mercredi 29 janvier 2014

Mettre en échec le “pacte de responsabilité”


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L’EDITO d’INFORMATIONS OUVRIERES
par 
Daniel Gluckstein,Secrétaire national du POI.




Un « marché de dupes » auquel il « ne croit pas » : ainsi s’exprime Jean-Claude Mailly (CGT-Force ouvrière) sur le « pacte de responsabilité » après sa rencontre avec Ayrault, le 27 janvier. Un « pacte entre François Hollande et Pierre Gattaz » dans lequel « nous ne rentrerons pas » : la réaction de Thierry Lepaon (CGT) va dans le même sens.

Pour ces deux confédérations issues historiquement de la vieille CGT, impossible de cautionner le plan Gattaz-Hollande de détournement de 36 milliards d’euros de cotisations familiales vers les patrons et d’amputation de 50 milliards d’euros de la dépense publique.
C’est un fait : la classe ouvrière n’a d’autre choix que de rassembler ses forces, avec ses organisations, dans l’unité, pour préserver la Sécurité sociale financée par le salaire différé. Pas d’autre choix que de saisir ses organisations pour créer les conditions de la mobilisation et du rapport de force pour mettre en échec le pacte de responsabilité.

Qu’en est-il au plan politique ? Le journal L’Humanité donne la parole, ce 28 janvier, à Michèle Picard qui conduit la liste du PCF et de ses alliés à l’élection municipale de Vénissieux (Rhône). Elle y explique pourquoi le Parti socialiste a refusé de figurer sur sa liste : « Leurs exigences étaient inacceptables. Hormis le nombre de sièges, ils avaient comme condition que nous nous taisions sur la politique gouvernementale et sur la métropole. Mais quand on discute avec les habitants, ils nous parlent d’abord du pouvoir d’achat, de la hausse de la TVA et des délocalisations. On ne peut pas faire abstraction du national. Quand on va fixer un budget pour six ans, on est bien obligé d’évoquer les 3 milliards d’euros de coupes imposées aux collectivités en trois ans, qui auront des répercussions sur nos missions. » Au-delà des désaccords que l’on peut avoir, sans doute, sur telle ou telle question avec Michèle Picard (1), on ne peut que lui donner raison sur un point : impossible de se taire sur la métropole du Grand Lyon (2), et sur la politique du gouvernement ; impossible de faire comme si les élections municipales n’étaient pas cadrées par une politique nationale, impossible de répondre à l’attente de la population sans mettre en accusation la politique de destruction imposée par le gouvernement.

On notera que, dans les jours précédents, le même journal, L’Humanité, a publié une statistique montrant que, dans la moitié des villes de plus de 20 000 habitants, les candidats du Parti communiste figurent sur une même liste que ceux du Parti socialiste. Les problèmes de la métropole, les coupes imposées aux collectivités, la politique d’austérité, de chômage et de misère du gouvernement, tout cela pourrait passer à la trappe, et être sacrifié sur l’autel de l’unité électorale avec le Parti socialiste à l’échelle nationale ? Il y a là, chacun le comprend, plus qu’une ambiguïté : une lourde équivoque qui ne peut que désorienter et troubler les militants.
Un choc se prépare. Chaque responsable, chaque militant est confronté à une alternative : ou bien approuver, accompagner, aider le gouvernement à réussir son pacte de responsabilité ; ou bien travailler à rassembler toutes les forces, sans équivoque aucune, pour aider la classe ouvrière à mettre cette politique de destruction et de misère en échec.

(1) On notera que, consultés sur la mise en place de la métropole du Grand Lyon, les conseillers généraux et les représentants des communes, membres du PCF, ne s’y sont pas opposés.
(2) Hollande a, la semaine dernière, indiqué que la métropole du Grand Lyon était l’exemple à généraliser dans tout le pays.


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