jeudi 9 janvier 2014

Hollande persiste et signe?L’EDITO d’INFORMATIONS OUVRIERES par Daniel Gluckstein, Secrétaire national du POI.


Hollande persiste et signe

edito-logo
L’EDITO d’INFORMATIONS OUVRIERES
par Daniel Gluckstein,
Secrétaire national du POI.
A qui aurait espéré un changement de cap, les vœux présentés par Hollande le soir du Nouvel An répondent clairement : je persiste et signe (1). Le cœur de ces vœux, c’est le projet de « pacte de responsabilité » fondé sur la « baisse du coût du travail » et, plus précisément, sur l’attaque contre la Sécurité sociale, conquête majeure de la classe ouvrière. Bousculant les dernières miettes de démocratie parlementaire, Hollande s’est engagé à puiser largement dans l’arsenal des mécanismes antidémocratiques de la Ve République — ordonnances et procédures accélérées (2) — pour faire passer ces plans.
Immédiatement, au nom du patronat, Gattaz a donné son accord, exigeant : 100 milliards d’euros pour les patrons en cinq ans, moitié par pillage de la Sécurité sociale et moitié par cadeaux fiscaux. De son côté, Ayrault a été chargé de chercher à associer les organisations syndicales au pacte, car cette association reste, pour le gouvernement, la clé de la situation.
Montebourg s’en est vanté en réponse à un député qui lui reprochait, le 19 décembre dernier, de ne pas agir suffisamment pour la baisse du coût du travail : « Que faites-vous de l’accord interprofessionnel relatif à la sécurisation et au maintien de l’emploi ? Jamais un tel accord majoritaire n’avait été signé entre les syndicats et le patronat depuis trente ans ! Que faites-vous de cet accord qui change la donne aujourd’hui pour flexibiliser (…). Que faites-vous de l’accord sur la formation professionnelle qui vient d’être signé par les partenaires sociaux et qui arrivera bientôt devant l’Assemblée nationale ? » !
Au même moment, la grève des travailleurs de la SNCM dresse l’unité des travailleurs et de leurs syndicats pour la défense des emplois et du statut (lire page 5).
Au même moment, en Centrafrique, des manifestants accusent — à juste titre — les troupes françaises d’organiser la division suivant des lignes religieuses et « ethniques », brandissant des banderoles : « Nous voulons vivre dans l’unité ! Dehors les troupes françaises ! »
En ce début janvier, formons le vœu de voir le combat contre la guerre et l’exploitation remporter des succès, même partiels, lors de cette année 2014.
Et qu’en France, les mouvements de lutte de classe se rassemblent en un mouvement d’ensemble, réalisant l’unité des travailleurs et des organisations, pour porter un coup d’arrêt à la politique anti-ouvrière, réactionnaire et de dévastation sociale du gouvernement Hollande-Ayrault, et ouvrir la voie à la rupture avec l’Union européenne. Nous le savons : rien ne se fait et rien ne se fera sans organisation. C’est pourquoi, aussi, nous formons le vœu que le Parti ouvrier indépendant se renforce de centaines de camarades engagés avec nous dans la lutte de classe et la défense de la démocratie et des droits ouvriers, pour en finir avec le régime d’exploitation.
(1) Le dirigeant du PCF, Pierre Laurent, accuse Hollande de « trahir sa parole »… et au même moment, son parti, dans la plupart des grandes villes, fait liste commune avec le PS aux municipales !
(2) « Le président de la République (…) a demandé (aux ministres) de faire en sorte de ne passer par la loi que quand cela est strictement indispensable, et de veiller pendant ce temps-là à faire avancer les dossiers par d’autres moyens : par des décrets, des ordonnances » (déclaration à l’issue du Conseil des ministres du 3 janvier).

Aucun commentaire: