mardi 26 janvier 2016

Qui gouverne ? L'éditorial par Daniel Gluckstein - la Tribune des travailleurs du 19 janvier 2016

Qui gouverne ?

L'éditorial par Daniel Gluckstein - la Tribune des travailleurs du 19 janvier 2016

Selon un sondage publié avant le 18 janvier, trois personnes interrogées sur quatre refusent d’accorder le moindre crédit au plan « sur l’emploi » annoncé par Hollande ce jour-là. Et pour cause… Avant même le discours du président, on nous annonce qu’il s’agit de prolonger le pacte de responsabilité pour « abaisser le coût du travail ».
Parlons-en du pacte de responsabilité : 24 milliards d’euros offerts aux patrons en 2015, 33 milliards en 2016, pour monter à 41 milliards en 2017. Quant aux emplois qui devaient être créés en contrepartie : aucun des partisans du gouvernement n’est capable de fournir un quelconque chiffre.
Il faut dire les choses clairement : ce gouvernement n’est pas et ne sera jamais le gouvernement de l’emploi, pas plus qu’il n’est le gouvernement des travailleurs.
Derrière Hollande, qui gouverne ? Les patrons qui empochent sans embaucher et les banques et multinationales renflouées à coups de milliers de milliards d’euros alimentés par les plans d’austérité. Qui gouverne ? La Banque centrale européenne, l’Union européenne, dont les directives imposent déréglementation et destruction du Code du travail, et le Fonds monétaire international, en un mot : les capitalistes, les banquiers et les exploiteurs.
41 milliards d’euros par an… Un gouvernement guidé par la défense des intérêts des travailleurs les affecterait à la création d’un million d’emplois (1), Ô combien nécessaires dans les écoles, les hôpitaux, la Poste, l’ensemble des services publics. Un million d’emplois publics, autant de chômeurs en moins, autant de consommation en plus…
Il est vrai que, pour agir en ce sens, un tel gouvernement ne devrait pas hésiter à s’engager sur la voie de la rupture avec l’Union européenne et la classe capitaliste. Sur ce plan, il n’y a rien à attendre de Hollande et de ses alliés. Seule la mobilisation de millions de travailleurs et de jeunes sera à même d’imposer un tel gouvernement. De manière immédiate, ce gouvernement Hollande-Valls est un gouvernement anti-ouvrier qui fait condamner à la prison ferme huit salariés de Goodyear. Après quoi, il ose convoquer un « séminaire » gouvernement-patronat-syndicats-Pôle emploi pour mettre en application les mesures annoncées par Hollande.
Arrogance ? Cynisme ?
A l’heure où les militants de Goodyear sont menacés de prison, la logique voudrait que les organisations syndicales qui, à juste titre, dénoncent cette condamnation refusent de se prêter à la mise en scène de la « conférence sociale bis » d’après-18 janvier. De toute part monte l’exigence de la mobilisation en masse pour imposer la relaxe des huit de Goodyear. Une exigence qui converge, vers et contre le gouvernement, avec celle de la levée de l’état d’urgence, et la campagne pour la préservation du Code du travail. A la place qui est la leur, les militants du POID agissent et agiront pour aider à faire prévaloir l’unité sur ces objectifs.
(1) Un million d’emplois publics (cotisations sociales incluses, dans le respect des règles statutaires), cela représente une dépense d’environ 40 milliards d’euros par an.

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