mercredi 17 février 2016

Rompre ou ne pas rompre : telle est la question L'éditorial par Daniel Gluckstein - la Tribune des travailleurs du 9 février 2016

Rompre ou ne pas rompre : telle est la question

L'éditorial par Daniel Gluckstein - la Tribune des travailleurs du 9 février 2016

Bruxelles, 2 février : la Commission européenne refuse de valider le budget proposé par le gouvernement portugais PSPC-Bloc de gauche-Verts. Ce budget, pourtant, respecte strictement le pacte de stabilité et de croissance de l’Union européenne. Mais c’est une décision politique qui est prise à Bruxelles : décision d’accentuer la pression sur le gouvernement portugais pour qu’il s’engage à plus de coupes et plus d’attaques contre les travailleurs. Faute de quoi, le budget sera rejeté, les agences de notation baisseront la note du Portugal, la BCE ne rachètera plus la dette portugaise dont le financement coûtera de plus en plus cher… C’est le chantage classique qui prépare l’étranglement auquel se condamne tout gouvernement qui, au Portugal comme en Grèce, refuse de remettre en cause les diktats de l’Union européenne et de la BCE. Paris, 3 février, salle La Bellevilloise : les « frondeurs » du PS, les dirigeants des Verts et le porte-parole du Parti communiste discutent gravement de la perspective d’une « primaire » à gauche. Tous souhaitent que Hollande y participe. Bref : surtout ne pas rompre avec ce gouvernement au service de la classe capitaliste. Paris, 4 février, place de la Nation : des milliers de syndicalistes, de travailleurs, de chômeurs, de jeunes écoutent Mickaël Wamen, syndicaliste de Goodyear, expliquer comment le gouvernement a exigé que les syndicalistes soient jetés en prison tandis que les patrons réalisaient des milliards d’euros de profit. Il martèle : il faut en finir avec les rassemblements éparpillés, il faut un appel national de l’organisation syndicale à toutes les catégories, « tous au même lieu, à la même heure », avec les enseignants, les chauffeurs de taxi, les jeunes, les privés d’emploi. Il est interrompu par les applaudissements lorsqu’il affirme : « On ne peut pas continuer à faire croire que le peuple accepte. On est dans une situation nouvelle : ou on se rassemble à des millions et des millions sans attendre, ou on se laisse écrabouiller. »
Il interpelle le secrétaire général de la CGT, présent au rassemblement : « On pleure, ou quoi ? Il y en a ras le bol. Arrêtons de reculer. Faisons plier ce gouvernement et ceux qui l’accompagnent. » Notre correspondante rapporte : « Ce qui m’a frappée, c’est l’acharnement à convaincre les milliers de présents, et Martinez lui-même, l’acharnement à dire que le peuple est prêt à répondre à un appel en masse lancé par les dirigeants des organisations » (lire pages 3 et 4). A ne pas rompre avec le gouvernement, le mouvement ouvrier ne peut être conduit qu’à accompagner sa politique destructrice qui « écrabouille » la classe ouvrière et démantèle la démocratie. Son rôle, sa place, sa responsabilité se concentrent au contraire dans sa capacité à rompre avec le gouvernement Hollande, agent de l’Union européenne et du capital financier. Rompre avec le gouvernement et rassembler les forces, par millions et millions, sans attendre, pour mettre un terme à sa politique : c’est l’urgence !

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