mercredi 26 juin 2013

Feuille de route sociale”

“Feuille de route sociale”

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L’EDITO d’INFORMATIONS OUVRIERES
par Daniel Gluckstein,
Secrétaire national du POI.
Au lendemain de la conférence sociale des 20 et 21 juin, le gouvernement a rendu public un document de quarante-quatre pages intitulé « feuille de route sociale ». Présenté comme « le fruit des travaux de la grande conférence », il « formalise des constats et objectifs pour l’essentiel partagés »même si « chacune des organisations participantes conserve ses attentes et priorités ».
Y figure en bonne place « l’inscription dans la Constitution de la place des partenaires sociaux et du dialogue social dans l’élaboration des réformes », en référence au « projet de loi constitutionnel présenté au Conseil des ministres du 13 mars 2013 ». Projet ouvertement corporatiste inscrit dans le cadre de « l’acquis de la construction européenne dans le domaine social ». Car il s’agit bien, précise la feuille de route, de garantir « le bon fonctionnement du marché intérieur et de l’union économique et monétaire » et « les conditions d’une concurrence équitable et régulée au sein de l’Union européenne », tout cela « dans le cadre du comité du dialogue social pour les questions européennes et internationales », permettant, entre autres choses, aux « partenaires sociaux » d’être « davantage associés aux travaux de transposition des directives ».
Le cadre ainsi fixé, la « feuille de route » décline toutes les facettes des contre-réformes à venir, traitant de l’emploi, de la Sécurité sociale, de l’assurance chômage, des services publics, et, bien sûr, de « la réflexion sur une réforme durable permettant de garantir sur le long terme un équilibrage des régimes de retraites ».
Dans quelle mesure ces « constats et objectifs » ont-ils été réellement « partagés » ou non par les représentants des organisations ouvrières, l’avenir nous le dira.
Quatre faits sont d’ores et déjà établis.
Un : mises en œuvre, les dispositions de la « feuille de route » aggraveraient dans tous les domaines la situation de misère et de précarité dans laquelle le gouvernement plonge un nombre grandissant de travailleurs et de jeunes. Au plan politique, il s’agit d’une tentative — sans précédent à cette échelle depuis le référendum de De Gaulle en 1969 — d’instaurer un régime corporatiste foulant aux pieds la démocratie.
Deux : l’acharnement du gouvernement à vouloir encamisoler les organisations ouvrières dans ce régime corporatiste est à la mesure de sa crainte d’un « automne brûlant »(Les Echos) que ses attaques pourraient susciter.
Trois : d’où la recherche du consensus. Le Medef salue positivement la conférence sociale, tout comme le Parti socialiste se réjouit de ce « dialogue retrouvé avec les partenaires sociaux », tandis que L’Humanité ose écrire : « La question s’invite dans le débat public. Elle sera présente dans la conférence sociale qui débute aujourd’hui. Changement de cap ou pas changement de cap ? »
Quatre : il y a urgence à rassembler les forces de la classe ouvrière sur le terrain de l’indépendance de classe pour combattre et bloquer la politique du gouvernement, qu’il s’agisse des retraites — aucune réforme des retraites n’est acceptable, « aucune mesure remettant en cause le régime général, les régimes particuliers, le niveau des pensions, la durée de cotisation, l’âge légal de départ en retraite » (1) — ou des contre-réformes et plans de licenciements. Et, pour cela, mettre à l’ordre du jour la dénonciation des traités — TSCG et autres Maastricht — et la rupture avec l’Union européenne. Comment avancer dans cette voie ? C’est à cette question que va travailler à répondre le bureau national du POI réuni le 29 juin.

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