mercredi 30 mars 2016

Editorial de la Tribune des travailleurs Le mandat du 31 mars

Editorial de la Tribune des travailleurs
Le mandat du 31 mars
Quarante-huit heures avant le 31 mars, il est difficile d’en prévoir avec exactitude l’ampleur et le déroulement. Ce qui est sûr, c’est que la grève de masse unira travailleurs et jeunes sur une exigence : retrait du projet Hollande-Valls-El Khomri !
La classe ouvrière se rassemble sur son terrain de classe : la grève. La revendication de retrait du projet El Khomri concentre toutes les autres : l’abrogation du pacte de responsabilité avec ses milliards pour les patrons et de toutes les contre-réformes (collège, rythmes scolaires, territoriales, Touraine, etc.), l’arrêt des plans de licenciements…
La classe ouvrière se rassemble sur son terrain de classe : la grève pour défaire ce gouvernement soumis à l’Union européenne et à la classe capitaliste dont il prétend imposer les exigences par les moyens arbitraires de la Ve République.
Certes, l’appel à cette journée du 31 mars n’a pas été lancé sans contradictions (1).
Le fait est là : les directions des organisations syndicales CGT, CGT-FO, Solidaires et FSU ont pris la responsabilité de la grève interprofessionnelle de vingt-quatre heures, dans l’unité, pour le retrait.
La puissance du mouvement pose la question : et maintenant ?
Le gouvernement, c’est une évidence, mise sur l’essoufflement. Plus précisément : il mise sur l’essoufflement organisé. Il sait qu’à « gauche », et même à la gauche de la gauche, on se dispose à l’y aider. L’Humanité, en cette veille de 31 mars, milite pour la réécriture de la réforme et prédit que le 31 sera « le point le plus fort de la mobilisation ». Et après, quoi… ?
Devant les organisations qui ont pris la responsabilité de convoquer le 31, deux voies sont ouvertes.
Ou bien la dislocation du mouvement. Une fois passé « le point le plus fort », certains responsables annoncent d’autres dates : le 5 avril, le 9 avril, des manifestations-processions, le samedi, le dimanche. Sur quoi pourrait déboucher un tel scénario ? S’agirait-il de sauver le projet de loi, en tout ou en partie ? Au-delà, s’agirait-il de sauver à tout prix le gouvernement Hollande-Valls ?
Ou bien… Une autre voie s’offre au mouvement ouvrier : le respect du mandat du 31 mars. Le mandat du 31 mars, c’est la classe ouvrière rassemblée sur son terrain de classe, la grève avec ses organisations sur un objectif : le retrait.
Rien ne peut, rien ne doit détourner de ce mandat : ni la raison d’Etat ni la protection d’un parti ou du gouvernement.
Une fois de plus, au cœur de la situation : l’indépendance des organisations ouvrières. Celle-ci se mesurera à leur volonté de se conformer au mandat du 31 mars, celui de la grève pour le retrait, de la grève jusqu’au retrait. Et rien d’autre.
(1) Sur le choix de la date, tardive, alors que la jeunesse se mobilisait et que les travailleurs cherchaient à se joindre à elle ; sur le soutien apporté à la mise en place du CPA, « mesure phare » de la réforme selon le gouvernement ; sur les propositions de réécriture de la réforme, accréditant l’idée que le Code du travail serait dépassé.

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