jeudi 19 novembre 2015

La loi de Santé : un passage en force dès le 24 novembre après deux reports

La loi de Santé : un passage en force dès le 24 novembre après deux reports


L'annonce officielle du nouveau report à jeudi prochain de l'examen définitif du projet de loi de santé par les députés, et non d'un moratoire comme le demande les syndicats médicaux et paramédicaux est mal vécu par les professionnels de santé libéraux qui ont immédiatement interrompu le mouvement de grève de vendredi dernier dès l'annonce des attentats sur Paris. 
Alors que les professionnels de santé libéraux qui s'opposent à la loi de Santé ont interrompu - au regard des attentats - leurs grèves, manifestations et autres blocages sanitaires, le calendrier parlementaire, lui, ne change pas. La loi de Santé sera bien discutée cette semaine à l'Assemblée Nationale. Les syndicats s'insurgent et en appellent au président de la République.

Alors que le droit de manifester est maintenant suspendu, le MPST perçoit l'examen du projet de loi de santé durant la période de deuil national en vue de son adoption, comme un "déni de démocratie". Pour le mouvement explique qu'il n'y a par ailleurs "aucune urgence à adopter ce texte".

"Un moratoire reportant le vote de la loi après la Conférence nationale de santé souhaitée par le premier ministre permettrait l'instauration de la concertation qui a fait défaut jusqu'à maintenant pour l'élaboration de ce texte et le retour de la confiance avec les professionnels de santé" explique le Mouvement.







Une provocation selon les libéraux


"La priorité du gouvernement est de voter en urgence cette loi, profitant de l'arrêt spontané de la grève par des professionnel de santé responsables et de leur silence imposé par l'état d'urgence. (...) La décence et l'état d'urgence leur interdisent de manifester mais l'Etat maintient le calendrier parlementaire en plein deuil national", s'insurge le mouvement d'infirmiers libéraux "La Grève, c'est maintenant".
Pour le Dr Eric Henry, le président du SML et du Mouvement pour la santé de tous. "Ce n'est pas très loyal. Alors que nous avons été corrects en annulant immédiatement les manifestations prévues, le gouvernement profite de l'état d'urgence, et de la tenue prochaine de la COP 21, pour passer sa loi comme un rouleau compresseur", lâche-t-il en reconnaissant que la profession est "enfermée entre une attitude éthique et médicale, le refus de choquer les gens et tous les interdits liés à l'état d'urgence".
Parmi les indignés, on compte également le Dr Jean-Paul Hamon, le président de la FMF. "Un report de deux jours, c'est une provocation. Lors de la grève du 13 novembre, 80 % des cabinets et les deux tiers des cliniques ont fermé. Et les médecins ont immédiatement interrompu le mouvement pour se rendre disponibles. On ne peut accepter cela !"
Selon le président de la FMF, les médecins sont prêts à recommencer. "Profiter de la situation pour passer la loi quand même, c'est une provocation. Si elle est votée, Marisol Touraine sera responsable de la rupture totale entre les professions de santé et le gouvernement", prédit-il.



"Nous, opposants au projet de loi santé, nous nous trouvons actuellement privés de tous moyens d'expression (...) le droit de manifester" étant suspendu, ont-ils expliqué dans une lettre ouverte au président. "Nous (...) vous demandons donc solennellement un report de la discussion consacrée à la deuxième lecture du projet de loi (...) après la Conférence nationale de santé souhaitée par le Premier ministre" en février. 
L'intersyndicale de l'AP-HP maintient son exigence de retrait du Plan Hirsch et dans une situation où la mobilisation des personnels est rendue impossible exige un moratoire sur le plan de réorganisation de l'AP-HP

Communiqué de presse des organisations syndicales de l'AP-HP





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