiliser pour exiger le retrait du projet de loi Travail et des mesures immédiates pour la dignité des jeunes et des salarié.e.s :
(extrait de l' appel des jeunes )



Assemblée mensuelle du POID
Jeudi 10 Mars 20 h
Salle de la pinède
Venez nombreux
Interview d'un instituteur de Boissy

Quelles sont les mesures annoncées à Boissy-Saint-Léger ?

L’ Inspection voulait fermer 4 classes, une dans chacune des écoles suivantes : maternelle Rostand, maternelle Prévert, maternelle Savreau et élémentaire Bois-Clary.
Quelle a été la réaction des enseignants ?
Ces fermetures sont incompréhensibles. Les chiffres de l’Inspection qui justifieraient ses choix sont erronés. Par exemple, l’ Inspection a estimé qu’il y aurait 58 nouveaux élèves de petite section à la rentrée 2016 à Prévert. Or la réalité, c’est qu’ils seront 109 !
Dans toutes les écoles concernées, chaque fermeture de classe entraînerait une hausse des effectifs. Et à chaque fois, nous serions au-dessus des seuils (1) : 25,6 pour ROSTAND, 28 pour Bois-Clary et 29,4 pour Prévert.
Les collègues sont scandalisés. Avez la disparition des RASED (2), nous sommes déjà confrontés à une dégradation des conditions d’enseignement. Les prises en charge des enfants en difficulté sont de plus en plus rares. A l’école élémentaire Bois-Clary c’est simple : aucun enfant n’est aidé par le RASED. Avec une hausse des effectifs, les enseignants se demandent comment ils pourront accorder à chaque élève l’attention qu’il mérite.

Suite à cette annonce de fermetures, quelles initiatives ont été prises ?

Le Snudi-FO a immédiatement demandé à ce que les enseignants soient reçus en audience à l’Inspection. Les parents d’élèves et la mairie de Boissy-Saint-Léger étaient présents avec les enseignants ainsi que deux autres syndicats enseignants (SE-UNSA et SNUIPP).
Tous les enseignants ont combattu fermement chaque fermeture de classe. Leurs arguments ont été nombreux : maintien ou hausse du nombre d’élèves par classes, un nombre croissant d’élèves en difficulté… Les collègues ont aussi rappelé que depuis de nombreuses années leurs conditions de travail se sont dégradées. Par exemple, sur le groupe scolaire Rostand, 3 des 4 directeurs ont perdu une partie de leur décharge (3). Or ces temps de décharge étaient indispensables au bon fonctionnement de ces écoles, permettant entre autre de gérer les problèmes de comportements de certains élèves.

Les parents et la mairie se sont-ils exprimés lors de l’audience ?

Oui, les parents de Bois-Clary ont apporté une pétition contre la fermeture de la classe. Et un parent de l’école Rostand a expliqué, à juste titre, que l’école « c’est tout ce que nous avons dans nos quartier ». De son côté, la mairie a rappelé la réalité des chiffres et indiqué que la hausse des effectifs était une tendance à venir avec la construction de nouveaux logements sur la ville. Le Maire a rappelé que la ville avait investi dans la construction d’une nouvelle école Savreau et comprenait d’autant moins les mesures annoncées.

Aujourd’hui, qu’a décidé l’administration ?

Excepté pour la classe de la maternelle Savreau, les fermetures de classe sont maintenues. Pour les collègues, cette obstination est incroyable, tout particulièrement pour la maternelle Prévert. L’administration indique depuis quelques années que les seuils ne s’imposent plus, que ce ne sont que des « indicateurs ». Mais c’est la première fois que je vois qu’ils sont dépassés à ce point.
Nous n’en resterons pas là. Ces 4 fermetures s’inscrivent dans une démarche de réduction des coûts au détriment des enseignants et des élèves. A la rentrée prochaine, 107 classes sont menacées de fermeture dans le 94. Aucun départ en formation pour le RASED n’est programmé. Nous demanderons à être reçus lors du prochain CDEN (4). Aucune classe ne doit fermer, c’est une évidence. Nous serons en grève le jour de la tenue du CDEN.
Les organisations syndicales appellent à un rassemblement Mardi 8Mars


A Propos de grève, peux-tu nous expliquer la démarche de la mairie de Boissy à propos du Service Minimum d’Accueil ?

Autant le Maire a bien défendu les écoles lors de l’audience autant son souhait de faire appel à des parents « volontaires » pour accueillir les enfants dans les écoles les jours de grèves n’est pas acceptable.

Pourquoi ?

En premier lieu, il s’agit d’une remise en cause du droit de grève au moment même où les enseignants sont amenés à défendre leurs conditions de travail. De plus, cela soulève de nombreuses questions de sécurité pour nos élèves. Qui seront ces parents qui prendront en charge nos élèves en notre absence ? Dans quelles conditions ? Dans un courrier datant de 2009, la Maire avait, à raison, rappelé que prendre en charge un groupe d’élèves était bien différent que de s’occuper de ses enfants. C’est toujours le cas aujourd’hui. A l’époque, il avait aussi attiré l’attention sur les risques pénaux auxquels s’exposaient les parents volontaires en cas de problème.
Le SUDI-FO a demandé à être reçu par la mairie à ce sujet.

Tu nous expliquais que les fermetures de classes à Boissy s’inscrivaient dans une logique de réduction des coûts et de remise en cause du statut de fonctionnaire d’État des enseignants. Le 10 Février 250 enseignants et personnels communaux étaient réunis en Assemblée des délégués d’école. Etais-tu présent ?

Oui bien sûr. A cette occasion, j’ai pu me rendre compte que ce qui se passe à Boissy se retrouve dans tout le département. Qu’il s’agisse de la réforme de rythmes scolaires qui remet en cause le caractère national de l’Éducation au profit de « projets éducatifs locaux », de la fermeture de classe, de la remise en cause des décharges des directeurs ou de leurs indemnités de cantine, tout est relié à la politique du gouvernement. Et ce qui se passe dans le primaire, nous le retrouvons aussi dans le secondaire avec la réforme des collèges. D’une manière générale, tous les enseignants et l’ensemble des salariés subissent des attaques sans précédent.
La réforme des rythmes scolaires est au centre de la remise en cause de notre statut. Ce jour, là ,les instituteurs et les syndicalistes présents avons posé la question de la grève. Ce qui est intéressant, c’est que de nombreux collègues ont indiqué qu’ils en avaient assez des grèves d’une journée. Ils ont raison, la question de la grève jusqu’au retrait de la réforme a été clairement posée.


















  1. En Zone d’Éducation Prioritaire, ils sont de 23,5 élèves par classe pour l’élémentaire, 25 pour la maternelle. En zone « banale », ces seuils montent à 27 élèves par classe pour l’élémentaire et 30 pour la maternelle.
  2. Réseau d’Aide Spécialisé pour les Enfants en Difficulté, constitué par des enseignants spécialisés.
  3. Un directeur peut avoir une « décharge » qui est un temps pendant lequel il n’est pas en classe.
  4. Conseil Départemental de l’Éducation Nationale, réunissant le préfet, l’Inspectrice d’Académie et les élus du Val-de-Marne.

Guadeloupe A la veille du procès contre le militant de l’UGTG Jocelyn Leborgne





Répondons à l' appel à multiplier «les motions, les télégrammes ou messages exigeant du gouvernement français l’arrêt immédiat du procès contre le militant ouvrier Jocelyn Leborgne, l’arrêt de toutes les mesures d’intimidation contre les militants syndicaux.»


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