lundi 21 octobre 2013

2 interventions d''André YON au Conseil municipal du 27 Septembre 2013

2 interventions d''André YON au Conseil municipal du 27 Septembre 2013



Conseil municipal du 27 Septembre 2013
Point n°21
 Intervention d'André Yon
Sur la convention avec Paris-Habitat


En tant qu’élu chargé du logement et en tant qu’élu POI, je voudrais expliquer en quoi j’ai, sur cette convention, une appréciation différente de celle de M. le Maire.
On ne peut bien-entendu que se féliciter de ce que la convention entre Paris-Habitat et la ville prolonge de 20 ans le droit de réservation de la ville sur 160 logements de ce bailleur. On ne peut aussi que se réjouir des travaux de rénovation prévus, encore qu’il faille souligner qu’ils relèvent des devoirs du bailleur tels qu’ils découlent du contrat qui le lie aux locataires, contraints eux de verser chaque mois leur loyer.
Adjoint au maire au logement, je ne peux en même temps m’empêcher de considérer l’écart avec les besoins. Peut-être n’est-il pas vraiment facile à chacun de mesurer le gouffre de misère morale et matérielle qui s’est creusé et se creuse encore juste à nos portes. Je voudrais vous le faire toucher du doigt avec deux exemples pris dans mes rendez-vous de cet après-midi :
  • Une jeune femme en CDD à Orly, agent d’escale qualifiée, gagnant 1500 euros par mois, hébergée avec son mari chez un couple d’amis dans un T2 « Il faut faire la queue pour prendre sa douche. Notre ami est très gentil mais il n’en peut plus… Il nous faut partir ! Où aller ? Avec mon mari, nous n’avons aucune intimité, je crois que nous risquons de nous séparer… »
  • Une autre femme, 50 ans, en CDI chez ACCOR depuis de nombreuses années. Elle est hébergée - on ne se rend pas compte du nombre de gens qui ne sont pas SDF mais, en quelque sorte, provisoirement . Leur sort ne tient qu’à un fil et leur vie est un enfer ! – Cette dame est hébergée dans un T3 avec ses trois enfants de 23, 19 et 15 ans. Le monsieur qui les héberge au prix fort, ne paie plus le loyer, elle est inquiète pour ses filles, elle ne se sent plus en sécurité.
Vous voudrez bien noter que l’une et l’autre auraient parfaitement les moyens d’acquitter un loyer. La seule chose qui manque, c’est une proposition de logement. Je prie les élus de cette ville de me croire : je peux leur produire plus de 200 cas douloureux que je connais. Combien d’autres parmi les 830 demandeurs boisséens en attente ?
Ceci nous amène au second point de cette convention qui fait que les élus du POI ne pourront pas la voter. Elle prévoit la construction de 70 logements sociaux sur un programme total de 250.
Nous pensons que rien ne saurait justifier de ne pas mettre tout en œuvre pour nous attacher totalement au problème d logement qui prend à la gorge des centaines de demandeurs qui sont nos voisins et nos électeurs :
  • D’abord en construisant la totalité des 250 logements en HLM
  • Ensuite en nous adressant à la ministre Mme Duflot pour qu’elle remplace son projet de loi ALUR en une autre qui rétablirait l’ « aide à la pierre », c’est-à-dire la décision d’investir des milliards d’argent public dans la construction des logements sociaux indispensables à la dignité de tous.

Il est des architectes formidables qui sauront, si on leur demande construire de magnifiques logements sociaux et des quartiers dont tous les citoyens conscients et responsables de ce pays pourront être fiers et permettront que chacun ait droit à un toit.

Conseil municipal du 27 Septembre 2013
Point n°22
Intervention d'André Yon
Protocole cadre relatif à la création d’un lieu de culte à Boissy-Saint-Léger


La question qui se pose n’est pas de savoir si les musulmans ont droit ou non à un lieu de culte digne de ce nom, mais de savoir si le projet de protocole qui nous est soumis ce soir est conforme à la loi de 1905 de séparation des églises et de l’Etat.
L’examen de cette question est extrêmement sérieux puisqu’elle touche aux principes fondateurs de la République et doit, naturellement permettre de définir une attitude qui règle la question religieuse de la même manière quelles que soient les religions.
Je voudrais dans ce but m’appuyer un peu sur l’histoire.
La loi de 1905 stipule que la république ne salarie ni ne finance aucun culte.
Cette loi, adoptée une trentaine d’années seulement après l’installation effective de la république s’inscrit dans le prolongement direct de la révolution de 1789 et, plus exactement de la proclamation de la république en septembre 92 après Valmy. Après la nationalisation des biens de l’Eglise catholique, elle a supprimé la royauté et décidé qu’il n’y avait plus en France que des citoyens égaux en droits. Même si la suite a montré qu’il y avait encore loin des intentions à la réalité, la loi de 1905 a gravé dans le marbre les conditions qui garantissent tout à la fois la liberté de conscience, en l’occurrence la liberté religieuse qui relève de la sphère privée, et la laïcité de l’Etat, c’est-à-dire, en définitive, l’égalité devant la loi, à commencer par l’égalité de droit devant les moyens et les services publics dont chacun doit pouvoir bénéficier indépendamment de ses opinions.
La délibération qui nous est soumise ce soir se situe t-elle dans ce cadre légal fondamental ?
Ou bien faut-il s’y opposer comme nous nous opposons à la réforme Peillon des rythmes scolaires qui, en introduisant la territorialisation de l’Education nationale, ne se contente pas de désorganiser gravement les écoles mais, en réalité, les ouvre à tous vents au mépris de la laïcité et de l’égalité ?
Faut-il s’y opposer come nous nous opposons au versement de fonds publics à l’école privée au nom des lois Debré, Guermeur, Lang,… ?
L’équilibre établi par la loi de 1905 dans ce pays est particulièrement précieux. Il conditionne la liberté, l’égalité et la fraternité.
A notre avis, son article12 tend à sortir du cadre fixé par la délibération. La ville n’a surtout pas à se mêler des discussions internes aux musulmans pas plus que celles des catholiques ou des Mormons ! Les musulmans sont les seuls à avoir à trancher en la matière.
Nous serons donc très vigilants mais, tel qu’il est, le protocole qui nous est soumis ce soir nous semble respecter la loi de 1905.
Nous le voterons.

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