mercredi 13 novembre 2013

C’est le régime qui est en crise




C’est le régime qui est en crise


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L’EDITO d’INFORMATIONS OUVRIERES
par Daniel Gluckstein,
Secrétaire national du POI.
Chaque jour un peu plus, le régime de la Ve République s’enfonce dans la crise. Jamais jusque-là un président de la République, clé de voûte des institutions, n’avait fait l’objet d’un tel rejet et cela dix-huit mois à peine après son élection !
Malek Boutih, Anne Hidalgo, et d’autres dirigeants du PS demandent d’urgence un changement de Premier ministre et de gouvernement.
Changer de Premier ministre ? De qui se moque-t-on ?
Depuis plus de trente ans, les gouvernements successifs, de droite et de gauche, se sont tous coulés dans le moule des institutions de la Ve République, encadrées par les traités européens qui dictent les exigences d’un système capitaliste en décomposition.
C’est le régime qui est en crise. C’est pour tenter d’éviter son naufrage que Jean-François Copé, au nom de l’UMP, s’est bruyamment félicité du discours d’union nationale prononcé par François Hollande. Car il faut aller jusqu’au bout : ce régime est en crise, mais l’agence Standard and Poor’s, instrument du capital financier américain, exige l’accélération des contre-réformes ; et la Commission de Bruxelles met la France en garde contre son « déficit excessif ». Ce régime est en crise, mais le gouvernement, contre vents et marées, maintient l’ordre du jour de l’Assemblée nationale : réforme des retraites, mise en place des métropoles, nouvelles attaques contre la Sécurité sociale, mesures d’austérité. Et c’est le moment choisi par les dirigeants du Parti communiste — souvent contre la volonté de leurs militants — pour passer l’accord avec le Parti socialiste dans le plus grand nombre de villes possible pour les municipales…
Quand l’immense majorité du peuple n’accepte plus d’être gouvernée comme elle l’est et que le sommet de l’Etat se révèle incapable de continuer à gouverner comme il le fait, s’approche l’heure des plus grands bouleversements. Une telle situation, chacun le comprend, n’est pas exempte de dangers.
S’il s’agit de la dénouer dans le sens de la démocratie, sommes-nous fondés à dire que « l’issue véritable réside dans la rupture avec ce gouvernement et l’Union européenne » et qu’elle « appelle de toute urgence la réalisation, à tous les niveaux, de l’unité de la classe ouvrière et des organisations pour imposer au gouvernement qu’il cède et pour le contraindre à renoncer à appliquer les directives de Bruxelles (1) » ?
A la veille de la grève à laquelle sont appelés le 14 novembre les enseignants du primaire (et les personnels territoriaux) contre la mise en application de la réforme des rythmes scolaires, la réalité est là : la grève sera massive, bien que le principal syndicat de la profession ait, au plan national, refusé de s’y engager. Car un mouvement s’est levé, d’une puissance inédite, forgeant dans les départements et les localités l’unité des enseignants et de tous leurs syndicats (appuyés par les parents) et préparant, dans nombre de cas, une grève majoritaire d’une ampleur sans précédent.
Si la démocratie est la loi de la majorité, elle se concentre aujourd’hui dans l’exigence d’abrogation de la réforme Peillon ; la lutte de classe unie est l’instrument pour l’imposer.
Au-delà de la réforme Peillon : s’agissant de la politique anti-ouvrière d’un gouvernement qui accepte servilement les injonctions de Bruxelles et du capital financier, se dessine ici, à travers les convulsions d’un régime en décomposition, la voie qui conduira à établir la démocratie, en imposant la volonté du peuple travailleur et de la jeunesse.
(1) Lire, page 8, l’intégralité de la déclaration du conseil fédéral national du POI réuni les 9 et 10 novembre.

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