jeudi 3 mars 2016

Boissy • Comité pour l’unité pour défendre le Code du travail pour le retrait du projet de loi El Khomri

Boissy • Comité pour l’unité pour défendre le Code du travail
pour le retrait du projet de loi El Khomri

ABBAD Alain, syndicaliste, POID ; BARDOU Gérard, retraité ; Barthes Michel, syndicaliste ; BENNOUKH Miloud, syndicaliste ; BESSA Madjide, commissaire paritaire ; CERVEAUX Brigit, syndicaliste ; CHASTEL Sarah, syndicaliste ; Crespo José, POID ; Lucien DELYON, hospitalier retraité, POID ; FLOURY Catherine, chargée d’études en protection sociale ; Farault Dolorès, PCF ; Farault François, PCF ; GEORGES Nicolas, conseiller municipal, Grondin Michel, PCF ; LARGER Christian, conseiller municipal ; Le Dour Martine, PCF ; LEFEVRE Thérèse, conseillère municipale ; LEFEVRE Philippe, PCF ; MOREAU Jeanine, syndicaliste ; MUTEL Jean-Pierre, ajusteur-monteur ; SOUSSI Driss, syndicaliste IGN ; Ternet Katherine, POID ; Vinnac Bruno,PCF ; YON André, POID ; Yon Béatrice, POID ; ZATAR Mansoura, intervenante sociale…

Une réunion s’est tenue vendredi 12 février 2016 à Boissy.

L’offensive contre le Code du travail par le gouvernement Hollande-Valls vise, au compte du MEDEF et dans le cadre des directives européennes, à baisser brutalement le coût du travail. Laisser passer le projet de loi El Khomri aboutirait à un recul historique du droit social dans ce pays.
Pour nous, il y a urgence. Nous nous fixons d’aider à la mobilisation unie qui seule pourra bloquer le gouvernement.

Tous unis pour dire :
Le projet de loi El Khomri
doit être retiré !
Que les organisations qui parlent au nom
des travailleurs fassent front commun !
Ne touchez pas au Code du travail !”

Introduction à la discussion :

• Le rapport Badinter sur lequel s’appuie le gouvernement, c’est 61 « principes essentiels », en réalité très vagues. Le Code du travail, ce sont 10 628 articles précis résultant de décennies de conquêtes sociales.

• Pour le gouvernement, simplifier le Code du travail, c’est le vider de tout contenu. Un exemple ? L’article 17 de Badinter stipule : « La grossesse et la maternité ne peuvent entraîner des mesures spécifiques autres que celles requises par l’état de la femme. La salariée a droit à un congé pendant la période précédant et suivant l’accouchement ». Le Code du travail, lui, envisage dans le détail toutes les situations de la femme enceinte et la défend de façon précise à travers pas moins de 90 articles !

• Les jeux sur les mots sont quelquefois lourds de signification. Par exemple, les mots « employabilité » et « droit à un emploi ». Le libéralisme économique et la supposée libéralisation du marché du travail sont des détournements honteux. Parce que la liberté ne se conçoit que dans le respect du collectif alors que le libéralisme ne s’entend que dans l’accroissement des inégalités et la destruction des intérêts collectifs. Intérêts collectifs que certains nomment aujourd’hui les biens communs. Et pour une fois, le vocabulaire retrouve du sens. Le Code du Travail fait partie de ces biens communs que nous entendons défendre.

• Les services de l’inspection du travail sont de plus en plus sollicités alors que leurs moyens (effectifs et missions) se réduisent. Il y a au sein de l’inspection du travail un mouvement de contestation du projet Macron sur la réécriture du Code du Travail. Les inspecteurs du travail ne sont pas tous aux ordres. Ils défendent le droit des salariés face aux abus, détournements ou contournements des droits des salariés inscrits dans le Code. Il faut entrer en contact avec eux.
Les intervenants, dont plusieurs syndicalistes de l’Education nationale, ont ensuite souligné les aspects suivants :

• MB, enseignant en lycée, syndicaliste : Attaquer le Code du travail conduit forcément à menacer la formation professionnelle. Les diplômes nationaux sont à la base des conventions collectives et des statuts. Casser le cadre national de l’école, c’est rendre difficile la situation du salarié, en particulier jeune, cherchant un contrat de travail. Si la « qualification » qu’il a acquise n’est plus reconnue nationalement, c’est l’employeur qui évaluera arbitrairement ses « compétences » : on passe d’un droit à une dépendance.

• MB : Le secteur public n’est pas épargné. Comment des syndicats peuvent-ils soutenir le protocole PPCR (Parcours professionnels, carrières et rémunérations) du gouvernement ?!! La destruction du système actuel des promotions va occasionner des baisses de salaires considérables. Un fonctionnaire qui fait sa carrière sans bonification, met, par exemple, 30 ans, au lieu de 20, à atteindre le dernier échelon, perd beaucoup, d’argent : 40 000 euros pour un agent territorial catégorie C, un éboueur, 89 000 pour un de la catégorie A, un professeur par exemple. Ou bien on est avec nous, ou bien on est contre nous, c’est clair !

