dimanche 12 février 2012

L’EDITO d’INFORMATIONS OUVRIERES n°186

Pour les uns, la démocratie serait en danger si Marine Le Pen n’obtenait pas 500 parrainages. Pour d’autres, le danger serait que les obtenant, elle puisse se présenter. Qu’en est-il ? L’Humanité (6 février) consacre deux pages et demie au Front national. Deux éminents spécialistes y montrent que les positions de ce parti coïncident avec les intérêts des patrons. Fort juste : le Front national est un courant politique anti-ouvrier et ultra-réactionnaire, ce fait est établi de longue date. Mais, curieusement, en deux pages et demie, l’Union européenne n’est jamais citée.
Or nombre de ceux qui envisagent de voter Le Pen le font pour exprimer leur colère contre les politiques de destruction dictées par l’Union européenne.Sur le fond, la candidate du Front national n’a pas la moindre intention de rompre avec celle-ci. Ses proches amis politiques, arrivés au gouvernement ces dernières années en Autriche, en Italie et en Grèce, se sont vite coulés dans le moule des institutions de Bruxelles. Elle-même ne revendique rien d’autre que « la renégociation des traités dans le cadre de l’article 50 du traité de l’Union européenne ».Mais cela ne l’empêche pas, pour les besoins d’une campagne électorale,d’agiter le drapeau de la remise en cause de l’Union européenne. Dans quel contexte ? En 2005, l’immense majorité des ouvriers et des employés a voté non à la Constitution européenne.Malgré cela, il s’est trouvé à l’Assemblée nationale une majorité UMP-PS pour ratifier le texte rejeté par le peuple.Comment qualifier ce viol de la volonté populaire, sinon d’attentat contre la démocratie ?
Depuis cette date,et chaque jour davantage, la troïka Union européenne-Fonds monétaire international-Banque centrale européenne se dresse comme une dictature imposant ses plans meurtriers.
Que font les grands partis de « gauche » ?Hollande ne manque aucune occasion de prêter allégeance à l’Union européenne.Les dirigeants du Parti communiste français se prononcent pour la « victoire de la gauche »(et donc de Hollande) à l’élection présidentielle, tandis que Mélenchon (partisan de la« renégociation des traités ») déclare, ce 5 février, qu’il faut défendre l’euro « point d’appui pour résister au poids du dollar ».
Faut-il chercher ailleurs que dans ce consensus autour de l’Union européenne, ses institutions et sa BCE les causes de ce qui menace la démocratie (et nourrit les sondages favorables à une Le Pen, profitant démagogiquement de l’espace laissé vacant) ?
Ce 6 février, Merkel et Sarkozy accentuent la pression sur le peuple grec (lire page 10). Leur plan exige notamment une baisse brutale des salaires et des retraites.Un plan officiellement présenté ainsi : « Les revenus de l’Etat doivent être utilisés d’abord et essentiellement pour le service de la dette, seul le reste pourrait être utilisé pour financer ses dépenses primaires. »
Le sort de la Grèce préfigure celui de notre pays et de tous les pays d’Europe si n’est pas abattue la dictature de la dette et de la troïka, c’est-à-dire du capital financier. En France comme en Grèce, le pire danger pour la démocratie vient de cette dictature et de la soumission à ses plans des dirigeants des organisations issues historiquement du mouvement ouvrier.La défense et la reconquête de la démocratie passe par la lutte résolue pour chasser la troïka et ses plans, et, au-delà, pour chasser les institutions de l’Union européenne et de la Ve République. Comment avancer dans cette voie ?Pour en discuter, le POI vous invite à participer aux assemblées-débats qu’il organise dans tout le pays.

Daniel Gluckstein
Secrétaire national du POI

Cet article a été publié le 8 février 2012

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