mercredi 28 août 2013

Du coup de la CSG à celui de la pénibilité

Du coup de la CSG à celui de la pénibilité

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L’EDITO d’INFORMATIONS OUVRIERES
par Daniel Gluckstein,
Secrétaire national du POI.
A l’heure où il est beaucoup question de la CSG, un rappel des faits s’impose. Instaurée en 1991 par le Premier ministre « socialiste » Michel Rocard, la CSG était alors de 1 % ; elle taxe aujourd’hui les salariés à hauteur de 7,5 % et les retraités à hauteur de 6,6 %.
Pourquoi Rocard (1) avait-il mis en place la CSG ? Sous le prétexte de faire contribuer tous les revenus, il s’agissait en fait d’ouvrir une brèche dans un système d’assurance maladie jusque-là exclusivement financé par le salaire différé. Depuis, la CSG augmente en parallèle avec la croissance des exonérations patronales. C’est la fiscalisation en marche, qu’à l’époque Informations ouvrières avait dénoncée, pronostiquant qu’elle se transformerait en une machine de guerre contre le système de solidarité ouvrière fondé sur le salaire différé.
En 1991, cette mesure était dictée par l’imminence de la ratification du traité de Maastricht, qui stipule que les comptes de la Sécurité sociale sont agrégés à ceux de l’Etat et soumis à la dictature des fameux 3 % du déficit public.
Vingt-deux ans plus tard, le gouvernement envisage d’augmenter la CSG et offre de nouvelles baisses de cotisations au Medef qui se réjouit de cette « ouverture » vers « la baisse du coût du travail ».
Dans le même temps, on annonce l’introduction d’un « compte épargne pénibilité ». Même mécanique que pour la CSG : cette fois, c’est dans le système des retraites par répartition qu’une brèche serait ouverte pour introduire un système dit « notionnel », brisant la solidarité ouvrière entre actifs et retraités.
1991, 2013 : continuité des gouvernements « socialistes »… Dès lors qu’ils acceptent d’appliquer les exigences du traité de Maastricht, du FMI et de l’Union européenne, ces gouvernements n’ont qu’une politique : au nom de la compétitivité, baisser ce que les capitalistes appellent le « coût du travail », c’est-à-dire prendre sur la valeur de la force de travail (Sécurité sociale, assurance maladie, retraites, salaires, droits collectifs) pour renflouer banquiers et spéculateurs. Hollande s’en est vanté le 19 août : « Nous ne pèserons (…) que si nous retrouvons une compétitivité élevée et un niveau de dette publique soutenable. » Dans cet objectif, a- t-il poursuivi, « nous avons commencé d’y travailler ; la loi de refondation de l’école, celle sur l’enseignement supérieur, (…) le plan pour la compétitivité, la modernisation du marché du travail, la Banque publique d’investissement. »
Les choses sont claires. Les plus de quarante lois votées et promulguées par le gouvernement Hollande dans sa première année d’exercice s’inscrivent toutes dans le cadre du TSCG qu’il a ratifié.
Toutes ces lois visent à déqualifier et surexploiter. Elles n’ont qu’une justification, celle que donne Hollande lui-même : la compétitivité, la dette, l’euro.
Les « arbitrages » ultimes du gouvernement entre celles des contre-réformes qu’il choisira et celles qu’il écartera traduiront sans doute les crises, les tensions, les contradictions, et la peur du gouvernement face à la lutte de classe.
Mais quelles que soient les réformes retenues, elles n’ont qu’une source : la défense des intérêts de la classe capitaliste. Elles n’appellent qu’une réponse du mouvement ouvrier : ces contre-réformes doivent être retirées, l’unité doit se réaliser pour bloquer cette politique anti-ouvrière.
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(1) Rocard, qui signe ces jours-ci, en compagnie d’anciens responsables de la LCR passés au Front de gauche, de dirigeants du PCF, de la FSU, de Solidaires, un « appel pour un débat public sur la santé »…

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