dimanche 25 août 2013

» La stratégie du bonneteau

La stratégie du bonneteau

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L’EDITO d’INFORMATIONS OUVRIERES
par Daniel Gluckstein,
Secrétaire national du POI.
On a rarement vu un gouvernement et une majorité multiplier à ce point les déclarations contradictoires à la veille d’une réforme importante. S’agit-il d’augmenter la durée de cotisation, la CSG, les cotisations, ou de remettre en cause les régimes spéciaux ? Tout et son contraire est avancé par les uns et les autres. Sans doute calculent-ils le risque de provoquer une « rentrée sociale explosive », comme le notent Les Echos.
Peut-on, pour autant, en conclure à un recul du gouvernement ? En réalité, la stratégie ressemble davantage à ce jeu de bonneteau que l’on peut observer aux beaux jours sur les grands boulevards de Paris : un bonimenteur pose devant lui trois verres renversés et veut faire croire que l’objet caché est sous un verre déterminé alors qu’il est sous un autre ; le parieur qui croit avoir suivi la trajectoire de l’objet perd sa mise à tous les coups, car l’objet est toujours caché ailleurs.
Les coups préparés par le gouvernement procèdent de la stratégie du bonneteau : on s’agite, on fait de la mousse, on lance des pistes, des vraies, des fausses… et au bout du compte, le bonimenteur gagne et celui qui lui fait confiance perd.
Déjà on entend des discours sur la prise en compte de la « pénibilité » qui ferait de la réforme une « réforme de gauche ». D’autres réclament « un vrai débat » pour une « bonne réforme »…
De toutes parts on semble considérer l’augmentation de la CSG (des milliards d’euros prélevés sur les budgets des familles ouvrières !) comme un moindre mal.
A quoi s’ajoute que la politique du gouvernement forme une totalité. Profitant de l’été, il a commis un coup de force pour mettre en place des métropoles liquidant communes et départements et publié des dizaines de textes et documents prolongeant les réformes déjà décidées ou anticipant les suivantes, qu’il s’agisse des suites de la contreréforme Peillon sur l’école, de la remise en cause du statut des fonctionnaires, des 10 à 12 milliards d’euros de coupes dans les budgets publics, etc.
La politique du gouvernement HollandeAyrault constitue une totalité, cadrée par les diktats de l’Union européenne et du Fonds monétaire international. Lequel Fonds monétaire international vient de donner en exemple de pays dont la croissance devrait inspirer l’Union européenne… le Bangladesh, un pays dont la « croissance » repose, on l’a vu récemment, sur les conditions inhumaines d’exploitation imposées par les multinationales à des travailleurs qui meurent par milliers dans l’incendie de leur usine, privés des droits et protections les plus élémentaires !
Aucune illusion n’est permise : la classe ouvrière ne fera pas l’économie de la confrontation avec ce gouvernement réactionnaire dont la stratégie vise à faire passer, dans tous les domaines, les plans de destruction du capital financier et de ses institutions.
Quant aux organisations ouvrières, elles mettraient leur indépendance en péril si elles accordaient le moindre crédit à ce gouvernement et acceptaient le rôle de comparses qu’il leur réserve dans cette stratégie du bonneteau.
L’indépendance du mouvement ouvrier est la clé de toute la situation.
Le combat pour la rupture avec l’Union européenne, le Fonds monétaire international et tous les plans du capital financier est l’axe stratégique de résistance de la classe ouvrière et du combat pour la démocratie. Il est au cœur de la préparation du meeting du POI du 28 septembre, à Paris.

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