dimanche 10 novembre 2013

Le conseil fédéral national du POI des 9 et 10 novembre déclare : "L’issue ne peut venir de l’association des organisations chargées de défendre les intérêts ouvriers avec les patrons et leurs organisations. Elle ne peut davantage venir de la prise en charge, par les organisations ouvrières, de la défense du gouvernement" (…) "l’issue véritable réside dans la rupture avec ce gouvernement et l’Union européenne."


Le conseil fédéral national du POI des 9 et 10 novembre déclare :"L’issue ne peut venir de l’association des organisations chargées de défendre les intérêts ouvriers avec les patrons et leurs organisations. Elle ne peut davantage venir de la prise en charge, par les organisations ouvrières, de la défense du gouvernement" (…) "l’issue véritable réside dans la rupture avec ce gouvernement et l’Union européenne."

déclaration - simple
♦ Le Conseil fédéral national (CFN) du Parti ouvrier indépendant se réunit alors que la politique du gouvernement Hollande-Ayrault, tout entière au service de la classe capitaliste, sous l’égide de l’Union européenne, fait l’objet d’un rejet grandissant de tous les secteurs de la population.
♦ Le CFN se réunit au moment où les plans de licenciements successifs auxquels le gouvernement donne son assentiment provoquent des explosions de colère dans tout le pays, faisant mûrir chez les militants et les travailleurs l’aspiration à organiser dans l’unité une riposte d’ensemble à cette offensive.
♦ Le CFN se réunit au moment où le projet de contre-réforme des retraites, rejeté par le Sénat unanime, revient à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale à partir du 20 novembre, posant de façon immédiatement saisissable la question d’une montée à Paris, dans l’unité des organisations FO et CGT, dans le prolongement des manifestations du 15 octobre.
♦ Le CFN se réunit alors que l’obstination du ministre Peillon à vouloir imposer sa réforme des rythmes scolaires soulève contre elle un mouvement grandissant, soudant dans la grève nationale du 14 novembre l’unité des enseignants, des personnels territoriaux et de leurs organisations (avec les parents et de nombreux élus) pour la suspension immédiate de l’application des « nouveaux rythmes scolaires » partout où elle est engagée et pour l’abrogation du décret du 24 janvier 2013.
♦ C’est contre ce mouvement, pour tenter de le disloquer, que patronat et gouvernement essayent de ligoter les organisations de classe dans la signature de pactes, tel le « Pacte pour l’avenir de la Bretagne » revendiquant « l’autonomie normative », c’est-à-dire la remise en cause des droits et garanties communs à toute la classe ouvrière de notre pays, au prétexte de « spécificités régionales ».
♦ C’est contre ce mouvement que – fait sans précédent depuis des décennies – la manifestation de Quimper a vu se mêler des organisations ouvrières et des organisations patronales revendiquant, ensemble, le « Pacte pour l’avenir de la Bretagne » dans une démarche corporatiste d’intégration préconisée par l’Union européenne. Tandis que d’autres organisations ouvrières, déclarant ne pas vouloir manifester avec les patrons, ont défilé à Carhaix en revendiquant, elles aussi, et en compagnie de représentants des partis du gouvernement, le « Pacte pour l’avenir de la Bretagne ».
♦ Le « Pacte pour l’avenir de la Bretagne », comme le « Pacte Lorraine », c’est l’Europe des régions, celle qui inscrit sur son drapeau « la baisse du coût du travail » et exige que soit disloqué le cadre national des droits ouvriers et de la démocratie. Car tout est lié : l’offensive sur le « coût du travail », les attaques contre la Sécu, les retraites et les droits ouvriers, la mise en œuvre de l’ANI, les licenciements, la rigueur promise jusqu’en 2017 et l’offensive qui prétend démanteler la République et son école, imposer les métropoles, détruire les communes.
♦ D’Arcelor à Gad, en passant par Goodyear, Michelin, PSA et tant d’autres usines, la colère ouvrière explose face à un gouvernement qui non seulement se déclare impuissant à préserver l’emploi, mais organise avec les patrons l’accompagnement des plans de licenciements.
