mercredi 3 juillet 2013

Du côté des critico-accompagnateurs

Du côté des critico-accompagnateurs

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L’EDITO d’INFORMATIONS OUVRIERES
par Daniel Gluckstein,
Secrétaire national du POI.
28 juin, Bruxelles : Hollande annonce fièrement avoir conclu un accord avec la Commission européenne, qui ne recommandera pas à la France de « relever l’âge légal de départ en retraite », mais « seulement » « l’âge effectif », cela, bien sûr, en pratiquant « le dialogue social ».
C’est dans ce cadre — marqué aussi par l’annonce des 14 milliards d’euros de coupes supplémentaires dans le budget — que s’ouvre ce 4 juillet, la « concertation » sur les retraites. Comment ce régime en crise, dont toutes les institutions sont frappées de décomposition et d’un rejet grandissant, peut-il espérer aboutir à un consensus avec les syndicats, alors que CGT et CGT-Force ouvrière s’opposent à l’allongement de la durée de cotisation ?
La réponse à cette question réside peut-être dans le mouvement contradictoire qui se développe depuis la conférence sociale. D’un côté, des organisations syndicales, à différents niveaux, adoptent des prises de position communes exigeant le maintien des garanties existantes. D’un autre côté, surgissent des initiatives politico-syndicales, mélangeant critique et accompagnement de la réforme.
Du côté de ces critico-accompagnateurs, l’appel du collectif « La retraite, une affaire de jeunes ». Lancé par quatorze organisations (1) opposées à l’allongement de la durée de cotisation, il revendique « une réforme (…) parce que le statu quo n’assurera pas la pérennité du système de retraite par répartition », et… une place dans l’opération : « Le débat sur les retraites est trop important pour s’effectuer en catimini et au pas de course pendant l’été. Il ne peut y avoir de réforme au nom des jeunes sans les jeunes. »
Revendiquer d’être partie prenante de la contre-réforme, s’inscrire dans le dispositif conjoint du gouvernement, de l’Union européenne et de la classe capitaliste : logique pour des organisations qui appartiennent à la coalition gouvernementale. Mais comment comprendre la présence, au bas de cet appel, de sigles d’organisations, notamment syndicales, qui se disent en désaccord avec les projets du gouvernement ?
Le gouvernement et ses soutiens espèrent-ils ainsi aboutir à un consensus légitimant, sinon les mesures, du moins le « débat » sur la réforme, et donc, de fait, son accompagnement par les organisations ?
Ne leur en déplaise, ce que certains dénoncent comme un « statu quo » auquel une réforme devrait tordre le cou, ce sont, pour les travailleurs les acquis durement arrachés par la lutte de classe : le régime général, les régimes spéciaux et particuliers, le Code des pensions civiles et militaires, la durée de cotisation, l’âge légal de départ en retraite, et le niveau des pensions. Des acquis dont rien ne justifie qu’un seul soit remis en cause, et qui peuvent et doivent être préservés par l’action des travailleurs et de leurs organisations, unis sur cet axe : ne touchez pas à nos retraites !
C’est tout l’enjeu de la préservation de l’indépendance du mouvement ouvrier, d’où dépend finalement la question de savoir si on accompagne les reculs de la civilisation et de la démocratie, ou si, au contraire, on aide à faire surgir la lutte de classe pour les bloquer.
C’est pour y contribuer que le Parti ouvrier indépendant, sur le terrain qui est le sien, invite à poursuivre le débat engagé dans ses assemblées ouvertes du mois de juillet, et dans le meeting central du 28 septembre à Paris.
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(1) Parmi lesquelles : Jeunes socialistes et Jeunes écologistes (tous deux soutiens directs du gouvernement), Jeunesse communiste, Jeunesse ouvrière chrétienne, Parti de gauche, et aussi CGT et FSU, UNEF, etc.

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