jeudi 22 août 2013

Grève à l'hôpital psychiatrique Paul Guibaud. Dossier de presse,la parole à une responsable CGT



Grève à l'hôpital psychiatrique Paul Guibaud. Dossier de presse,la parole à une responsable CGT







Budget en baisse, fin des intérims... pourquoi nous faisons grève à l'hôpital de Villejuif 'article complet dans le Nouvel Obs )

Par Eweda Malapa
Secrétaire CGT à l'hôpital Paul Guiraud





LE PLUS. Ce mardi 20 août, des infirmiers, aides-soignants et autres membres du personnel de l’hôpital psychiatrique Paul Guiraud de Villejuif se sont mis en grève. En cause : une décision de la direction qui interdit le recours à l’intérim jusqu’à la fin de l’année et ce par manque de budget. Eweda Malapa, secrétaire du syndicat CGT, explique les revendications du personnel soignant.

Décider d’arrêter les remplacements en pleine période estivale ne fait qu’empirer la situation de flux tendus dans laquelle nous nous trouvons à l’hôpital Paul Guiraud de Villejuif (Val-de-Marne). La prise de risque est évidente : une nuit, deux infirmiers se sont retrouvés à deux pour s’occuper de deux étages, avec 20 patients à chaque étage ; le service de sécurité de nuit n’est plus constitué que de deux personnes au lieu de trois.
 
Nous avions déjà dénoncé en avril le plan d’austérité que voulait instaurer la direction. Nous, membres du personnel soignant, ne voulions pas avoir à choisir entre les conditions d’accueil des patients et nos acquis sociaux, comme les RTT. Or on nous proposait soit de fermer des unités, soit de passer à des journées de 12 heures, trop éprouvantes, ou encore à des journées de 7h30, avec donc moins de jours de récupération.
 
Sous-effectifs et remplacements au compte-goutte
 
Grâce à une motion signée par plus de 900 personnels, nous avons obtenu de rester à 8 heures de travail par jour. Mais le budget à la formation continue a diminué. Et il y a eu un début de lissage des remplacements. Jusqu’alors, les cadres infirmiers envoyaient les demandes de remplacement à la direction des soins. Puis les examens de ces demandes ont été centralisées et examinées à la loupe par la direction des ressources humaines.
 
Les choses ont empiré à la mi-juillet : le budget tel que conçu par la direction a été refusé par l’Agence régionale de santé (ARS). Elle demandait 1,6 million d’euros, elle a eu 0,67 million. Résultat : la direction nous a pondu la "note 206", qui annule le recours aux intérims jusqu’à décembre 2013, pour rester dans le budget alloué.
 
Sauf que les demandes de remplacement de cet été étaient planifiées. Celles qui avaient été validées ont été infirmées. Les cadres infirmiers se retrouvent à devoir rappeler des personnes sur leurs jours de repos, leur week-end voire leurs congés. Alors que chacun a droit à des vacances !
 
Mais aujourd’hui, les remplacements sont acceptés au compte-goutte. Pas de vacataires ni d’heures sup', sauf exception… Par conséquent, nous nous retrouvons en sous-effectif. Et nous ne sommes pas en mesure de répondre à la demande de soin ni à l’accompagnement des patients.
 
Vouloir dépenser le moins possible n’est pas une stratégie
 
Cette situation n’est malheureusement pas isolée. En juin, l’hôpital voisin de Saint-Maurice (Val-de-Marne) s’était aussi mis en grève pendant une semaine pour protester contre la suppression de 50 postes. C’est le résultat d’une politique globale, qui n’est pas nouvelle, mais qui dans la mesure où l’objectif du gouvernement est de réduire les déficits et, pour cela, tailler dans le vif, s’accentue.
 
Quand on voit que la fermeture des urgences de l’Hôtel-Dieu a été repoussée en raison de la mobilisation du personnel, on se dit qu’on peut gagner notre combat. Mais on ne peut éluder le fait que nous soyons confrontés à une politique qui va dans le sens inverse de ce que veulent les travailleurs et les patients.
 
Bien sûr que l’on doit souhaiter que le budget soit équilibré plutôt que d’être dans le négatif, comme c’est le cas depuis des années.  Mais l’EPRD (état de prévision des recettes et dépenses) oblige les hôpitaux à dépenser non pas en fonction des besoins ou du nombre de patients mais suivant le budget qui a été accordé.
 
Vouloir dépenser le moins possible n’est pas normal. Nous souhaitons seulement travailler dans des conditions normales, que les soignants bénéficient de leurs droits et que les patients soient accueillis dans les meilleures conditions. Nous sommes bien unis dans cette lutte, les quatre syndicats sont présents.
 
 
Propos recueillis par Daphnée Leportois.



Interview France Bleue




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