vendredi 20 novembre 2015

La totalité des députés PCF votent la loi de prolongation de l’état d’urgence, le Parti de gauche appelle à voter contre et les syndicats de journalistes et d'avocats s'inquiètent

Vu dans la presse


 La totalité des députés PCF votent la loi de prolongation de l’état d’urgence

à l’appel de Chassaigne, leur responsable de groupe, qui avait déclaré la veille ne pas être prêt « à inscrire dans le marbre des éléments qui, demain, pourraient créer un régime d’exception« .




le Parti de gauche appelle à voter contre la prolongation de trois mois de l’Etat d’urgence.
Nous pouvions très bien comprendre l’établissement de l’état d’urgence pour quelques jours afin de faire face le plus vite possible aux attaques en cours. Mais ce que François Hollande et Manuel Valls nous proposent aujourd’hui c’est une dérive toujours plus autoritaire de la 5ème République. Un état d’exception permanent puisqu’au vote de cette loi devra succéder une modification constitutionnelle allant dans le même sens.
Le Parlement est en effet sommé d’entériner à la va-vite non seulement le prolongement de l’état d’urgence de 3 mois, ce qui affaiblit déjà le contrôle judiciaire et limite les libertés publiques et politiques de rassemblement, mais aussi de nombreuses modifications de la loi de 1955 qui l’encadre.
Ce ne sont pas seulement les menaces terroristes qui sont concernées mais celles qui peuvent porter atteinte à la sécurité et à l’ordre public, une notion plus large et très floue, qui laisse le champ libre aux interprétations et aux dérives.
Des syndicats de journalistes mettent en garde contre les atteintes à la liberté d’expression et à la liberté de la presse que pourrait entraîner la prolongation de l’état d’urgence.
Le Syndicat des avocats de France, avait déjà alerté  que « porter atteinte aux libertés pour lutter contre le terrorisme, c'était précisément faire le jeu des terroristes ».
C’est ce que rappelle aujourd’hui le syndicat des journalistes SNJ-CGT qui craint plus que jamais que la liberté d’expression des journalistes soit entravée par la mise en place pour une longue période ( 3 mois à partir du 26 novembre ) des mesures prévues par l’état d’urgence, ajoutant que « la loi sur le renseignement, votée cet été, était déjà un nouveau pas dans la surveillance généralisée des citoyens et des journalistes. »
Une crainte partagée par le Syndicat National des Journalistes ( SNJ ) pour qui « le légitime souci de sécurité ne doit pas justifier des mesures inutiles et dangereuses pour le citoyen et la démocratie, notamment en matière de
liberté d’expression et d’information ».
Et le SNJ de pointer déjà « le zèle de certains représentants des autorités ces derniers jours  ( qui ) laisse déjà entrevoir la multiplication de dérapages et d’initiatives malencontreuses, conduisant à restreindre la liberté d’informer, au prétexte de l’état d’urgence. « Parmi ces dérapages constaté par des journalistes sur le terrain, le syndicatdénonçe par exemple le refus d’une préfecture de communiquer des informations sans rapport avec les événements, une interdiction totalement injustifiée de filmer des commerces, assortie du contrôle des papiers des professionnels, et dans de nombreux départements, lundi, des directives très strictes des rectorats, interdisant l’accès des médias aux établissements scolaires au moment de la minute de silence.
Cette mise en garde contre les dangers pour les libertés publiques est parue dans l'humanité au lendemain du vote par la totalité du groupe PCF de la prolongation de l'état d'urgence.Comprenne qui pourra !

Aucun commentaire: