jeudi 14 novembre 2013

Compte rendu de la réunion de présentation du PEL de Limeil-Brévannes

Compte rendu de la réunion de présentation du PEL de Limeil-Brévannes

La mairie de Limeil-Brévannes a invité ce 12 novembre les directeurs d’école de Limeil, les représentants des associations de parents d’élèves (GIPE, PEEP, API, FCPE), les représentants d’associations locales à la présentation du PEL de Limeil. A l’avant-veille de la grève massive du 14 novembre, plus de 30 enseignants de la ville ont décidé d’assister à cette réunion.

Une représentante de la mairie a débuté la réunion en présentant un avant-projet du PEL, et notamment des propositions de nouveaux emplois du temps.

Deux enseignants ont lu la lettre adressée à Monsieur Rossignol, signée la majorité des collègues de la ville (86 signatures). Cette lettre rappelle les conséquences catastrophiques de la réforme de rythmes scolaires dans les villes qui l’ont appliquée cette année et demande au maire de « ne pas s’engager dans la mise en place de la réforme des rythmes scolaires et de s’adresser au ministre pour lui demander l’abrogation du décret ».

Nombreux applaudissements des nombreux collègues dans la salle.

Un représentant du SNUDI-FO : «Après-demain 78% des enseignants du Val de Marne seront en grève, plus de 40% des écoles seront fermées. Nous serons en grève, non pour participer à la mise en place de la réforme des rythmes scolaires. Nous serons unis dans la grève avec les personnels territoriaux pour exiger l’abrogation du décret. En avril dernier, Monsieur le Maire avait émis des « réserves » quand à la réforme. Cela ne suffit plus aujourd’hui. Maintenant, il faut être du côté des enseignants, des territoriaux, des élèves et des parents, pas du Ministre Peillon qui est de plus en plus seul. Nous demandons au Maire de soutenir nos revendications et de s’adresser au ministre pour demander l’abrogation du décret ». 

Représentante de la PEEP : « Ce soir, il n’y a pas de propositions concrètes de la mairie. Notamment concernant le financement de la réforme par la commune. Rien n’a été dit qui puisse nous rassurer. Dans ces conditions, nous demandons au moins le report à l’année prochaine ».

Président du GIPE : « Nous ne sommes pas pour ou contre car il n’y a pas d’éléments pour juger. Nous manquons d’éléments ce soir ».

Une directrice d’école : « Il y a un problème de locaux qui fait que les activités périscolaires se feront dans les classes. Ce n’est pas acceptable pour les enseignants. De plus, le recrutement des animateurs pose question ».

Monsieur Cathala (maire-Adjoint chargé des sports, de la jeunesse et du Conseil des jeune: « La dotation de l’état sera reconduite l’an prochain. Cela représente une aide de 50€ par enfant. Cela ne recouvre pas toutes les dépenses nécessaires à la mise en place des nouveaux rythmes scolaires. Sur Limeil, cela coûtera entre 300.000 et 600.000€, rien que pour les animateurs.

Monsieur Delonne (maire-Adjoint chargé de l’enseignement et des affaires scolaires et périscolaires) : « Nous entendons ce qui a été dit par les enseignants et parents d’élèves. Nous n’avons pas toutes les réponses. Il vous appartient, à vous, de nous dire de continuer ou pas ».

Réponse des collègues: « NON ! NE CONTINUEZ PAS ! »

Monsieur Delonne: « Dans les villes qui ont appliqué les nouveaux rythmes, il y a des difficultés. Mais concernant la mise en place à venir, les choses ne sont pas immuables. Nous sommes sensibles à la remise en cause de la réforme. Nous entendons ce que les enseignants exigent dans la lettre au maire et nous lui transmettrons. De même, nous entendons l’opposition qui s’exprime dans la grève. Pour ma part, j’adhère complètement à votre position ».

Une enseignante : « Je suis enseignante mais aussi mère de famille. Les nouveaux rythmes scolaires fatiguent plus les enfants. Ils ont besoin de se reposer le mercredi. Et les enseignants aussi ! Et le problème de l’occupation des classes est insoluble. Enfin, pour le financement, nous savons tous que cela va coûter de l’argent. D’une manière ou d’une autre, nous paierons. Je suis aussi brévannaise et je n’ai pas envie de payer des impôts supplémentaires pour une réforme que je n’approuve pas ».

Une enseignante : « En plus de tous les problèmes évoqués, il y en a un qui est très important : l’instauration d’un Projet Educatif Local va à l’encontre de l’école égalitaire que nous défendons. Cela me pose un problème moral ».

Une représentante de la CAF : «La CAF soutien la ville et participe financièrement pour le périscolaire aujourd’hui. Demain, si il y a mise en place des nouveaux rythmes scolaires, nous serons très attentifs au taux d’encadrement. Nous ne financerons pas de la même manière s’il est de 1 animateur pour 14 enfants ou s’il est de 1 pour 18 ».

Madame Cherel  (IEN) : « La réforme est fait pour permettre la réussite des élèves. De plus, beaucoup d’efforts sont faits par le gouvernement : le nombre d’enseignants augmente et la formation des enseignants va être revue. Les nouveaux rythmes vont répartir les temps d’enseignement, pas de présence, à l’école. La réforme va nous faire réfléchir sur l’articulation scolaire/périscolaire. Pour ce qui est des animateurs, il ne faut pas rester sur les représentations actuelles. La réforme va peut-être permettre l’émergence d’un nouveau métier d’animateur, plus reconnu ».

Monsieur Cathala: « Il faut se mettre d’accord sur un emploi du temps. Est-on d’accord ? Sur la démographie croissante de Limeil et des problèmes de locaux. La mairie prendra ses responsabilités. Il y a des structures sportives sous-utilisées. Les intervenants apporteront de la qualité. A propos des dépenses supplémentaires engendrées par les nouveaux rythmes : à chaque budget municipal la dépense sera prévue. Enfin, vous vous inquiétez des inégalités qui naitraient de la réforme. Mais les inégalités existent déjà. Une famille riche qui inscrit ses enfants au conservatoire est plus avantagée aujourd’hui. Nous nous inscrivons dans l’application de la loi. Si cette loi devait être maintenue nous l’appliquerons. C’est la loi ».

Un enseignant : « J’ai du mal à entendre l’argument légaliste qui consiste à dire que si la loi était maintenue la ville de Limeil serait obligée de l’appliquée. Il me semble que la ville n’applique pas la loi sur le service minimum et c’est une bonne chose. Donc, dans certains cas, la ville peut ne pas appliquer une loi et aujourd’hui elle serait obligée de le faire ? N’est-ce pas parce que la loi sur le service minimum a été voulue par le gouvernement précédent ?

Monsieur Delonne : « La mise en place des nouveaux rythmes scolaires pose beaucoup de problèmes. Nous le voyons dans les villes qui ont décidé de les mettre en place cette année. Et sur Limeil, le PEL n’a jamais eu l’accord des enseignants. »

Un représentant du GIPE : « Si le décret est abrogé, tant mieux ! Mais pour le moment, il faut trouver des solutions sur les scénarios d’emplois du temps ».

Un représentant des parents d’élèves : « Nous voyons bien qu’il est impossible de se mettre d’accord. J’ai une question à la mairie : Est-il possible de dire « nous n’appliquerons pas le décret, nous refusons le principe » ? Peut-on demander à décaler ? »

Monsieur Cathala : « Nous ferons ce que nous demandera le ministère. Et verrons si nous irons vers l’application ou une dérogation ».

Monsieur Delonne : « Je vais transmettre la lettre des enseignants au maire pour réflexion. Il y a une remise en cause de l’application de la réforme. Je soutiens la demande des enseignants. Nous allons en parler au conseil municipal. Si la majorité est contre son application, j’irai dans le même sens. Rien n’est arrêté. Par rapport à la réunion d’avril dernier, la situation a changé. Il y a cette lettre. Il y a aussi la grève à venir et celles qui ont déjà eu lieu ».

Une représentante de la mairie : « Nous n’avons pas parlé du plus important : l’enfant. Depuis que la semaine est passée à quatre jours, les résultats sont en baisse. Il faut changer des choses. »

Une représentante du GIPE : « Quand j’étais élève, j’allais à l’école le samedi matin. Et c’était pour travailler. Il me semble que mes résultats ont été bons. Je n’allais pas à l’école pour du périscolaire. Aujourd’hui, je ne suis pas capable de voter pour un des projet d’emploi du temps ».
Une enseignante : « La discussion sur les 4 jours ou 4 jours et demi est un faux problème. Oui, il y a beaucoup de problèmes à l’école : sur mon école, il n’y a plus de RASED, je sais que des classes de maternelles de la ville sont à 32. Ça se sont les vrais problèmes qu’il faut régler ».
Applaudissements de la salle.



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