• AA, technicien PME : Je suis représentant syndical du personnel dans une PME. Le patron cherche à me licencier par tous les moyens depuis plus d’un an. Je suis qualifié et très expérimenté mais, tel que vous me voyez, je ne touche plus qu’un balai désormais. Toutefois, avec mon syndicat, on a fait venir l’inspecteur du travail dans l’entreprise. Il a pu dresser un procès-verbal, relever les irrégularités et exiger qu’elles soient corrigées sous peine d’amendes ou même de prison pour l’employeur ! Sans le Code du travail, je serais au chômage, c’est certain…

• EC, professeur des écoles, syndicaliste : Je reviens sur PPCR. Son premier objectif est de torpiller notre statut. Le texte commence ainsi : « Le statut doit s’adapter pour permettre la mobilité des agents ». Il s’agit donc, pour le gouvernement, de se donner les moyens de ne plus respecter les statuts. Il est là, le lien avec la « refondation » du Code du travail ! Il va encore plus loin en prétendant imposer aux enseignants de suivre les activités péri-scolaires sous la coupe des mairies. Doublement inacceptable ! J’ai quitté le syndicat où je militais depuis longtemps précisément pour son refus de combattre une telle dérive.

• EC : 250 délégués de 134 écoles de 34 communes du Val-de-Marne, enseignants et territoriaux, avec FO, CGT et SUD, ont fait mercredi dernier 10 février, quelque-chose de très important. Ils ont dit : « On n’est pas là pour pleurnicher ! Ça suffit, on ne peut plus travailler ! Formons un comité pour préparer, dans l’unité, une grève capable, enfin, de gagner, une grève qui ait du poids ! »

• MB : La territorialisation de l’école, c’est le modèle anglo-saxon : des enseignants sous la coupe des élus politiques, des établissements avec des budgets et des programmes différents et, à l’arrivée, des diplômes dévalorisés pour des jeunes voués à la précarité ! 3 fermetures de classe à Boissy en septembre prochain, insupportable ! Alors qu’à Prévert au moins, il faudrait au contraire une ouverture !

• LD, hospitalier retraité : Dans les hôpitaux, la volonté de toujours faire davantage d’économies, avec suppressions de postes et de filières, va dans le même sens catastrophique.
• VP, professeur de collège, syndicaliste : Après la grève du 26 janvier qui n’a débouché encore une fois sur rien, j’étais déboussolée, découragée. Là, je vois qu’il est possible de faire autrement. Oui, il faut empêcher ça ! C’est ce que veulent- les collègues partout. C’est important de mener ce combat nationalement. Cela me redonne envie de me battre.

• JPM, ouvrier, délégué : L’allègement du Code du travail pose la question de l’avenir même des Prud’hommes. Sous prétexte d’une place beaucoup plus grande donnée à la jurisprudence, va s’ouvrir un marché juteux pour les rapaces des longues procédures judiciaires. L’intérêt des salariés risque de ne pas être à l’arrivée. Ceux qui disent que le Code du travail est difficile à lire font semblant d’ignorer que les précisions ont été apportées au fur et à mesure. La complication est plutôt signe d’une meilleure protection pour nous.

• SC, professeur de collège, syndicaliste : Sans perspectives, on se retrouve dressés les uns contre les autres. Par exemple, dans mon collège, on ne veut pas de la réforme mais, si la ministre n’est pas contrainte de reculer, ça devient « la foire à la saucisse » ! Chacun pour soi ! Non, c’est impossible, il faut l’unité pour gagner ! Plus on découvre la réalité destructrice du projet Hollande-Valls-Macron-El Khomri, plus s’impose la certitude : impossible de ne pas opposer au gouvernement le front uni de tous les travailleurs et de leurs organisations !

DECISIONS prises à la fin de la discussion :

1 - constituer un comité local et inviter à le rejoindre,

2 - envoyer une délégation le 19 mars à la conférence nationale des comités pour l’unité convoquée à Paris pour coordonner cette bataille,

3 - organiser une nouvelle réunion à Boissy jeudi 17 mars à 20h, salle de la Pinède.


Alors, on pleure ou quoi…

« L’action d’aujourd’hui est nécessaire mais pas suffisante. Il faut qu’on arrête de laisser croire que les syndicalistes sont des bandits, et que le peuple français accepte ce qui se passe. On ne va pas pouvoir continuer longtemps comme ça à se réunir de temps en temps, à s’éparpiller : les taxis, les profs, les agriculteurs, les Goodyear, Air-France, après-demain les Valeo, les inspecteurs du travail. C’est ensemble qu’on va arriver à faire changer les choses. … Il faut y aller, se retrouver, tout le monde, même heure, même endroit, même jour, même cause, et le temps qu’il faudra, jusqu’à ce qu’on les fasse céder. Il faut travailler à cette unité…. Alors on pleure ou quoi ? … Arrêtons de reculer. Faisons plier ce gouvernement. »

Mickaël Wamen, secrétaire CGT de Goodyear Amiens, l’un des 8 condamnés à 9 mois de prison ferme.



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