vendredi 20 janvier 2012

Plus de cinquante habitants réunis à l’initiative du comité logement de Boissy-Saint-Léger

« Nous sommes l’urgence ! »

Plus de cinquante habitants réunis à l’initiative du comité logement de Boissy-Saint-Léger samedi 14 janvier

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Insupportable d’entendre que la dette publique interdit de satisfaire les besoins sociaux comme le logement, quand on est, comme cette mère de famille à constater : «Nous sommes hébergés tantôt à l’hôtel, tantôt chez des relations. Mes enfants n’ont encore, de toute leur vie, jamais pu avoir une chambre à eux » !

S’il est un domaine où le gouvernement a puisé sans vergogne dans les fonds publics pour alimenter banquiers et spéculateurs au nom de la dette, c’est bien celui du logement. Les initiateurs, parmi lesquels André Yon, adjoint au maire, élu POI, ont montré comment les crédits réservés à l’ « aide à la pierre », c’est-à-dire à la construction de logement de type HLM, étaient passés de 800 millions à 230  ces trois dernières années !

Ils ont expliqué, faits à l’appui, à quel point la loi DALO est une « arnaque ». Que signifie de proclamer le droit au logement sans engager les constructions indispensables ? Une famille, reconnue « prioritaire » depuis 7 mois, a ainsi expliqué que l’administration était condamnée à payer 90 euros par jour de retard à lui attribuer un logement: 18 900 euros à ce jour ! Près de 3000 euros par mois ! Et pour ne pas être logé ! Sur un an, c’est presque le coût moyen de construction d’un logement HLM dans un immeuble collectif. D’autres intervenants ont alors indiqué qu’ils étaient dans le même cas.

Vivre à 10 ou 12 dans un F3, ou à 5 dans un studio, comme le témoignage en a été apporté, n’est pas supportable. Pas davantage que de rester bloqué des semaines entières parce qu’on est âgé ou invalide et que les ascenseurs ne sont pas correctement entretenus. Pas plus que de devoir survivre dans une pièce de 6 m2, si étouffante que quelqu’un l’a comparée à un cercueil !

Les conséquences du refus d’attribuer les logements adaptés au cas par cas et de construire les logements nécessaires, ont été recensées :

  • une infirmière a expliqué que les accidents domestiques étaient d’autant plus fréquents que les appartements étaient surpeuplés, en particulier pour les brûlures graves

  • les retards et difficultés scolaires du fait de l’impossibilité de trouver le calme

  • l’hygiène qui laisse à désirer, l’humidité qui s’insinue partout, les installations qui se délabrent, …

  • Les tensions, les conflits

  • La dignité, le droit à l’intimité bafoués

Il a été décidé d’organiser une délégation large à la préfecture pour la satisfaction de tous les dossiers, pour la construction massive de logements HLM.

La tribune a invité tous les partis à soutenir cette initiative : « Ce comité a été lancé par les militants du POI mais, aujourd’hui, tous ceux qui entendent marcher pour la satisfaction de nos deux grandes revendications y ont leur place ».

La section du PCF a avancé que le programme de Mélenchon permettrait de régler la crise du logement et, en même temps, s’est engagé à soutenir la délégation. Le POI a invité tous et toutes à réfléchir au fait qu’aucun président, aussi déterminé soit-il, serait en mesure de lancer les constructions de HLM nécessaires s’il ne commençait pas par dénoncer la dette, et a demandé qu’on propose à tous de faire bloc pour que la délégation soit reçue.

Le maire s’est engagé, recevant des représentants du comité, s’est engagé à intervenir auprès du préfet et à faire son possible pour accompagner la délégation dès que la date en sera connue.

A ce jour, la demande d’audience est soutenue par le maire, le PS, le PCF, le POI et l’Amicale des locataires.

