vendredi 3 mai 2013

Zéro voix contre l’autorisation de prolonger l’intervention des forces armées au Mali !

 Zéro voix contre l’autorisation de prolonger 

l’intervention des forces armées au Mali !



L’EDITO d’INFORMATIONS OUVRIERES 

par Daniel Gluckstein,
Secrétaire national du POI.

Zéro contre !

Dans le prolongement des événements italiens, certains plaident en faveur d’un gouvernement d’union nationale en France. En vérité, la situation de crise ne semble guère s’y prêter, et les institutions de la Ve République non plus.
Un vote intervenu ce 22 avril, au Sénat et à l’Assemblée nationale, mérite toutefois la plus grande attention. Dans les deux cas, il y eut zéro voix contre l’autorisation de prolonger l’intervention des forces armées au Mali… Zéro voix !
Atmosphère d’union nationale… Il est possible de « dépasser les clivages partisans autour des sujets qui touchent à l’intérêt national », proclame le président PS de la Commission des affaires étrangères au Sénat, saluant les conclusions du groupe de travail coprésidé par Chevènement et Larcher (UMP). A sa suite, tous les groupes rendent hommage à ce groupe de travail. Tous aussi saluent l’intervention militaire au Mali, y compris la sénatrice PCF Michelle Demessine, qui, annonçant l’abstention de son groupe, se félicite que « les objectifs assignés à cette intervention » aient été « pour l’essentiel atteints grâce au comportement exceptionnel de nos soldats ». Tous, droite, PS, Front de gauche, débattent de la manière d’organiser depuis Paris l’avenir du Mali.
Même climat à l’Assemblée nationale où le député François Asensi « positive » en ces termes l’abstention de son groupe Front de gauche : « Incontestablement, nos troupes ont enregistré des succès importants sur le terrain (…). Le maintien d’une présence militaire internationale au Mali est, à nos yeux, indispensable (…). Nous y sommes favorables (…). Bien évidemment, nous ne voterons pas contre la poursuite de la présence des forces françaises au Mali. »
On connaît la phrase de Clausewitz : « La guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens. » L’intervention française au Mali s’inscrit dans la politique de « maintien de l’ordre » dictée par le gouvernement des Etats-Unis, qui tend à déstabiliser et disloquer toutes les nations et à s’ingérer dans leurs affaires en piétinant toute souveraineté. Elle sert les intérêts des multinationales qui convoitent les ressources naturelles fabuleuses de cette région. Elle est cohérente avec la politique d’ensemble du gouvernement Hollande-Ayrault qui, au plan intérieur, mène une guerre sociale contre les travailleurs, leurs droits, conquêtes et garanties. La guerre au Mali est bien la « continuation par d’autres moyens » de la politique anti-ouvrière et antipopulaire dictée par la troïka FMI-Commission européenne-BCE au service du capital financier.
Ces événements doivent particulièrement inquiéter les travailleurs et les militants à l’heure où l’Algérie est à son tour menacée.
Le POI a condamné l’intervention militaire au Mali dès son engagement, rejetant les prétendus motifs invoqués — la lutte pour la démocratie et contre le terrorisme — comme autant de prétextes pour en camoufler les véritables raisons.
Dans le cadre de l’Entente internationale des travailleurs et des peuples, le POI répondra à tout appel à la mobilisation internationale contre les tentatives d’ingérence ou d’intervention dans les affaires algériennes. Il le fera avec d’autant plus de détermination qu’un lien particulier unit la classe ouvrière française à la classe ouvrière et à la nation algériennes, un lien forgé notamment dans la lutte de libération nationale par laquelle le peuple algérien s’est libéré de la domination coloniale. Non à la guerre au Mali ! Non à l’intervention militaire ! Ne touchez pas à l’Algérie !












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