dimanche 7 février 2016

« Ça tiendra bien jusqu’en 2017 »vraiment ? L'éditorial par Daniel Gluckstein - la Tribune des travailleurs du 26 janvier 2016

« Ça tiendra bien jusqu’en 2017 »vraiment ?

L'éditorial par Daniel Gluckstein - la Tribune des travailleurs du 26 janvier 2016

Voici revenu le temps de la politique politicienne. Rien ne serait plus important que de savoir qui sera candidat en 2017, s’il y aura des primaires ou non, etc. Certains « stratèges » recommandent même de soutenir une aile du PS contre une autre : contre les méchants Valls et Macron, il faudrait considérer avec bienveillance Cambadélis, Aubry, Bianco, voire… Hollande lui même.
Enfumage que tout cela. Sous la Ve République, le président est la clé de voûte des institutions. C’est lui qui décide. C’est lui qui s’apprête à faire voter la prolongation de l’état d’urgence et la réforme constitutionnelle. C’est lui qui prend la responsabilité personnelle de chacune des mesures de démantèlement du Code du travail qui constituent le projet de loi annoncé pour le 9 mars. Il suffit de lire (pages 4 et 5) son discours-programme pour le comprendre (1).
Pour repousser l’attaque la plus dévastatrice depuis soixante-quinze ans contre ses droits, la classe ouvrière n’a d’autre choix que de se mobiliser, sur son propre terrain, pour combattre le gouvernement Hollande-Valls et le défaire.
Dans un livre récent, deux journalistes révèlent cette phrase répétée à l’envi par Hollande : « ça tiendra bien jusqu’en 2017. » Qu’est-ce qui tiendra bien jusqu’en 2017 ? Le gouvernement Hollande-Valls, convaincu de garder les mains libres pour aller le plus loin possible dans la destruction des droits de la classe ouvrière et de la démocratie ?
Tous les présidents de la Ve République ont tenté d’imposer des contre-réformes anti-ouvrières et antidémocratiques, provoquant la mobilisation dans la grève et dans la rue de millions de travailleurs et de jeunes, unis avec les organisations.
Certes, à l’exception du CPE, ces mobilisations ne sont pas parvenues à arracher le retrait des plans. Mais elles les ont freinés. C’est ce qui amène le FMI et l’Union européenne à regretter que les « réformes structurelles » ne soient pas menées à leur terme.
Hollande parviendra-t-il à achever un quinquennat — pourtant le plus destructeur des droits ouvriers que la Ve République ait connu — sans que les organisations ouvrières en appellent à la mobilisation générale, dans la lutte de classe, pour l’en empêcher ?
C’est la question posée par des travailleurs et militants de toutes tendances qui, depuis Chalon-sur-Saône, proposent la tenue d’une conférence nationale des comités pour l’unité pour la défense du Code du travail : « Est-il possible que les dirigeants des organisations ne se rassemblent pas dans un front unique sans faille pour dire au gouvernement Hollande-Valls : cela suffit ! Stop ! Votre projet doit être retiré ? Est-il pensable que les organisations n’organisent pas la mobilisation de masse à la hauteur de l’enjeu pour bloquer le gouvernement et le contraindre au recul ? »
(1) Quant à la « gauche » du Parti socialiste… Le 24 janvier, Anne Hidalgo a déclaré, à propos des 35 heures : « Cette loi a énormément de champs de souplesse qui ne sont pas utilisés ! On peut justement y déroger en cas de difficultés économiques de l’entreprise, on peut déroger dans des tas de situation par le dialogue social. »

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