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Comité de Boissy pour le droit au logement pour tous, pour la construction de logements HLM

Avec le soutien de

  • Régis CHARBONNIER, maire de Boissy-Saint-Léger

  • La section du PCF

  • La section du PS

  • L’Amicale des locataires

  • Le comité du POI

Le 14 janvier 2012

PREPARATION D’UNE DELEGATION A LA PREFECTURE

Monsieur le Préfet,

Une réunion a rassemblé à Boissy-Saint-Léger 51 personnes pour faire le point sur la situation des familles en attente d’un logement adapté. Elle a conclu en décidant de vous demander audience.

La souffrance est telle que nous ne pouvons comprendre que les pouvoirs publics d’un pays civilisé ne se donnent pas les moyens de sortir de cette crise du logement.

Vivre à 10 ou 12 dans un F3, ou à 5 dans un studio, comme le témoignage en a été apporté cet après-midi, n’est pas supportable. Pas davantage que de rester bloqué des semaines entières parce qu’on est âgé ou invalide et que les ascenseurs ne sont pas correctement entretenus. Pas plus que de devoir survivre dans une pièce de 6 m2, si étouffante que quelqu’un l’a comparée à un cercueil ! Nous ne pouvons admettre qu’on prolonge des années des délais d’attente parce qu’il serait « impossible » d’échanger un logement qui relève du contingent de la préfecture ou bien que rien d’efficace ne soit entrepris qui permette d’assurer la sécurité dans les parties communes et les alentours de nos immeubles. Nous refusons que dure une situation où une maman a pu s’écrier : «Nous sommes hébergés tantôt à l’hôtel, tantôt chez des relations. Mes enfants n’ont encore jamais pu avoir une chambre à eux » !

Nous vous avons déjà adressé plusieurs courriers vous citant de nombreux exemples précis. Vous les connaissez.

A sa 4ème année d’application, la loi DALO nous apparaît comme une impasse, pour ne pas dire plus. A notre connaissance, sur les 60 Boisséens qui ont été déclarés « prioritaires à loger d’urgence » depuis 4 ans, moins de la moitié ont eu droit à être effectivement logés. Le tribunal prononce des condamnations, c’est bien normal mais qu’est-ce que cela change ?

Une famille a ainsi expliqué que l’administration était condamnée à payer 90 euros par jour de retard à lui attribuer un logement depuis plus de 7 mois : 18 900 euros à ce jour ! Près de 3000 euros par mois ! Et pour ne pas être logé ! Sur un an, c’est presque le coût moyen de construction d’un logement HLM dans un immeuble collectif. D’autres intervenants ont alors indiqué qu’ils étaient dans le même cas.

Les conséquences du refus d’attribuer les logements adaptés au cas par cas et de construire les logements nécessaires, ont été recensées :

  • une infirmière a expliqué que les accidents domestiques étaient d’autant plus fréquents que les appartements étaient surpeuplés, en particulier pour les brûlures graves

  • les retards et difficultés scolaires du fait de l’impossibilité de trouver le calme

  • l’hygiène qui laisse à désirer, l’humidité qui s’insinue partout, les installations qui se délabrent, …

  • Les tensions, les conflits

  • La dignité, le droit à l’intimité bafoués

C’est là une réalité indéniable, incontournable et, répétons le, indigne d’une société civilisée. Pour nous, aucun discours sur la crise financière ou sur la « nécessité » de faire des économies ne sauraient nous convaincre. Nous sommes l’urgence ! Nous ne devons rien à personne, nous ne réclamons que notre dû.

Nous avons pris note qu’un certain nombre de logements sociaux étaient en construction sur la ville mais le problème est trop lourd pour que ce ne soit pas l’Etat qui le prenne en mains. 750 dossiers se sont accumulés dans notre ville, c’est-à-dire que la situation continue de s’aggraver. Il faut que l’Etat rétablisse l’ « aide à la pierre » et débloque les moyens de construire massivement des logements HLM.

Nous vous prions donc de recevoir une délégation de notre comité pour examiner avec vous les solutions à apporter à chacun des dossiers. Dans l’attente de votre réponse, nous vous adressons nos salutations les plus respectueuses et vous demandons de bien vouloir croire à toute notre détermination.

Pour le comité,

Sylvie Touchard, Karine Hamani, Mohamed Lataoui,André Yon, adjoint au maire chargé du logement

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