♦ La crise de régime, qui s’approfondit de jour en jour, exige la plus grande clarté. Ouvrir une issue à cette crise qui soit conforme aux intérêts de l’immense majorité exige d’abord que les travailleurs des villes et des campagnes puissent exprimer en toute indépendance, avec leurs organisations, les revendications qui sont les leurs, refusant tout soutien au gouvernement Hollande-Ayrault, toute forme d’association avec la classe capitaliste, toute subordination à l’Union européenne et à ses plans. L’issue ne peut venir de l’association des organisations chargées de défendre les intérêts ouvriers avec les patrons et leurs organisations. Elle ne peut davantage venir de la prise en charge, par les organisations ouvrières, de la défense du gouvernement.
♦ C’est un fait : ce gouvernement est rejeté de toute part, déstabilisé, fragilisé. Les institutions de la Ve République sont minées par les scandales, les affaires, le discrédit. Si le gouvernement ne cesse de céder aux patrons, il persiste à maintenir l’arsenal des mesures qui frappent la classe ouvrière et menacent la démocratie, et à se montrer inflexible à l’égard des travailleurs.
♦ Il ne peut le faire qu’en raison du soutien que lui apportent non seulement les dirigeants du Parti socialiste, mais aussi des dirigeants des Verts et du Front de gauche. Tous prennent ici la lourde responsabilité de pousser le pays à la décomposition en remettant en cause tout ce qui a été acquis par la lutte de classe et le combat démocratique, précisément au moment où l’idée est en train de germer chez les travailleurs et dans la population de ce pays qu’ils peuvent faire reculer ce gouvernement, qu’ils doivent le faire reculer et qu’ils en ont la force, à condition d’imposer l’unité de leurs organisations. Comme en témoignent les informations fournies par les personnels de l’enseignement qui préparent la grève du 14 novembre pour le retrait de la « réforme » Peillon, ou bien la discussion qui se développe dans les organisations syndicales sur la nécessité d’organiser une « montée » à Paris contre le projet de loi sur les retraites.
♦ L’expérience – les travailleurs l’ont faite ces dix-huit derniers mois – atteste que l’issue véritable réside dans la rupture avec ce gouvernement et l’Union européenne. Elle appelle de toute urgence la réalisation, à tous les niveaux, de l’unité de la classe ouvrière et des organisations pour imposer au gouvernement qu’il cède et pour le contraindre à renoncer à appliquer les directives de Bruxelles. Une unité dont la vocation est de faire qu’elle soit relayée à l’échelle de toute l’Europe, où tous les peuples sont confrontés aux mêmes coups destructeurs de la troïka formée par le Fonds monétaire international, la Banque centrale européenne et l’Union européenne.
♦ C’est ainsi, pour le POI, que pourra s’ouvrir concrètement la voie vers une issue politique, en rupture avec les institutions antidémocratiques de la Ve République et l’Union européenne. C’est ainsi que sera ouverte la voie à la constitution d’un gouvernement capable de prendre les mesures d’urgence qui s’imposent : la réquisition des entreprises menacées de licenciements et de fermetures, l’abrogation des contre-réformes, l’arrêt des privatisations et des fermetures de services publics, les nationalisations.
♦ Voilà pourquoi le CFN du POI réuni les 9 et 10 novembre, sur la base du mandat confié par les comités départementaux,s’adresse à tous les travailleurs, paysans, jeunes, démocrates, élus et militants. A tous ceux qui aspirent à unir leurs forces pour mener ce combat et prendre les décisions pratiques susceptibles d’aider concrètement l’immense majorité à faire basculer la situation vers une issue positive, le POI propose de poursuivre la discussion engagée à l’occasion de son congrès ouvert et des meetings tenus dans tout le pays en cette rentrée.
Adoptée à l’unanimité

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