mercredi 25 juin 2014

 Un cap a été franchi


L’EDITO d’INFORMATIONS OUVRIERES
par Daniel Gluckstein,
Secrétaire national du POI.
Avec la grève massive des cheminots, unis avec leurs syndicats, un cap a été franchi. Les assemblées générales quotidiennes votant la reconduction de la grève pour obtenir le retrait de la réforme ferroviaire ont montré la puissance d’un mouvement qui concerne toute la classe ouvrière.
Cette grève s’est heurtée aux syndicats jaunes (CFDT et UNSA) appuyant le gouvernement. Elle s’est directement confrontée à la politique anti-ouvrière d’un gouvernement prétendument de « gauche »qui veut imposer le démantèlement jusqu’au bout du service public nationalisé des chemins de fer. Ce qui n’empêche pas Valls de s’apitoyer sur lui-même, disant sa crainte « que la gauche ne disparaisse ». Au même moment, le rapporteur PS du budget, Valérie Rabault, annonce que 250 000 emplois devraient être détruits en conséquence du pacte de responsabilité. « La gauche » ? Même si le terme a été galvaudé, même s’il a toujours recouvert les plus grandes ambiguïtés, il était généralement admis que « la gauche » avait un rapport, même lointain, avec les intérêts ouvriers, tandis que la droite était supposée représenter les intérêts patronaux. Où en sommes-nous rendus ? Éclatement de l’école et de la République, destruction du service public, liquidation des emplois (démantèlement d’Alstom et autres entreprises) : le PS organise lui-même sa disparition comme parti (1).
Un fait demeure : jour après jour, les AG ont reconduit la grève, suscitant un immense mouvement de solidarité ouvrière qui s’est traduit dans les motions portées aux AG de grévistes. Dans tous les secteurs, les travailleurs ont perçu ce mouvement comme l’expression, sur un terrain particulier, de l’aspiration de tous à bloquer les plans destructeurs du gouvernement au service de l’Union européenne. Il est évident que si les initiatives interprofessionnelles prises au plan régional avaient été relayées au plan national par les confédérations appelant à un mouvement d’ensemble, cette grève des cheminots aurait brisé son isolement.
Pour faire refluer le mouvement, il faudra la montée en première ligne du député PCF Chassaigne et de son amendement mystificateur prétendant, contre toute évidence, rétablir l’unité de l’EPIC SNCF alors même qu’il en aggrave l’éclatement et institue le « licencieur unique » (lire page 2).
Il reste qu’après la SNCF, la SNCM entre en grève, ainsi que les contrôleurs aériens et d’autres secteurs encore. Il reste que par leurs assemblées générales, reconduisant la grève, par leur fermeté sur le mot d’ordre de retrait, par leur aptitude à exercer le contrôle sur leur propre lutte de classe, les cheminots en grève ont dessiné les développements à venir de la lutte de classe dans la prochaine période.
Elle indique que dans la situation de marasme et de dislocation imposée par le gouvernement au service de la classe capitaliste et de l’Union européenne, une issue peut s’ouvrir. Une issue va s’ouvrir. C’est sur le terrain de la lutte de classe que l’affaire se dénouera.
(1) A Valenciennes, dans l’élection partielle qui s’est tenue dimanche dernier, le Parti socialiste, pourtant au pouvoir, a recueilli moins de 2 % des électeurs inscrits.

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