mercredi 3 juillet 2013

Aéroports de Paris en grève les 28 et 29 juin

Aéroports de Paris en grève les 28 et 29 juin


Quatre syndicats ont décidé en intersyndicale de mobiliser contre la politique de cette entreprise dont l’État est actionnaire majoritaire.
«Afin de tenter de mettre un coup de frein à la politique d’austérité de l’entreprise vis-à-vis du personnel», quatre syndicats d’Aéroports de Paris –FO, CGT, UNSA, CGC–, réunis en intersyndicale, ont décidé d’appeler à la grève les 28 et 29 juin. Ils l’ont fait après avoir consulté les salariés dans le cadre des heures d’information, à Orly, Roissy et au siège parisien. Les sujets qui fâchent sont nombreux: politique sociale, salaires, effectifs, réorganisations...

L’INSEE le confirmait le 26 juin, la France est entrée en récession au regard des deux trimestres consécutifs de baisse de son produit intérieur brut, de 0,2% au premier trimestre 2013, comme au dernier trimestre 2012. Or, constate le syndicat FO d’Aéroports de Paris (FO ADP), cette situation se répercute sur le trafic aérien, «en baisse pour le premier trimestre 2013 et les compagnies vont mal, en commençant par le premier client d’ADP: Air France».

Cela n’a pas empêché l’État de céder une partie de sa participation au capital du groupe, soit jusqu’à 10 millions d’actions. Comme il conservera la majorité, point n’est besoin pour l’exécutif de passer par le Parlement. Actuellement, l’État contrôle 54,5% du capital et, de on côté, le Fonds stratégique d’investissement (FSI) est présent avec 5,6% des actions.

Avant Aéroports de Paris, l’État avait déjà réduit sa participation chez Safran, équipementier aéronautique, et EADS, groupe d’aéronautique et de défense, conformément aux annonces faites à la télévision le 5 mai par Jean-Marc Ayrault. Le Premier ministre avait en effet prévenu que le gouvernement allait céder des parts de capital d’un certain nombre d’entreprises publiques et «consacrer ces sommes à l’investissement». Où? Comment? Pour quoi faire? Mystère...

+10% pour les actionnaires 0% pour les salaires

Dans son tract d’appel à la grève, intitulé «Les salariés sont en danger», l’intersyndicale d’ADP tire la sonnette d’alarme et tacle les choix d’Augustin de Romanet, l’actuel P-DG nommé par décret en novembre 2012. «Bercy décide, le P-DG s’empresse d’appliquer», souligne FO qui met les données de la situation du groupe en balance: «Côté pile: 0% d’augmentation des salaires en 2013; côté face: hausse de 10% des dividendes, soit 60% des résultats nets reversés aux actionnaires. Côté pile: suppression de 5% de l’effectif d’ici à 2015; côté face: le nombre des cadres dirigeants progresse de 30%.

Dans ce contexte de régression sociale, l’intersyndicale présente comme un «coup de tonnerre» l’annonce parue dans la presse et confirmée lors d’une convention cadre, le 23 avril dernier, du déménagement du siège social, situé depuis toujours boulevard Raspail, à Paris, à l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle. Parallèlement à cette annonce, le président évoque une réforme structurelle d’envergure de l’organisation de l’entreprise et du groupe. À ADP, les intersyndicales sont rares. Les dernières remontent à 2006, contre l’ouverture du capital, et à 2008, contre la cession d’une activité en escale. À chaque fois, l’heure est grave.







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